septembre 28, 2020

Chérie, J’ai Rétréci les Gosses

Titre Original : Honey, I Shrunk the Kids

De: Joe Johnston

Avec Rick Moranis, Marcia Strassman, Matt Frewer, Robert Oliveri

Année: 1990

Pays: Etats-Unis

Genre: Aventure, Comédie

Résumé :

Le facétieux professeur Wayne Szalinski a encore transformé sa maison en un vaste laboratoire et sa famille en cobayes. Sa dernière trouvaille: un rayon laser capable de rétrécir les objets. Ses enfants, Amy et Nick ainsi que leurs copains Ron et Russ en font malencontreusement l’expérience. Les voici réduits à la taille du Petit Poucet, confrontés à la jungle du jardin ou le moindre brin d’herbe prend des allures de baobab.

Avis :

Durant les années 70, Joe Johnston va surtout se faire connaître grâce à son travail sur les effets spéciaux, et notamment sur ceux de Star Wars. Tout d’abord superviseur des effets spéciaux sur les épisodes quatre, cinq et, il sera ensuite chef décorateur pour Les Ewoks. Mais il n’officie pas que pour George Lucas, puisqu’il va aussi faire un tour chez Spielberg, supervisant les effets spéciaux d’Indiana Jones Les Aventuriers de l’Arche Perdue, puis devenant concepteur de générique pour Always. C’est à ce moment-là, à la toute fin des années 80, qu’il va se placer derrière la caméra pour faire son premier film, sur un scénario assez inattendu de Stuart Gordon et Brian Yuzna. Pourquoi inattendu ? Tout simplement parce que les deux hommes sont plus connus pour leur travail sur des films d’horreur, Re-Animator pour le premier et Society pour le deuxième, et non pas pour des films familiaux produits, qui plus est, par Disney. Et pourtant, c’est ce qui va se passer avec Chérie, J’ai Rétréci les Gosses, un film qui n’a pas vieilli dans sa trame et son humour, mais un peu sur ses effets visuels.

L’histoire est assez simple. Un père de famille un peu savant fou sur les bords tente de construire une machine à rétrécir afin d’améliorer le transport de lourdes charges. Alors qu’il échoue lamentablement, par un concours de circonstance, ses enfants, ainsi que les enfants des voisins, vont se faire rétrécir et éjecter dans le jardin. Une aventure minuscule épique va alors avoir lieu pour les enfants, qui devront affronter les dangers du jardin, mais aussi pour les parents, qui vont devoir faire preuve de patience et d’abnégation pour retrouver leurs enfants. Et tout le sel du film de se retrouver là, dans cette double recherche qui s’amuse sur la taille et sur les enjeux tout aussi forts mais à échelles différents. D’un côté, les enfants vont tout voir en grand, la moindre petite abeille devenant alors un monstre gigantesque, alors que les parents vont devoir faire attention de ne pas marcher sur la pelouse afin de ne pas mettre en danger la vie de leurs progénitures. Joe Johnston joue constamment sur les différences de taille, en faisant alors des allers-retours entre l’aventure des enfants et les recherches minuscules des parents, jouant avec les perspectives, les tailles et bien entendu l’environnement. Il y a une certaine intelligence dans le récit et dans la mise en scène qui joue avec les décors, avec les divers éléments, afin de fournir un divertissement familial, mais qui ne prend pas le spectateur pour un débile.

Et cela se ressent dans le rythme donné et dans l’évolution même des personnages. En alternant les points de vue, Joe Johnston permet de ne pas lasser le spectateur et de donner deux enjeux radicaux, la survie des enfants dans un milieu hostile et la recherche de quelque chose de petit sans lui nuire. Le film enchaine alors les péripéties sans jamais oublier de fournir des évolutions plausibles au niveau des relations entre les personnages. En commençant bien évidemment par les enfants. Chez les Szalinski, les deux enfants s’entendent assez bien, mais on va voir qu’ils doivent souvent se débrouiller tout seul. La fille grandit trop vite et prend la place de la maman, ce qu’elle ne doit jamais faire, tandis que son frère, un petit génie, est bien trop oublié par son père, obnubilé par sa machine. Ces aventures vont permettre au frère et à la sœur de se découvrir et de se rapprocher, mais aussi de s’ouvrir aux autres, et notamment aux fils du voisin. Là aussi, l’évolution est palpable et très intéressante. L’ainé de la famille déçoit son père car il n’aime rien de ce que son père fait et se cherche encore. Il va trouver alors une raison de vivre en la présence de la fille de la voisine, pour qui il va risquer sa vie. Quant à son petit frère, sorte de sale gosse qui remet toujours la faute sur les autres, il va apprendre à se responsabiliser, à grandir et accepter la différence. Si cela fonctionne parfaitement chez les enfants, il en va de même chez les adultes. Les Szalinski, dont le couple bât de l’aile, vont se retrouver dans la recherche de leurs enfants, n’étant jamais aussi proche que dans l’adversité. Quant aux voisins, des beaufs qui jugent, ils vont découvrir une famille loufoque mais pas si différente de la leur. Chérie, J’ai Rétréci les Gosses, c’est finalement beaucoup de sujets au sein d’un film où l’on ne s’ennuie pas.

Et petite cerise sur le gâteau, si les effets spéciaux ont vieilli, ils permettent aussi d’apporter cette touche si nostalgique. Il faut absolument se remettre dans le contexte de l’époque, on est tout de même en 1989 lors du tournage, et le film va même remporter un BAFTA pour les effets visuels. Le plus dérangeant réside bien évidemment dans les scènes de vol à dos d’abeille, mais cela ne dure pas longtemps et finalement, ça s’intègre très bien au film. Mais le plus intéressant reste les différents animatronics qui parsèment le film, comme cette pauvre petite fourmi au destin funeste (ils sont forts, ils arrivent à nous émouvoir avec une bestiole en caoutchouc) ou encore ce scorpion bien violent. Au lieu de placer un fond vert et d’incruster des images de synthèse par encore maîtrisées pour l’époque, le réalisateur fait le choix du réel et c’est très judicieux, car même si aujourd’hui ça se voit, cela reste honnête et un vrai travail d’artisan qui fait plaisir et ravive nos souvenirs. Enfin, difficile aussi de faire l’impasse sur les acteurs de ce film, car tout le monde est formidable, autant les enfants que les adultes, même si Rick Moranis bouffe tout le monde avec sa bouille si attachante.

Au final, Chérie, J’ai Rétréci les Gosses reste un très bon divertissement familial qui est loin d’être bête. Rythmé, drôle, épique, tantôt effrayant, tantôt presque dramatique, le premier film de Joe Johnston est un véritable plaisir, même trente ans plus tard. Et c’est un plaisir qui brasse une multitude de thèmes, prouvant par la même occasion que l’on peut divertir son public, même jeune, tout en lui donnant des pistes de réflexion sur sa tenue, sur son regard sur les autres. Bref, c’est bien.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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