In Vain – Currents

Avis :

La scène métal scandinave est une scène riche où l’on trouve de tout et pas seulement du Black qui tache avec des voix éraillées. In Vain en est un exemple flagrant, puisque depuis sa création en 2003, le groupe norvégien officie dans un style très difficile, le Death Progressif. Leur premier album, The Latter Rain, sort en 2007 et propulse rapidement le groupe dans les sphères des initiés. Dix morceaux, plus d’une heure d’écoute, on sent venir une vague grandiloquente qui se confirmera avec Mantra trois ans plus tard, puis surtout Aenigma en 2013 qui est considéré à ce jour comme le meilleur album de la bande. Une bande assez stable au niveau du lead, c’est-à-dire chant clair, chant crié et guitare solo et qui revient en 2018 avec un quatrième album, Currents, mais aussi avec une nouveau bassiste et un nouveau batteur. Le groupe était attendu au tournant pour deux raisons majeures. Tout d’abord parce que le groupe sortait d’un gros album qui a fait l’unanimité. Mais aussi parce que cela faisait cinq ans que la formation était absente. Et les déceptions des fans ne tardèrent pas à débouler. L’album en question est plus court que les autres, sept morceaux pour quarante-deux minutes, et surtout, il semble manquer de souffle et d’innovation. Et ce n’est pas ce que nous avons entendu. Clairement.

Le skeud débute avec Seekers of the Truth et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe ne fait pas les choses à moitié. On a la sensation de plonger dans un Thrash Métal bien nerveux où le chanteur aurait bouffé la rage elle-même. Cependant, très rapidement, malgré la violence du chant qui sera uniquement en growl, il se dégage du morceau, notamment dans les refrains, une certaine mélancolie, une certaine douceur presque inattendue. Ainsi donc, In Vain arrive à trouver un juste équilibre entre des moments hargneux et puissants et d’autres passages plus doux dans la mélodie. Mais la grande force du groupe va provenir de sa capacité à alterner des titres virulents avec d’autres plus posés mais ne reniant jamais des origines Death. A titre d’exemple, Soul Adventurer est un modèle du genre. Le chant growl est totalement absent, le groupe se basant uniquement sur un chant clair de toute beauté, parfaitement maîtrisé et démontre que l’on peut faire du Death tout en gardant une certaine mélodie aérienne. Le parfait équilibre se retrouvera dans Blood we Shed qui, rien qu’à son titre, promet de la violence, de la bagarre, du sang. Et c’est ce que l’on va avoir au début du titre, qui ne fait pas dans la dentelle et renvoie un double chant crié/growlé qui tabasse fort. Pour autant, la rupture va être parfaite en milieu de morceau, le groupe partant vers quelque chose de différent de plus calme, mais aussi de très fédérateur, comme une litanie entêtante. Cette rupture est presque symptomatique de la structure même de tous les titres qui vont suivre, essayant de surprendre par des compos inattendues, ici un solo de clavier digne d’un Rock Prog des années 70.

In Vain va marquer un point très important sur le morceau qui se situe en milieu d’album. En Forgangen Tid (Times of Yore Pt. II) est exclusivement chanté en norvégien et surtout il va s’en dégager une aura tout simplement incroyable. Le groupe trouve encore une fois un équilibre sublime entre violence et douceur, entre riff percutant et mélodie mélancolique et aérienne. Il en résulte l’un des meilleurs morceaux de l’album, de ceux qui vous transportent loin, dans des plaines glacées et venteuses et qui permettent presque une sorte d’introspection. En bref, c’est beau et envoûtant et les chants clairs sont un véritable enchantement. Avec Origin, le groupe revient à un style plus classique, offrant un morceau assez classique, qui fait un peu office de titre bouche-trou au sein de l’album. Malgré tout, il reste ultra efficace et rentre parfaitement dans ce que le groupe essaye de proposer, un Death Prog avec une alternance des voix et une structure pas si évidente à percevoir. On sera par contre bien plus chamboulé par As the Black Horde Storms qui n’hésitera pas à lorgner du côté du Black grandiloquent pour nous bousculer et démontrer une faculté technique incroyable, aussi bien de la part des musiciens que de la part des chanteurs qui sont formidables. Enfin, Standing on the Ground of Mammoths va clôturer cet album de la plus belle des manières, avec un final grandiose et surtout, un solo de saxophone inattendu mais qui va donner une autre dimension au titre, percutant, malin et savamment orchestré.

Au final, Currents, le dernier album en date de In Vain, groupe norvégien trop peu connu, est une véritable baffe dans la tronche, surtout pour ceux qui découvrent la formation. Si les fans rongent leur frein, les profanes seront comblés par un album dense, percutant, beau et violent à la fois et qui arrive à trouver un juste équilibre pour élargir son aura et ainsi gagner de nombres fans. Le groupe arrive alors à fournir une galette d’une très grande qualité technique, dont on ne lasse pas vraiment.

  • Seekers of the Truth
  • Soul Adventurer
  • Blood we Shed
  • En Forgangen Tid (Times of Yore Pt. II)
  • Origin
  • As the Black Horde Storms
  • Standing on the Ground of Mammoths

Note: 18/20

Par AqME

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