octobre 24, 2020

Le Petit Chaperon Rouge

Titre Original : Red Riding Hood

De : Catherine Hardwicke

Avec Amanda Seyfried, Gary Oldman, Billy Burke, Shiloh Fernandez

Année: 2011

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique

Résumé:

Dans une histoire inspirée d’un célèbre conte de fées, une adolescente se retrouve en grand danger quand son village décide de chasser les loups-garous qui terrorisent la population à chaque pleine lune. Dans un endroit où tout le monde a un secret et est suspect, notre héroïne doit apprendre à suivre son cœur et trouver en qui elle peut avoir confiance.

Avis:

C’est en 2008 qu’un film allait changer la donne du cinéma moderne pour les créatures fantastiques. Si nous avions eu les périodes Universal avec des monstres victimes de leur sort, les périodes monstrueuses avec des créatures difformes, puis une période un peu plus romantique, Stephenie Meyer va bouleverser le monde de la littérature Young Adult en sortant Twilight, qui va être un succès monstre et qui va alors débouler au cinéma à partir de 2008, rendant folle de joie toute une palanquée d’adolescentes en manque d’amour. Souvent moqué, décrié comme une saga poubelle, Twilight revient aujourd’hui un petit peu sur le devant de la scène car certaines « critiques » estiment que le film fut descendu à cause de son public visé et donc à cause d’un refus d’un certain féminisme dans le cinéma. Malheureusement, il faut avouer que le film est une purge, autant sur l’histoire, puritaine à souhait, que sur la mise en scène, stérile et inoffensive. Pour autant, ça a marché, et il ne fallait pas se cantonner uniquement à Twilight, mais trouver d’autres vaches à lait.

Très rapidement, des idées sont mises sur la table et on mise sur une relecture moderne du Petit Chaperon Rouge, avec un loup-garou, un triangle amoureux et quelques bondieuseries pour faire avaler la pilule. Forte de son succès avec le premier chapitre des aventures de Bella et d’Edward, Catherine Hardwicke est tout désignée pour réaliser ce film avec cette fois-ci Amanda Seyfried qui frémira pour le doux Shiloh Fernandez. Histoire de bien capitaliser sur le succès des vampires qui brillent au soleil, on fait appel à Billy Burke (le père de Bella dans Twilight) qui vient ici jouer le père de l’héroïne, encore une fois. Et pour avoir un semblant de crédibilité, on place Gary Oldman pour faire venir le chaland un tantinet cinéphile. Et vous savez quoi? C’est très mauvais. Alors loin de moi l’idée de placer mon statut d’homme à travers mon avis sur le film, mais force est de constater que dans cette romance fantastique, il n’y a rien à sauver, pas même les acteurs.

Commençons donc par l’histoire. On va suivre la jeune Valerie qui est promise à Henry dont elle n’est pas amoureuse. En effet, elle préfère se marier avec Peter, un bucheron sans le sou mais terriblement sexy. Au milieu de ce triangle amoureux, à chaque pleine lune, un loup-garou attaque le village et terrorise les habitants. Les règles vont changer quand le Père Salomon arrive en ville pour tuer la bête et se rend compte que Valerie peut communiquer avec le monstre. Elle est alors prise pour une sorcière et est promise au loup dans un guet-apens lourdingue. Bref, Le Petit Chaperon Rouge, c’est un mélange de romance et de fantastique avec une vaine tentative d’horreur où des éléments gores auraient pu trouver une place, mais il ne fallait surtout pas choquer la pauvre donzelle qui allait jeter ses yeux chastes sur le bousin. Le problème avec ce récit, c’est qu’il n’arrive pas à choisir entre les genres et oscille constamment entre des moments pas intéressants pour la romance, et de gros ratages pour la partie fantastique. En gros, la romance se résume à un combat de coqs et quelques jeux de drague gênants, et le fantastique à placer une bestiole en CGI qui attaque les villageois. Rien de bien folichon, d’autant plus que le film ne prend jamais le temps de présenter les personnages et les liaisons qu’il y a entre eux. A titre d’exemple, on a une introduction quand Valerie et Peter sont jeunes et en cinq minutes, on se retrouve dix ans plus tard, on ne sait pas trop pourquoi. L’ensemble manque de cohérence et d’écriture.

De ce fait, si le film ne prend pas le temps de placer ses personnages, il sera dès lors difficile de ressentir de l’empathie pour eux. On va même les haïr pour certains et avoir une gentille indifférence pour les autres. A titre d’exemple de personnages détestables et pénibles, on trouve un Gary Oldman badin et cruel qui cabotine à tours de bras. Si on est habitué à le voir cachetonner dans divers projets douteux, il campe ici un personnage insupportable, très cliché et que l’on va rapidement identifier comme véritable antagoniste. Pour les autres, on se fichera d’eux. Certains personnages sont inutiles alors qu’ils bénéficient d’une présentation et de quelques plans appuyés comme pour Lukas Haas dont le rôle n’a aucune incidence. Les deux types qui veulent se taper la même nana sont presque à se faire des checks sur le plan d’évasion de l’héroïne, héroïne qui ne sert à rien durant le film, si ce n’est aller à droite et à gauche et parler un peu au grand méchant loup. Bref, on brasse du vide.

Quant à la mise en scène, là aussi, il n’y a rien à se mettre sous la dent. La première chose qui frappe, c’est qu’il n’y a pas de plan iconique, il n’y a rien de marquant, il n’y a rien de beau, il n’y a rien de plaisant. Catherine Hardwicke enchaine les phases pour faire avancer son film sans aucune recherche d’esthétique, si ce n’est créer un contraste entre le rouge de la cape et le blanc de la neige lors d’une vue zénithale qui servira à faire un joli poster. Mais outre ce vide d’idées, on notera aussi que les effets spéciaux ont déjà bien vieilli alors que le film n’a pas encore dix ans. Sans parler du loup-garou qui n’est qu’un loup noir géant pixélisé, les décors font faux, on voit les ajouts numériques et l’ensemble fait très factice. Aussi factice que le fond du film, qui brasse du vent, n’arrivant pas à parler de l’amour, de la paternité et de la folie que ces deux sujets peuvent amener avec eux.

Au final, Le Petit Chaperon Rouge est un très mauvais film. Sortant peu de temps après le premier Twilight et en plein de la franchise, on voit bien que les producteurs ont voulu capitaliser sur une mode, sans prendre le recul nécessaire pour faire un bon film de cinéma. Ce n’est ni distrayant, ni amusant, ni tragique, c’est juste ennuyant et fainéant, ne cachant finalement même plus le cynisme de l’entreprise. Et le plus étonnant dans tout ça, c’est que l’on voit le nom de Leonardo DiCaprio dans les producteurs exécutifs, puisque c’est sa boîte de prod qui est derrière le projet. Bref, sans être une surprise, Le Petit Chaperon Rouge est intrinsèquement mauvais, et cela n’a rien à voir avec le public visé ou le fait que je sois un homme.

Note: 03/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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