novembre 30, 2020

La Chasse à l’Homme

De : Edouard Molinaro

Avec Jean-Claude Brialy, Jean-Paul Belmondo, Claude Rich, Françoise Dorléac

Année : 1964

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Julien tente de persuader son ami Antoine de renoncer au mariage. Pour le convaincre, il évoque son propre cas et celui de Fernand, un gangster que la vie maritale a rendu méconnaissable.

Avis :

Pape de la comédie française, Édouard Molinaro est l’un de ces réalisateurs qui a laissé derrière lui l’une des filmographies les plus drôles qu’on puisse trouver dans le paysage du cinéma français. Mais malgré ça, le cinéma d’Edouard Molinaro est bien souvent résumé à « La cage aux folles« , à « L’emmerdeur« , à « Hibernatus« , à « Oscar » ou encore « Mon oncle Benjamin » et c’est dommage, car dans le recoin de sa filmographie, on y trouve beaucoup de pépites qui ne demandent qu’à sortir de l’ombre.

Et parmi les pépites cachées, il faut s’arrêter sur l’année 1964. Après la ravissante surprise que fut « Une ravissante idiote » (film avec Anthony Perkins et Brigitte Bardot qu’on conseille aussi dans les oubliés), Édouard Molinaro était de retour sur les écrans moins de six mois plus tard avec « La chasse à l’homme« , une excellente comédie. Des dialogues écrits par Michel Audiard, une mise en scène dynamique, des moments cocasses, des péripéties et des anecdotes toutes plus rocambolesques les unes que les autres. Puis il y a ce casting impérial, où l’on retrouve la crème de la crème des acteurs français… Bref, oublié, méconnu « La chasse à l’homme » est un plaisir devant lequel on passe un très bon moment.

Antoine va se marier avec Gisèle qu’il aime plus que tout. Le matin de la noce, Julien, son meilleur ami, divorcé et célibataire très convaincu, va tout faire pour lui faire renoncer à ce mariage. Pour Julien, le mariage ou la prison, c’est du pareil au même et il a des anecdotes et son cas personnel pour étayer son propos…

Dans les découvertes un peu par hasard, aujourd’hui, je me suis laissé tenter par un Molinaro confidentiel et l’expérience fut un véritable plaisir de tous les instants. Drôle, brillant, énergique, inventif, « La chasse à l’homme » est un petit bijou de comédie qui fait du bien et surtout devant lequel on se marre bien volontiers, face à des situations, des répliques et des personnages incroyables.

« La chasse à l’homme« , c’est un film à stekches qui est certes décousu parfois, et qui a tendance à partir un peu loin, comme ce voyage de noce solo, mais malgré ces côtés, il demeure un film qui amuse. Un film qui sait nous charmer avec plus d’un atout et surtout un film qu’on ne voit pas passer, tant l’on s’amuse avec tout ce qui peut arriver à ces personnages.

Avec ce film, Édouard Molinaro livre deux films en un. Un premier film qui va être fait à partir d’anecdotes, de conseils en tout genre et d’arguments ô combien merveilleux qui poussent au célibat. Le réalisateur et son dialoguiste, le plus que célèbre Michel Audiard, s’en donnent à cœur. Plus d’une réplique est tordante, c’est souvent à double sens, c’est vachard, c’est cynique ou insouciant, c’est grinçant, bourré d’humour et tout le monde en prend pour son grade. De plus, le scénario nous réserve des mises en images d’anecdotes qui sont à mourir de rire, et là, impossible de ne pas penser au personnage de Julien et son comment il en est arrivé, lui, le célibataire endurci, à se marier. Les quiproquos sont géniaux, la trame est tordante et ce qui est encore plus génial, c’est qu’on voit presque tout arriver et Molinaro réussit à rendre encore plus drôle le tout, quand celui-ci se produit. Puis même s’il est mal imbriqué, une fois le deuxième film arrivé, « La chasse à l’homme » reste tout aussi drôle et arrive à faire que son titre penne tout son sens. Tombant dans une sorte de film d’arnaque amoureux, « La chasse à l’homme » se fait différent, mais tout aussi amusant et passionnant. Édouard Molinaro nous donne envie de savoir jusqu’où il va aller, alors même que là encore, c’est prévisible et c’est là qu’on voit le grand talent du metteur en scène français.

Pour assurer le show, comme je le disais, Édouard Molinaro s’est fait plaisir, nous offrant une mise en scène qui regorge d’idées et de dynamisme. On est pile dans le cinéma populaire des années 60. C’est bien simple, une fois lancé, le film ne s’arrête jamais et nous offre toujours quelque chose d’amusant et d’intéressant à nous mettre sous la dent. Si le film est daté, on notera toutefois qu’il n’a strictement rien perdu de sa fraîcheur et de son cinéma. Esthétiquement, le film est sublime, et l’on aura même droit à plusieurs tableaux magnifiques, notamment dans la partie grecque du film.

Puis enfin, « La chasse à l’homme« , c’est ce casting. Un casting plus que parfait où chacun trouve sa place, où chacun sert l’intrigue, où chacun a son moment, son petit truc en plus. S’il est clair que c’est Jean-Claude Brialy, Claude Rich et Françoise Dorléac qui tiennent le très haut de l’affiche, « La chasse à l’homme« , c’est aussi Catherine Deneuve, Jean-Paul Belmondo, Bernard Blier, Marie Laforêt, Michel Serrault ou encore Micheline Presle. Édouard Molinaro dirige tout le monde avec brio, et c’est un pur plaisir de voir tous ces comédiens et leurs personnages se chercher, se juger, se manipuler, se chasser et s’aimer.

Excellente surprise, moi qui pensais trouver un film bien sympathique, je me retrouve devant un Molinaro tordant. Un Molinaro injustement oublié. Un Molinaro qui m’a fait du bien, qui fut un pur plaisir de cinéma, de découverte et d’humour. Bref, « La chasse à l’homme« , c’est un très gros coup de cœur et un film qui entre directement dans le panthéon de ce que j’ai pu voir du réalisateur.

Note : 15/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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