octobre 28, 2020

Il Pleuvait des Oiseaux

De : Louise Archambault

Avec Rémy Girard, Andrée Lachapelle, Gilbert Sicotte, Eve Landry

Année : 2019

Pays : Canada

Genre : Drame

Résumé :

L’histoire intrigante de trois vieux ermites vivant reclus dans les bois. Alors que des incendies de forêt menacent la région, leur quotidien est bousculé par la mort de leur doyen, Boychuck, et l’arrivée d’une octogénaire injustement internée à vie. Une photographe mandatée pour interviewer les témoins des feux les plus meurtriers de l’époque, trouve leur repaire.

Avis :

Pas vraiment connu chez nous, même si ces deux premiers films sont sortis en salle en France, Louise Archambault est une réalisatrice canadienne et québécoise qui a une jolie carrière. Après avoir travaillée comme assistante monteuse, elle sort quelques courts-métrages avant de réaliser « Familia« , son premier film. Film qui arrivera chez nous en 2006. Depuis, elle alterne entre séries télé et cinéma.

J’ai découvert le cinéma de Louise Archambault en 2013 avec son deuxième long-métrage, le joli et tendre « Gabrielle« . Depuis, j’attendais avec curiosité que la cinéaste propose autre chose et c’est aujourd’hui chose faite avec « Il pleuvait des oiseaux« . D’ailleurs, bien avant de savoir que c’était Louise Archambault qui se cachait derrière ce film, la première chose qui m’ait donné envie de m’arrêter dessus, c’est la poésie intrigante de son titre. « Il pleuvait des oiseaux« , quel titre mystérieux pour un film qui va être de toute beauté. Un film doux et dur à la fois, un film qui nous prend avec lui et nous entraîne avec émotion dans une belle ode à la vie.

Rafaëlle est photographe. La jeune femme travaille sur un nouveau sujet, elle a décidé de photographier les survivants des grands feux, une catastrophe survenue en 1916. Minutieuse, la jeune femme écoute les récits de ceux qui ont vécu la catastrophe et peu à peu, un nom sort du lot, celui de Boychuck. Cet homme aurait tout quitté après ces événements-là et il vivrait aujourd’hui en ermite dans une forêt près d’un lac. Rafaëlle, d’indice en indice, a réussi à trouver la cachette de l’ermite, mais ce dernier est mort, il ne reste plus que ses deux compagnons. Deux hommes qui ont eux aussi connu la catastrophe. Deux hommes qui ont décidé de tout quitter. Deux hommes qui n’existent pas. Et si les deux hommes voient l’arrivée de la photographe d’un œil méfiant, peu à peu, ils vont se livrer et l’arrivée de Marie Desneiges, une vieille dame qui ne veut plus retourner vivre dans sa maison de retraite, peut y être aussi pour quelque chose…

« Il pleuvait des oiseaux« , troisième film pour Louise Archambault et incontestablement, une troisième réussite. Adaptant le roman de Jocelyne Saucier paru en 2013, la metteuse en scène nous entraîne dans une très belle histoire et de très beaux portraits.

« Il pleuvait des oiseaux« , c’est un film très riche, qui va aborder énormément de sujets à travers le portrait de ces personnages. La réalisatrice parle ici avec beaucoup de calme et de nuances de la vie, des regrets, des remords, du passé qui peut hanter ou encore des choix de vie plus radicaux diront nous. Louise Archambault parle de la vieillesse, de la jeunesse, de l’avenir, de l’amour à tout âge et surtout, elle parsème son film d’une envie de liberté, d’une vie de liberté. Il y a de la vie dans ce film, il y a de la contestation dans cette histoire, dans ces choix. « Il pleuvait des oiseaux« , c’est aussi bien une belle et bouleversante histoire d’amour, et une histoire d’amitié, qu’un retour à la nature, à une vie plus simple. Louise Archambault livre un récit qui est fort en émotions (notamment dans sa dernière partie, qui se fait aussi dure que libre), et plus elle peint avec délicatesse ses personnages, plus ce récit nous envoûte. Il y aurait presque quelque chose de l’ordre du conte qui s’échappe de ces images et de cette histoire. Ces deux hommes et cette femme, perdus en forêt, habitant de petites cabanes cachées aux yeux du monde, vivant et profitant de chaque instant, n’ayant à se soucier que de l’instant présent, il y a vraiment quelque chose d’envoûtant et de très libre dans ce film et c’est un vrai régal de découvrir cette vie, ces personnages et leur histoire, Louise Archambault nous plaçant à la hauteur de cette photographe.

Cet enchantement, on le ressent aussi avec la mise en scène de Louise Archambault. La cinéaste nous entraîne dans un moment calme, un moment fait d’instants qui sont de la pure magie. C’est simple comme la vie, c’est beau, c’est parfois dur, mais c’est surtout en permanence touchant. Louise Archambault sait très bien comment mettre en scène cette histoire, elle sait comment la contraster, elle sait prendre le temps de raconter de petites choses, elle sait capturer la beauté d’un instant, même si ce dernier peut être difficile. Tout comme le récit de ces personnages, il y a quelque chose de très libre qui s’échappe de ces images, de ces paysages superbes, de ces baignades nues dans des lacs perdus au milieu de nulle part, de ces moments intimes dans des cabanes, d’une chanson dans un bar qui sonne comme un requiem d’une vie. Bref, « Il pleuvait des oiseaux » est indéniablement beau et envoûtant. On le quitte même avec le regret de le quitter, tant on aurait aimé prolonger cet instant.

« Il pleuvait des oiseaux« , comme on l’imagine à la vue de ce que j’en dis plus haut sur ses personnages, c’est aussi ce casting merveilleux. Un casting beau, talentueux et surtout bourré de tendresse. Chaque acteur est à sa place, et tous sont aussi bouleversants les uns que les autres. Que ce soit Andrée Lachappelle, Remy Girard, Gilbert Sciotte, Eve Landry ou Eric Robidoux, tous sont source d’émotions, tous sont attachants, authentiques et c’est un pur plaisir de les suivre, même dans les moments les plus durs.

En un peu plus de deux heures, Louise Archambault nous invite à vivre un très beau voyage et nous bouleverse avec ses personnages. Deux heures d’émotions, de joies, de sourires, de tristesse, de réflexions sur la vie et la mort, deux heures de regrets et d’espoirs, d’amour et d’amitié. Bref, deux heures où le temps s’arrête. C’est beau, c’est tendre, c’est humain. Bref, indiscutablement, « Il pleuvait des oiseaux » est le plus beau film de sa réalisatrice.

Note : 18/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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