décembre 4, 2020

Gangs of London Saison 1

D’Après une Idée de : Gareth Evans et Matt Flannery

Avec Joe Cole, Michelle Fairley, Colm Meaney, Sope Dirisu

Pays : Angleterre

Nombre d’Episodes : 9

Genre : Drame, Thriller, Policier

Résumé :

Depuis 20 ans, Finn Wallace est le chef le plus puissant du crime organisé, faisant transiter des milliards de livres chaque année. Lorsqu’il est assassiné, son fils Sean Wallace est tout désigné pour prendre la relève, avec le soutien du clan Dumani. Ce passage de relais a d’importantes répercussions à l’échelle internationale. Entouré de nombreux rivaux, le jeune leader impulsif trouvera-t-il un précieux allié en la personne d’Elliot Finch, lequel porte un intérêt tout particulier à la famille Wallace ? Porté par sa destinée, Sean découvre les rouages internes de la plus grande organisation criminelle de Londres.

Avis :

Filmer l’action, ce n’est pas facile. Il faut savoir faire des chorégraphies millimétrées, trouver les bons angles pour rendre l’ensemble percutant, et surtout, il faut avoir un certain sens du rythme et du montage pour ne pas rendre ça illisible. Combien de réalisateurs se sont cassé les dents à vouloir rendre des combats rapides et incisifs en bougeant la caméra dans tous les sens, rendant une copie qui fait mal au crâne sans que l’on sache ce que l’on regarde. Récemment, un petit gars expatrié en Indonésie va faire parler de lui en réalisant un film d’action coup de poing, The Raid. Gareth Evans va alors montrer tout son talent pour filmer l’action tout en restant percutant et lisible. Fort de ce cinéma nerveux et parfois gore, le cinéaste va alors percer et aller plus loin dans l’action avec The Raid 2. S’il s’essaye un temps à l’horreur avec Le Bon Apôtre disponible sur Netflix (et c’est plutôt bien), il va surprendre pas mal de monde en écrivant une série se déroulant à Londres et prenant place dans les milieux mafieux anglais. Autant dire un univers loin de l’action débridée dont il nous avait habitués et pourtant, Gangs of London va frapper fort pour une première saison explosive.

Le premier épisode va poser les bases d’une série sous tension. On va y voir deux jeunes gitans qui vont remplir un contrat pour tuer un illustre inconnu à leurs yeux. Sauf que l’inconnu en question n’est autre que Finn Wallace, grand magnat de l’immobilier à Londres et qui possède en son sein toutes les familles mafieuses de la ville. Sean, son fils, profondément marqué par le décès soudain de son père, décide alors de trouver les tueurs pour se venger et menace d’arrêter toutes transactions avec les autres familles tant que les assassins courent les rues. Sauf que certaines familles ne l’entendent pas de cette oreille, et notamment les Dumani, principaux alliés de son père et co-gérant de l’entreprise familiale. Et les choses vont se compliquer quand Sean va être pris pour cible par les mêmes commanditaires que les meurtriers de son père. Nébuleux est le premier mot qui vient en tête quand on attaque ce premier long épisode de plus d’une heure et demi et qui explique les rouages d’une entreprise où tous les trafics sont permis. Il faudra se familiariser avec les différentes familles, les différentes ethnies et les différentes motivations de chacun. Et ce n’est pas facile, car il y a du monde, entre les turcs, les albanais, les kurdes, les nigérians et les rivalités qui existent entre tout un chacun. Bref, on peut prendre peur devant l’ampleur de la série, mais il n’en sera rien.

En effet, Gareth Evans, accompagné de Matt Flannery, va tout faire pour rendre l’ensemble lisible et compréhensible. Il faut dire qu’il va peu s’attarder sur l’ensemble et prendre chaque groupe à part pour créer des rivalités. Par exemple, on aura un épisode qui sera centré sur Lale, la cheffe des kurdes, et qui souhaite se venger des turcs en envoyant argent et armes dans son pays pour mener une guerre. Un autre épisode prendra le temps de placer les rivalités entre albanais et nigérians, avec quelques affrontements qui vont faire grincer des dents. En faisant ainsi, les deux scénaristes évitent de nous perdre dans un amalgame d’histoires et arrivent à rendre l’ensemble lisible et réellement passionnant. Cependant, il y a un dénominateur commun dans toutes les histoires, la famille Wallace, qui doit gérer tous les conflits, et Elliott, un infiltré qui veut faire tomber toute la famille et se fait alors passer pour un garde du corps très efficace. Et la série s’axe principalement sur la relation ambiguë entre Sean, que l’on pense être le « héros » de la série, et Elliott, qui va brouiller les frontières entre son métier et son infiltration, tombant amoureux de la fille Dumani. Sans jamais tomber dans un sac de nœuds incompréhensible ou difficile à suivre, les deux scénaristes arrivent à créer une belle arborescence qui ne perdra jamais le spectateur.

Et le spectacle va être relativement démentiel, notamment dans ses scènes d’action, du jamais vu dans une série télévisée. Trois réalisateurs se succèdent dans Gangs of London. Gareth Evans gère deux épisodes, le premier et le cinquième, tandis que Xavier Gens en réalisé trois et Corin Hardy (Le Sanctuaire et La Nonne) fait les autres pour compléter la saison. Chaque cinéaste, parce que ce sont à la base des réalisateurs de films pour le cinoche, va apporter son petite patte personnelle et on va vite voir les tics de réalisation de chacun. Les plus marquants sont bien évidemment ceux de Gareth Evans qui livre deux épisodes d’une folie démesurée en termes d’action. Le premier épisode, qui démarre de façon assez lente, va proposer deux bastons absolument démentielles, la première dans un bar, où Elliott va casser des bouches à tours de bras. Baignant dans un gore décomplexé, n’hésitant à faire mal au spectateur en fonction de certains coups, le réalisateur livre une mise en scène fluide et percutante. Outre les bagarres de comptoir, certains duels sont impressionnants, que ce soit dans leur chorégraphie ou leur exécution. L’affrontement avec le gitan et sa machette est très grandiloquent et prend vraiment aux tripes. Mais finalement, là où l’on voit le plus la patte du réalisateur, c’est dans le cinquième épisode, où une grande maison est prise d’assaut. Non seulement c’est fluide, mais ça va très vite, c’est bien sale et ça ne fait aucun quartier. C’est d’une maestria jamais vue dans une série télé. Quant aux deux autres réalisateurs, on ressent leur patte de façon différente. Les épisodes de Corin Hardy offrent une ambiance assez glauque alors que ceux de Xavier Gens sont plus calmes, mais offrent une sensibilité que l’on ne retrouve pas ailleurs.

Outre l’action débridée de la série, on aura aussi droit à des acteurs impliqués et des personnages dont aucun ne sera laissé sur le carreau. Joe Cole est tout simplement parfait dans le rôle de Sean Wallace, ce jeune loup qui veut venger la mort de son père. Son personnage est à la fois effrayant et touchant, notamment quand on découvre de quel bois il est dans des flashbacks à la fois terrifiants et touchants. Des flashbacks qui mettent aussi en évidence la folie de la mère de famille, qui semble subir tout cela au départ, mais qui s’avère parfaitement consciente des méfaits de feu son mari, ou encore l’altruisme d’un petit frère qui se cache dans la drogue pour échapper à un monde qu’il ne maîtrise pas. Dans les autres familles, on aura droit à des personnages qui ont tous des intérêts divers et variés mais qui ont tous un point commun, l’amour de l’argent et ce besoin frénétique d’en faire toujours plus. Ainsi donc, les turcs se composeront d’un père trafiquant vengeur et d’un fils qui brigue la place de maire de Londres. Les kurdes seront menés par Lale, une femme forte au lourd passif. Les albanais auront fort à faire avec des nigérians sauvages et qui manient bien la machette. Bref, personne n’est laissé sur le bas-côté et tout un chacun possède une vraie épaisseur. Mais le vrai héros de la saison, c’est Elliott, ce flic infiltré qui va jouer un double-jeu dangereux et qui possède, lui aussi un passé lourd de conséquences. Bref, Gangs of London est dense, dans son histoire comme dans ses personnages.

Au final, cette première saison de Gangs of London est une vraie réussite. A la fois complexe et simple à suivre malgré la profusion de personnages, dotée d’une mise en scène percutante et nerveuse, avec des protagonistes à la fois profonds et touchants, on peut dire que Gareth Evans frappe un grand coup pour un show télévisé et ne se limite pas dans sa grandiloquente mise en scène. Certainement l’une des meilleures séries de l’année et on a hâte de découvrir la suite, car oui, la saison se termine sur plusieurs cliffhangers, se permettant en plus d’être surprenante, inattendue et annonçant une suite qui risque d’être très bouillante.

Note : 18/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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