septembre 24, 2020

Werewolves of the Third Reich

De : Andrew Jones

Avec Annabelle Lanyon, Lee Bane, Gareth Lawrence, Kwame Augustine

Année : 2017

Pays : Angleterre

Genre : Horreur

Résumé :

En Allemagne, au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, un groupe de soldats américains en lambeaux découvre le plan diabolique du Docteur Mengele pour créer une armée irrésistible de loups-garous nazis…

Avis :

Les nazis sont une manne inépuisable d’idées en tout genre à incorporer dans des films d’horreur. Il faut dire que le passif un peu ésotérique d’Hitler et son attirance pour les forces obscures a de quoi alimenter les fantasmes de bien des réalisateurs et on se retrouve avec une flopée de films qui mélange horreur et uchronie pour des résultats allant du pire au très bon. Si on peut citer le premier Hellboy de Guillermo Del Toro, on aura aussi droit à Frankenstein’s Army ou bien à ce Werewolves of the Third Reich, un film anglais de 2017 d’un certain Andrew Jones. Pas du tout connu au bataillon, ce jeune cinéaste essaye de faire une carrière dans le film d’horreur, écrivant et réalisant des métrages assez douteux comme The Exorcism of Anna Ecklund ou encore Cabin 28. Des films qui seront certainement destinés à la VOD si un jour ils se décident à sortir chez nous, ou alors dans les bacs à DVD à un euro. Bref, vous l’aurez compris, Andrew Jones aime le bis, à un tel point qu’il transforme tout ce qu’il touche en Z, mais un Z fainéant, pénible et sans intérêt. En témoigne ce film de loup-garou lénifiant, mou et qui ferait passer un film d’Uwe Boll pour un chef-d’œuvre.

Le film débute dans un vieux bar miteux qui ressemble à un hangar désaffecté où l’équipe du film a pu s’installer sans payer un centime. Dans ce bar, on va voir trois militaires de l’armée américaine faire face à un soldat nazi et après une longue discussion, les trois soldats ricains butent le soldat nazi. Tout, absolument tout, du chapitrage du film à cette longue scène de dialogue, respire l’envie de faire comme Tarantino. Sauf qu’Andrew Jones a autant de talent que Jean-Luc Lahaye aime les vieilles dames. Déjà au niveau de l’écriture, cette introduction laisse à désirer. Le cinéaste présente et met en vedette son meilleur ami, Lee Bane, qui va en faire des caisses pour avoir l’air badass. Ensuite, on va voir un Hitler famélique avec une fausse moustache, qui va taper la discute avec Mengele et son projet de loup-garou. Puis, dans un élan de folie pure, on aura droit à Ilsa qui parle des camps de concentration à cinq pauvres hères qui se demandent ce qu’ils foutent ici. Puis, on va avoir la présentation des quatre soldats qui iront, pour le plaisir, dessouder ce camp et dans lequel ils trouveront deux pauvres loups-garous. Le problème, c’est que non seulement le film est bavard et avare en action, mais surtout, il laisse pantois devant tant de bêtise. C’est bien simple, le scénario n’a ni queue ni tête, on fait des allers-retours entre les méchants nazis qui rongent leur frein dans un bâtiment à l’abandon, et les soldats américains qui se font la belle, mais qui décident, dans un élan de lucidité de faire sauter le camp, parce qu’il n’y a rien de plus cool que de tuer des nazis.

Outre cette écriture mal branlée et son scénario bancal et sans intérêt, les personnages sont tout simplement des abrutis finis. Les quatre soldats américains sont des clichés sur place, avec le principal personnage qui déblatère les exploits des autres et un black, puisqu’il faut bien faire dans la diversité. Impossible donc de ressentir de l’empathie pour cette bande de guignols dont les acteurs sont d’imbuvables tâcherons qui n’ont aucun avenir dans le métier. Et que dire des méchants… L’acteur qui  joue Mengele est risible tellement il joue mal. Dès qu’il ouvre la bouche, il récite son texte comme un élève de CM2 qui aurait mal appris sa poésie. En plus de ça, il ne sert à rien, transformant un seul soldat en loup, et le laissant attaché à sa table d’opération. La romance à deux balles entre un soldat nazi et Ilsa ne sert à rien et tombe comme un cheveu sur la soupe. Mais le pire dans tout ça, c’est la présence d’un commandant nazi qui ressemble à s’y méprendre à un acteur de Groland. Les gros yeux, l’excès de zèle, le physique disgracieux, l’intonation, tout respire un faux reportage que l’on pourrait voir dans une parodie. Difficile dès lors de croire en ces personnages, même s’ils commettent quelques atrocités, comme buter toute une famille sans raison. Alors oui, on navigue dans du Z pur jus, il ne fallait pas s’attendre à un film bien écrit, mais aucun des personnages n’est intéressant ou ne transmet un quelconque message. Le film est tout simplement vide. Vide de substance, vide de fond, vide d’une envie de faire un divertissement.

Car en dehors de l’écriture ou des personnages (et acteurs) absolument mauvais, le film n’est même pas divertissant. Que tu n’aies pas de fond, soit, mais essaye d’avoir un semblant d’énergie, de volonté de divertir. Là, on n’a rien de tout ça. Le film ayant un budget famélique, Andrew Jones fait le choix d’habiller son film de dialogues interminables et pas vraiment passionnants. C’est long, c’est paresseux et c’est horriblement mis en scène. Alors on va mettre de côté les moments cheaps comme les éclats de sang numériques ou les quelques morts par balle qui sont atroces, visuellement parlant. Mais les séquences où ça se bagarre, c’est aussi rythmé qu’une course d’escargots, ça n’a pas de sens dans la mise en scène, et ça n’a pas de sens dans la narration de la baston. Mais le pire dans tout ça, c’est que le film nous promet des loups-garous qui n’arriveront qu’au bout de 1h05 de film… pour les utiliser cinq minutes plus tard et les faire mourir… cinq minutes plus tard. Les monstres promis ne sont donc pas utilisés, ils ne servent à rien et n’ont pas vraiment de caractéristiques propres hormis un faciès en latex. C’est-à-dire qu’en plus d’avoir un très mauvais film, on a aussi un film mensonger sur son contenu, qui fait valoir des monstres qui n’arriveront jamais. Et l’horreur dans tout ça ? On la cherche encore, car le film ne fait pas peur, ne possède aucune ambiance et n’a surtout aucune ambition visuelle pour percuter le spectateur. En bref, c’est de la merde.

Au final, Werewolves of the Third Reich est l’un des films les plus mauvais que j’ai pu voir. C’est bien simple, le film n’a aucun atout pour lui et son réalisateur ne cherche aucunement à faire peur ou divertir. On se retrouve face à un film amateur mal fichu, laid, joué par des types qui n’en ont rien à foutre, et dont le jeune cinéaste ne maîtrise absolument pas les codes de la mise en scène. Si on n’attendait pas grand-chose de ce film, force est de constater qu’il bat tous les records de la nullité, plongeant le spectateur dans un état cathartique proche de la mort cérébrale…

Note : 01/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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