Protest the Hero – Palimpsest

Avis :

La scène Métal Prog est assez difficile d’accès pour les néophytes et ceux qui veulent écouter de la musique pour se détendre. Enclencher des morceaux qui dépassent souvent les dix minutes, avec des guitaristes complètement tarés et des structures complexes n’est pas à la portée de toutes les oreilles et c’est un peu pour cela que les groupes qui officient là-dedans restent assez discrets pour ceux qui n’aiment pas fourrer leur nez dans tout ce qui compose la sphère métal. Ainsi donc, si certains groupes ressortent du lot grâce à des compositions parfois plus simples et une renommée mondiale, d’autres galèrent un peu plus, à l’image des canadiens de Protest the Hero qui, en un peu plus de quinze, suit une ascension constante mais plutôt discrète. Palimpsest est leur cinquième album studio et intervient près de sept ans après le précédent opus, produit grâce au fruit d’un crowdfunding. Suite à des problèmes vocaux et une vie familiale bien remplie, on aurait pu croire que Rody Walker, le frontman du groupe, aller lâcher l’entreprise, et en ce sens, cet album est un peu une surprise. Une bonne surprise qui va prouver deux choses : que le métal prog, c’est accessible et que le groupe a encore des choses à dire.

Le skeud débute avec The Migrant Mother et le moins que l’on puisse dire, c’est que Protest the Hero semble revenir en très grande forme. Débutant de façon grandiloquente avec ce qu’il faut d’instruments symphoniques, pour ensuite débouler dans un Métal Prog pur jus, rapide, maîtrisé et qui laisse pantois devant tant de maîtrise technique. Mais outre les guitares qui s’en donnent à cœur joie au point d’en avoir les phalanges qui grattent, c’est surtout la voix du chanteur qui va marquer, variant les effets, pouvant aussi bien pousser dans les aigus que d’aller dans les graves. Une performance notable et qui va perdurer durant tout l’album. The Canary va poursuivre cette aventure dantesque en continuant avec du riffing qui tapote bien et qui va, en plus de ça, suivre le chant afin de poser une mélodie plus percutante. Mais le plus intéressant ici, c’est que malgré la structure complexe du titre, on se retrouve avec un refrain bien catchy comme il faut et qui reste en tête un petit moment. Chose que l’on retrouvera avec From the Sky et ses riffs bien plus puissants, plus lourds et lorgnant plus vers un métal classique/Djent qui tabasse comme il faut. Les variations de rythme sont nombreuses sur ce titre et c’est d’ailleurs ce qui fait sa force, épuisant peut-être celui qui écoute, mais le laissant dans un état proche de l’extase tant tout s’imbrique parfaitement dans ce titre. Harborside va alors être le premier interlude, tout au piano et va nous permettre de souffler un peu avant de lancer All Hands et sa rythmique endiablée, pleine d’enthousiasme et d’une orchestration grandiloquente. Puissant mais aussi touchant et sachant pertinemment retomber sur ses pieds, le titre est une énorme réussite qui démontre bien toute la qualité du groupe. Quant à The Fireside, c’est un défouloir qui laisse K.O. avec un chant proche du rap avec une teinte punk hardcore qui donne une furieuse envie de sauter dans tous les sens.

Quant à Soliloquy, on se retrouve face à un titre qui fait la part belle à des riffs surpuissants et ultra-rapides, tout en laissant la place au chant lors des couplets. A la fois punchy et parfois un peu lourdingue, le titre ne laisse pas indifférent et arrive toujours à accrocher son auditoire grâce à un refrain parfaitement maîtrisé et surtout une volonté de garder une structure assez claire. Ce qui sera aussi le cas avec Reverie, mais qui va encore s’appuyer sur une orchestration plus magistrale, plus épique, pour fournir un titre assez aérien, furieux, mais qui fait penser à un voyage spatial un peu turbulent. Little Snakes débute de façon plus accessible que tout le reste malgré le riffing incessant des grattes et c’est étrangement le morceau qui sera peut-être le plus touchant de l’album, notamment grâce aux variations vocales du chanteur, mais aussi avec des breaks plutôt bien vus. Le groupe n’hésite pas, là aussi, à sortir les violons pour donner plus de poids à sa mélodie et c’est une véritable réussite. Mountainside sera une pause au piano nécessaire avant d’approcher de Gardenias. Il faut dire que le titre se veut percutant et très vif, laissant sur le carreau par tant de riffs alléchants et surtout d’une montée en puissance de la part du chanteur. Encore une fois, le groupe se permet beaucoup de choses, que ce soit dans la structure, le chant (partant parfois dans le growl) ou encore la rythmique et tout cela s’avère payant, en  plus d’être massif dans la sonorité. Hillside offre un dernier interlude avant Rivet, où le groupe se détend quelque peu et propose un morceau plus léger, plus doux dans son approche.

Au final, Palimpsest, le dernier album de Protest the Hero est une vraie réussite. Si on pourrait croire de prime abord que l’album reste difficile d’accès, il n’en est rien et l’ensemble résonne comme une parfaite porte d’entrée dans le domaine du Métal Prog. Si l’effort n’est pas dénué de défauts, comme de petits passages à vide dans les titres ou encore une durée globale un peu trop courte, le groupe canadien revient en force et démontre une nouvelle fois qu’il est un pilier d’un genre encore trop réservé à une pseudo élite.

  • The Migrant Mother
  • The Canary
  • From the Sky
  • Harborside
  • All Hands
  • The Fireside
  • Soliloquy
  • Reverie
  • Little Snakes
  • Mountainside
  • Gardenias
  • Hillside
  • Rivet

Note : 17/20

Par AqME

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