octobre 21, 2020

Hocus Pocus

De : Kenny Ortega

Avec Bette Midler, Sarah Jessica Parker, Kathy Najimy, Thora Birch

Année: 1994

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Fantastique

Résumé :

Halloween 1993 : Pour gagner le cœur de sa bien-aimée, Max Dennison, va, par bravade, allumer la bougie fatidique qui a le pouvoir de faire renaître les trois sœurs Sanderson Winifred, Sarah et Mary, les trois plus célèbres sorcières de Salem.

Avis :

Les années 90, pour Disney, est ce que l’on appelle communément « le second âge d’or ». En effet, depuis 1989 et la sortie de La Petite Sirène, la firme aux grandes oreilles enchaîne les succès avec La Belle et la Bête en 1991 et Aladdin en 1992 qui sera le film ayant fait le plus d’entrées durant l’année, rapportant plus de 500 millions de dollars dans le monde. Cela continuera bien évidemment plus tard, avec notamment l’incontournable Roi Lion en 1994, Toy Story en 1995 et Mulan en 1998. Mais Disney, ce n’est pas que des dessins animés, c’est aussi des films. Des films qui cartonnent moins, qui ont du mal à se situer au niveau du public et qui, du coup, marquent beaucoup moins. Sorti le 16 Juillet 1993 aux States et le 26 Janvier de l’année précédente en France, Hocus Pocus aura baigné plusieurs jeunes enfants avec ces trois sorcières débiles et son atmosphère Halloween soit en avance dans son pays, soit en retard chez nous. Le film fera un bon score au box-office et son aspect un peu gothique continue aujourd’hui de plaire à certains. Mais ne nous leurrons pas, ce qui marche surtout avec ce film, c’est son aspect nostalgique, car à la revoyure, ça picote un peu.

Ce qui est très surprenant dans Hocus Pocus, c’est le nom d’un des deux scénaristes (et producteur et d’après une histoire originale), Mick Garris. Peu connu du grand public, Mick Garris commence sa carrière à la fin des années 80 avec Critters 2 et poursuit tranquillement dans le film d’horreur avec Psychose 4 en 1990 et La Nuit Déchirée en 1992 d’après une histoire de Stephen King dont il deviendra l’un des meilleurs amis. Sa plongée dans cette histoire pour enfants est assez étonnante, même si on retrouve quelques ressorts horrifiques à l’intérieur, comme ces trois méchantes sorcières, son zombie mutique ou encore son ambiance en pleine fête d’Halloween. Pour autant, le scénario reste très enfantin. La trame générale n’est finalement qu’une course-poursuite entre les enfants et les sorcières qui veulent récupérer leur livre de sorts pour ne pas mourir une fois le soleil levé. On aura droit à une succession de gags, de péripéties plus ou moins téléphonés et à une conclusion heureuse, car Disney oblige. Dans cette histoire, il n’y aura que peu de choses surprenantes, si ce n’est quelques moments un peu plus durs et qui changent de ce que Disney prépare habituellement. On aura droit à un chat écrasé en frontal, un zombie qui se fera couper les doigts en gros plan ou encore le meurtre d’une petite fille par ces trois sorcières démoniaques. Des moments adoucis visuellement, mais qui montre une certaine volonté de marquer le jeune spectateur et de constituer ainsi son premier pas vers le cinéma de genre.

Mais l’histoire du film manque cruellement de profondeur. On va suivre le point de vue des enfants et leur manque de crédibilité au sein d’une communauté adulte qui ne croit plus aux sorcières, habitant pourtant Salem. Hocus Pocus veut pointer du doigt le manque de confiance que l’on accorde aux enfants et ce monde adulte qui ne sait plus rêver, ne sait plus croire au surnaturel, mettant ainsi en péril la vie de leurs enfants. Un monde adulte cynique, pénible, qui est même incapable de se rendre compte que la magie existe, ainsi que les monstres. Le désarroi des enfants est donc visible et ils vont devoir compter uniquement sur eux-mêmes et leur entraide. Contrairement aux sorcières, qui ont une meneuse et qui n’arrivent finalement à rien car elles ne s’entraident pas forcément, échouant à chaque fois à cause de leur mesquinerie et de leur imbécilité. Et c’est là que le film va complètement échouer, n’embrassant jamais le point de vue des sorcières, cette peur de mourir, ce manque d’empathie et cette cruauté palpable. Elles sont méchantes, certes, mais elles sont surtout idiotes. Elles croient en des choses avant d’en ressentir les effets, donnant lieu à des gags et des résolutions de problèmes très enfantins, peut-être même trop, n’en devenant plus crédibles. Et cela fait surjouer les acteurs et actrices.

Car si le casting est impeccable, les actrices incarnant les trois sorcières sont obligées d’en faire des tonnes pour essayer de faire rire (n’oublions pas que nous sommes dans une comédie avant tout). Bette Midler et ses dents de lapin grimace tout le temps, Sarah Jessica Parker est superbe mais joue la niaise à outrance, forçant son côté sexy au point d’en devenir gênant et Kathy Najimy, avec sa lèvre pendouillante, ne possède aucune particularité, peinant à exister. C’est plutôt du côté des enfants que le casting fait les bons choix. Thora Birch est excellente en petite fille forte et Omri Katz est très convaincant en grand frère protecteur qui va tout faire pour aider sa petite sœur. Même Vinessa Shaw, alors toute jeunette, joue bien son rôle d’adolescente qui va tomber sous le charme du jeune garçon. Pour le reste du casting, ça reste très classique et sans grande ambition. En même temps, Kenny Ortega, qui est derrière la caméra, n’est pas un grand réalisateur, ayant fait son petit nid chez Disney pour des projets timides et des épisodes de série pour pré-adolescents. De ce fait, la direction d’acteur reste anecdotique, tout comme l’ambiance voulue. On est dans un gothique léger, dans une peur toute douce pour ne pas risquer de choquer ou même d’effrayer les plus jeunes. Les effets spéciaux se contentent du minimum et finalement, la seule scène un peu crue, c’est la première mort du chat. Rien de bien engageant du coup.

Au final, Hocus Pocus est un film qui existe encore aujourd’hui dans la pensée commune pour son aspect nostalgique et pas forcément pour ses qualités indéniables de réalisation ou scénaristiques. Mick Garris et ses collègues s’essayent au film « horrifique » pour enfants et édulcorent tout un fond qui aurait pu faire gagner au film des points au niveau de l’ambiance. Aujourd’hui, l’ensemble parait bien vieillot, plutôt sympathique, certes, mais en rien un film de sorcières indispensable.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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