Mad Dog

Titre Original : AWOL-72

De : Christian Sesma

Avec Luke Goss, RZA, Bokeem Woodbine, Heather Roop

Année: 2015

Pays: Etats-Unis

Genre: Action

Résumé:

Conrad Miller, ex-officier marine, a déserté l’armée après qu’il eut été accusé d’avoir vendu des secrets au KGB pendant la Guerre Froide. Il vit depuis sous une fausse identité et mène une toute autre vie. Lorsqu’il découvre qu’il est poursuivi par un tueur à gages, Miller sait que sa couverture est compromise, mettant en danger sa vie et celle de Laura, sa petite amie. Une seule solution : la fuite.
De leur côté, pour retrouver Miller, les services secrets russes s’adjoignent les services d’Adams, un détective de la police de Los Angeles. Il reste à Miller 72 heures pour organiser sa fuite et quitter le pays avec ses secrets qui lui permettront de rester en vie.

Avis :

Aux Etats-Unis, le marché parallèle du cinéma, destiné à la télévision ou aux bacs à DVD, est un monde complètement à part qui accueille à bras ouverts les stars déchues comme les réalisateurs ratés. En ce sens, que ce soit dans l’horreur ou dans l’action, on se retrouve souvent avec des films de seconde zone foireux qui essayent de se vendre grâce au nom d’une star passée ou alors à l’aide d’une pochette mensongère. Des explosions de partout, de belles nanas en petite tenue, des typographies références à de grands réalisateurs, tout est bon pour vendre de la daube. Et Christian Sesma a l’air de se complaire dans cette fange dans laquelle il roule depuis quelques années. Si ce nom ne dit rien à la plupart des cinéphiles, c’est tout simplement parce que le type reste dans un cinéma putassier au possible qui va directement dans les bacs à un euro, dans l’espoir d’attirer le chaland avec du Steven Seagal mangeant une carotte ou encore un Luke Goss en recherche de bons contrats. Aujourd’hui, on va donc revenir sur Mad Dog, un actionner qui se veut roublard et badass mais qui est surtout fondamentalement raté et à côté de ses pompes.

Déjà, d’un point de vue du scénario. On sait qu’il ne faut rien attendre de ce genre de film, surtout sur l’écriture de l’histoire ou des personnages. Des mercenaires, un contrat à remplir, un objet dangereux à récupérer quelque part, toutes ces histoires sont interchangeables et semblent écrites sur des bouts de serviettes dans un McDo délabré. Le problème avec ce film, c’est que l’on ne va rien comprendre. Tout simplement parce qu’on nous plonge au milieu de divers personnages sans aucune présentation, (donc on ne sait pas à qui on s’adresse) et au sein d’une histoire qui ne démarre pas, trouve quelques résolutions à cinq minutes de la fin et nous fait passer des vessies pour des lanternes. De ce que l’on peut rapidement comprendre, on va voir un ancien militaire se barrer de chez sa nana enceinte pour faire on ne sait quoi. Il va être poursuivi par deux flics, un américain et un russe. Il va tomber sur un réseau de trafic de prostituées asiatiques par hasard. Il va buter tout le monde. Il se retrouve sur une plage avec sa nana pour faire un échange avec un homme d’affaires russe. Et… c’est tout. C’est-à-dire que le scénario est tellement vide que sur tout le temps du film, la résolution dure cinq minutes et n’a aucun rapport avec tout ce qui est raconté. Un exploit !

Bien évidemment, tout cela est servi par des personnages inconsistants et sans aucun intérêt. Prenons le héros, cet ancien militaire un peu mercenaire joué par Luke Goss. Première scène, il baise. Deuxième scène, il se barre. Troisième scène il frite un type dans une station-service et lui pique sa voiture. Quatrième scène, il veut dormir dans un motel, trouve un trafic de filles, se fait assommer. Cinquième scène, il se délivre, bute une paire de gars, délivre les filles et piège des flics. Sixième scène, il se frite dans un restaurant face à deux tueurs à gages sortis d’un chapeau de magicien et s’enfuit. Dernière scène, il fait un échange et boit du champagne avec sa femme qui est enceinte et on sait que c’est pas bien de boire de l’alcool quand tu attends un bébé. Malgré le charisme de Luke Goss, il ne donne pas vie à un personnage sans épaisseur et sans intérêt. Sa femme, jouée par la superbe Heather Roop ne sert à rien. Et que dire de l’antagoniste principal joué par Bokeem Woodbine, producteur du bousin et qui déambule en survêtement Adidas durant tout le métrage. Et RZA de végéter tranquillou dans sa bagnole en faisant la gueule et en roulant une pelle à son associée, une bombe anatomique (et du coup, on comprend pourquoi il a accepté le rôle). Bref, tout ça pour dire que les personnages sont inconsistants, voire inexistants.

Et que dire de la mise en scène… On le sait, Christian Sesma est un gros tâcheron et ne sait pas filmer une scène d’action sans faire des coupures dans tous les sens et bouger la caméra de façon frénétique. Sauf qu’ici, il a dû prendre des relaxants car c’est mou. Les combats à mains nues durent très peu de temps, sauf le final, mais il est esquiché dans une minuscule cuisine, et les fusillades sont d’un ennui mortel. Il faut dire qu’il y en a qu’une seule, dans un drive-in, et le type s’amuse à filmer le héros par terre, en train de tirer de chaque côté du comptoir avant de se planquer pour ne pas se prendre une balle. On frôle souvent le ridicule quand on ne l’atteint pas, notamment dans cette chasse dans une casse, où le méchant marche à côté du héros planqué sous une voiture, donnant lui à un plan cocasse et débile. Un plan qui montre bien les idées limitées du metteur en scène et l’incohérence crasse du scénario combiné à une réalisation médiocre et des blagues indignes d’un enfant de huit ans. Et quand le film tente de se faire plus sulfureux, avec le trafic humain, la violence faite aux femmes, il stagne dans un mauvais goût exemplaire, tuant tout le monde, comme si on ne pouvait échapper à une vie de merde, tout simplement parce qu’on est con.

Au final, Mad Dog est une purge, comme sait si bien les faire Christian Sesma. Il s’agit d’un film d’action sans action, sans scénario, sans mise en scène et sans personnages intéressants. Pour faire simple, il s’agit d’un film vide, qui surfe sur plusieurs noms connus à l’intérieur pour tenter de se vendre, mais c’est peine perdue, tant on connait désormais les ficelles de ce marché douteux et cynique qui n’apporte rien à personne, si ce n’est un plaisir coupable de se moquer de ces productions bas de gamme et de ces acteurs qui essayent de s’en sortir malgré tout…

Note : 02/20

Par AqME

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