octobre 30, 2020

Teenage Space Vampires

De : Martin Wood

Avec Robin Dunne, Mac Fyfe, James Kee, Lindy Booth

Année : 1999

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur, Comédie, Science-Fiction

Résumé :

Quand un OVNI atterrit en ville, les habitants de Knollwood commencent à agir bizarrement. Billy Stetson fait alors équipe avec Han, un agent du gouvernement, pour trouver la vérité. Au cours de leurs recherches, ils tombent sur une ancienne mine peuplée de vampires de l’espace voulant supprimer la lumière du soleil pour toujours. C’est à Hank et Billy de sauver Knollwood et le reste du monde.

Avis :

Le nanar, c’est tout un art. Malgré la nullité ambiante d’un scénario aux fraises, il faut aussi savoir faire ce travail avec sérieux, générosité et ne pas se laisser aller au cynisme, chose très redondante aujourd’hui. Car il ne faut pas croire que mater un Sharknado ou un film estampillé The Asylum soit identique à regarder un nanar. Là, ce ne sont que des mauvais films, conscients que ce sont des merdes et qui jouent la carte du nanar pour attirer le chaland alors que rien n’est fait convenablement. Un vrai nanar, c’est un film qui y croit, qui se perd, mais qui a toujours quelque chose à proposer, un fond stupide, une mise en scène cheap ou encore des acteurs qui semblent jouer leur vie. En proposant Teenage Space Vampires, Netflix savait qu’il allait mettre en avant un nanar horrifique à la sauce science-fiction qui a vu le jour en 1999 et qui bénéficie pour la première fois d’une visibilité plus grande. Mais est-ce une mauvaise chose ? Non, car quand on regarde ce film, on se rend compte qu’il y a beaucoup de générosité là-dedans, des acteurs plutôt sympathiques et surtout, une envie de mise en scène flagrante, même si on lorgne plus du côté d’un Chair de Poule que d’un Mario Bava

Il est évident que lorsque l’on se lance dans un tel film, on sait à quoi s’attendre et on ne peut qu’être guère surpris par la faible qualité du métrage. Ici, on va suivre un jeune homme qui va découvrir une soucoupe spatiale dans le quartier voisin et se rendre compte que certains habitants ont désormais un comportement anormal. Avec un membre de la SETI qui étudie les phénomènes extraterrestres, ils vont découvrir qu’un vampire du nom de Vlathos veut éteindre à jamais le soleil et se repaître des terriens en toute tranquillité. Les deux héros vont alors mettre en place un piège pour tuer Vlathos et son armée. Débile ? Oui. Mais difficile de ne pas y voir certaines références à d’autres films qui ont baigné notre imaginaire, passant de Dracula à ces bons vieux petits gris de chez Roswell ou encore à d’autres créatures mythologiques. Malgré l’aspect enfantin d’un tel pitch, on prend un bon plaisir à suivre les aventures de Billy Stetson, notamment parce que les personnages sont sympathiques et que le film ne se prend pas pour ce qu’il n’est pas.

C’est-à-dire que malgré la conscience du réalisateur de faire une comédie horrifique toute pétée à destination des adolescents, il va essayer de faire ça avec sérieux et application. Cela se sent dès le départ avec ce jeune qui distribue des journaux à vélo pour gagner quelque sous, qui est un peu martyrisé à l’école pour quelques bullys et qui a comme meilleur ami un pauvre geek asocial. Il y a une volonté de coller au carcan du teenage movie en faisant correctement son travail. Martin Wood, qui réalisera par la suite de nombreux épisodes de Stargate SG-1, essaye de faire une réalisation propre, avec même quelques idées plutôt bienvenues, comme la découverte de la mine sous une brume épaisse, renvoyant bien évidemment aux films gothiques de la Hammer et à un certain Dracula. Certes, ce n’est pas grand-chose, mais ça suffit à apporter du cachet au film et à l’éloigner volontairement du nanar tout-venant qui prend le spectateur pour un neuneu. Ici, malgré des effets spéciaux cheaps à souhait avec du numérique imbuvable et du latex figé, on va se prendre au jeu parce que l’histoire est bien racontée et surtout, on sent que le réalisateur y a mis du cœur et a essayé de faire les choses correctement, sans prendre le public pour un débile profond.

L’autre intérêt du film réside dans ses personnages. Encore une fois, le cinéaste s’inspire des teenage movies de l’époque et propose un jeune garçon attachant, un peu en dehors des codes, mais qui est bienveillant et qui veut juste croire aux monstres, car ainsi, la vie serait bien plus palpitante. Il est gentil mais il ne se laisse pas faire non plus face aux brutes de son école et essaye, tant bien que mal de défendre son meilleur ami. Il possède aussi une famille unie avec des parents « normaux » et une grande sœur protectrice avec laquelle il s’entend plutôt bien. En bref, c’est un ado lambda dans lequel il sera facile de se projeter et pour lequel on va ressentir une profonde empathie, car il pourrait être nous. A côté de ça, il va être aidé par un chercheur, lui aussi un peu geek, mais qui fait les choses de manière désintéressée. Il est lui aussi attachant car il veut juste sauver ses amis des griffes d’un monstre d’un autre âge. Le duo fonctionne bien malgré quelques manques de justesse dans le jeu. Le défaut le plus notable reste bien évidemment son antagoniste, un monstre de latex tout moche, raide et ridicule ainsi qu’un prof d’histoire qui surjoue à mort. Mais cela participe aussi à la bonhomie de l’ensemble.

Au final, Teenage Space Vampires est bel et bien un gros nanar, un mauvais film qui n’a pas grand-chose pour lui si ce n’est son honnêteté et sa générosité. Bien loin des productions cyniques merdiques que l’on nous sert à tours de bras, le film de Martin Wood essaye des choses, propose une mise en scène et nous sert surtout des personnages attachants, simples et empathiques. Alors oui, le film est perclus de défauts, c’est plutôt moche et l’histoire n’a pas grand intérêt, mais ça reste fait avec un cœur gros comme ça et une certaine nostalgie des années 90…

Note : 10/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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