Druids of the Gué Charette – Talking to the Moon

Avis :

Si on pose la question à tous les artistes s’ils préfèrent la scène ou le studio, les trois quarts vous répondront que la scène est un endroit de communion avec le public, un lieu privilégié où toutes vos envies prennent vie. Ainsi donc, de nombreux groupes peaufinent leur image afin de rendre des prestations scéniques mémorables. Maquillage, déguisement, attitude provocante, tout est bon à prendre pour marquer l’imagerie du rock et du métal et ainsi avoir un point d’ancrage avec le public et les fans. On peut évoquer les monstres de Lordi ou de Gwar, on peut parler de Papa Emeritus et de ses goules dans Ghost ou encore des différents déguisements loufoques de Wes Borland, le guitariste de Limp Bizkit. Quel que soit le genre, l’image est très importante et marque. Et ça, Druids of the Gué Charrette l’a très bien compris. Paré de robes de bure, officiant dans un Occult Rock qui laisse des traces et contient une ambiance un peu malsaine, les bretons livrent une musique qui ne se livre pas facilement et qui va nécessiter plusieurs écoutes pour en saisir toutes les subtilités. Avec Talking to the Moon, second opus de la formation, on navigue en eaux troubles, ne trouvant finalement pas de termes précis pour définir cette musique, envoûtante, surprenante, mais qui peut aussi laisser sur le carreau.

Le skeud débute avec I’m Not a Bad Boy et on fait face à un titre étrange, qui oscille constamment entre Stoner et Rock à l’ancienne. Porté par une voix rocailleuse à souhait et accompagné par des riffs à la fois lourds et discordants, le groupe ouvre le bal avec un titre pas si évident que ça à appréhender et donne le ton. Talking to the Moon va aller plus loin dans le délire rock, faisant référence bien souvent à Iggy Pop et The Stooges et offrant un titre court, plus percutant, plus bruyant, mais aussi plus réussi que le morceau précédent. Enfin… ce n’est pas vraiment le terme qu’il faudrait employer car les deux morceaux sont très éloignés l’un de l’autre. On voit que le groupe a plus d’une corde à son arc et on ne sait jamais à quoi s’attendre en retour. Parasites démarre avec une grosse ligne de basse, le chanteur démarre alors un chant scandé étrange, comme une liturgie démoniaque, avant de lâcher un refrain beuglard et virulent. Encore une fois, on ne sait pas trop où l’on met les oreilles, et pourtant, ça fonctionne. Puis avec Bury Your Dead, on revient à un Rock plus classique, mais qui baigne dans une ambiance gothique en diable avec un clavier qui laisse planer une atmosphère occulte des plus étranges et des plus agréables finalement. Si le morceau reste étrange, avec une structure oscillante, comme pour le reste, on a l’impression de se perdre dans un environnement dangereux, mais attractif. Et que dire de It’s Alright to Fail Sometimes, complètement fou dans sa construction, répétitif et pourtant envoûtant.

Pour attaquer la seconde partie de l’album, le groupe propose alors Gods & Dolls et cette fois-ci, on est dans un titre un peu plus classique, qui débute un peu comme un titre de métal avec une ambiance pesante, urgente, et tout doucement, le titre se révèle, s’ouvre et devient un très bon moment. On retrouve tous les éléments du groupe, avec cette voix particulière, presque punk, et sa rythmique lancinante. The Curse est un morceau très court, qui ne marquera pas forcément l’auditeur, et on pourrait presque croire que le titre est un peu un bouche-trou. Néanmoins, sa mélodie est plutôt accrocheuse et il y a toujours cette atmosphère lugubre qui s’en dégage, propre au groupe. Fading Away va s’amuser avec la mélodie de départ, très arabisante, avant d’aller vers un rock plus rapide, tout en gardant cette marque de fabrique. Malheureusement, si c’est encore bien fichu, on reste dans l’attente que ça décolle vraiment et finalement, le morceau va manquer de pêche, de ressort et on va un peu s’ennuyer sur la fin, malgré les claps de mains, plutôt fédérateurs. Heartbeat va partir dans un Doom un peu punk sur les bords, surprenant tout le monde, mais restant finalement dans l’identité de la formation. Toujours aussi délétère, toujours aussi étrange, on aurait pu s’attendre à une influence à la Black Sabbath, mais le groupe s’abroge vite du genre pour trouver sa propre voie. Every Color but the Black sera un titre tout calme, qui pourrait presque se voir comme une ballade au départ, mais le côté lugubre prend vite le dessus pour parler d’une romance un peu glauque. Enfin, Faking Emotions is Easy est un titre tout doux jusqu’à son milieu, où le groupe prend une autre tournure et part dans un Hard Rock teinté de fulgurances un métal pour un résultat à l’image du groupe, bizarre.

Au final, Talking to the Moon, le deuxième album des Druids of the Gué Charrette, est à la fois une bonne surprise et un moment hors du temps un peu étrange. Ne choisissant jamais la facilité, le groupe va s’amuser avec ses références pour mieux les décortiquer et les régurgiter dans un foutoir maîtrisé et souvent envoûtant. Seulement, l’étrangeté du produit peut laisser sur le bas-côté et certains titres ne sont pas aisés d’accès, jouant trop sur l’aspect ésotérique du groupe et pas suffisamment sur les mélodies. En bref, il s’agit tout de même d’un bon album, mais il faut savoir où l’on met les oreilles.

  • I’m not a Bad Boy
  • Talking to the Moon
  • Parasites
  • Bury Your Dead
  • It’s Alright to Fail Sometimes
  • Gods & Dolls
  • The Curse
  • Fading Away
  • Heartbeat
  • Every Color but the Black
  • Faking Emotions is Easy

Note : 14/20

Par AqME

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