octobre 21, 2020

L’Homme Blessé

De : Patrice Chéreau

Avec Jean-Hugues Anglade, Vittorio Mezzogiorno, Roland Bertin, Lisa Kreuzer

Année : 1983

Pays : France

Genre : Drame, Policier

Résumé :

Henri, adolescent, s’ennuie. Accompagnant sa sœur à la gare il rencontre Jean, homosexuel qui le pousse à commettre un acte de violence sur un inconnu. Immédiatement, il éprouve une immense passion pour cet homme qu’il décide de suivre.

Avis :

Immense réalisateur français, Patrice Chéreau est un metteur en scène dont j’apprécie beaucoup le cinéma et pas seulement pour sa « … Reine Margot« . En presque quarante ans de carrière, Patrice Chéreau a finalement réalisé assez peu, puisqu’il laisse derrière lui onze films et il m’en reste encore à découvrir, notamment parmi ses premiers. Troisième long-métrage pour Patrice Chéreau, « L’homme blessé » est un film qui m’intéressait beaucoup parce que c’est avec ce film qu’un tout jeune Jean-Hugues Anglade a été révélé. Racontant le coup de foudre d’un jeune homme pour un plus âgé que lui, Patrice Chéreau invitait à faire une plongée dans le monde de la prostitution masculine et des années avant l’arrivée du sida.

Si sur le papier, le film avait de quoi intéresser et plus encore, à l’image, ce ne fut pas le cas, et cet « … homme blessé » se pose comme une bien belle déception. Glauque, improbable, inintéressant et surtout absolument pas touchant, « L’homme blessé » fut une séance de cinéma très difficile tant le film cumule les clichés, le mauvais goût et surtout des personnages qu’on ne comprend pas et qui deviennent vite insupportables, c’est dire !

Henri, la vingtaine, habite chez ses parents. Un après-midi, avec ses parents, il accompagne sa sœur à la gare, car cette dernière part pour ses études. Arrivé très en avance, Henri, pour tromper l’ennui, déambule sur les quais de la gare et par un concours de circonstance, il va faire la connaissance de Jean, un homme d’une quarantaine d’années, homosexuel. Pour Henri, c’est le coup de foudre. Un coup de foudre qui vire même à l’obsession, Henri se mettant à suivre Jean partout. Jean n’est pas homme à se laisser séduire comme ça, il aurait même tendance à pousser Henri dans ses retranchements. Cette histoire d’amour improbable et impossible va alors changer la vie du jeune homme à tout jamais…

Un coup de foudre, une histoire d’amour improbable, les premiers émois, une plongée dans le milieu homosexuel avant les années sida, Patrice Chéreau à la réalisation et à l’écrit (il a d’ailleurs mis six ans à écrire le scénario de ce film), Jean-Hugues Anglade âgé d’une vingtaine d’années, franchement cet « … homme blessé » avait bien des arguments pour être une belle découverte, malheureusement, ce fut très loin d’être le cas, c’est tout le contraire qui s’est passé, et cette séance de cinéma est devenu interminable et à la limite du supportable.

La réalisation de Patrice Chéreau est belle, même si tout est fait pour nous mettre mal à l’aise. Le film a une ambiance très particulière, « L’homme blessé » est un film glauque, cru et violent. Patrice Chéreau nous entraîne dans un film totalement désespéré et même si cette ambiance a tendance à se faire détestable, surtout dans la dernière demi-heure du film où Chéreau pousse de plus en plus loin son ambiance, il faudra toutefois lui laisser le fait qu’il a une ligne, qu’il s’y tient et que le tout dégage quelque chose.

Toujours dans les bons côtés que peut avoir le film, on notera un Jean-Hugues Anglade qui crève l’écran et ça, malgré un personnage qu’on a bien du mal à comprendre et un personnage qui n’est pas touchant. Malgré ça, l’acteur captive la caméra, et il est logique qu’il fut une révélation. Par contre, on aura une interrogation pour Vittorio Mezzogiorno qui incarne le personnage de Jean, qui fut doublé par Gérard Depardieu. J’ai beau chercher la réponse, je n’arrive pas à la trouver.

Mais voilà, pour le reste, ça s’arrête-là et « L’homme blessé » devient très vite un film qui nous perd, voire même nous agace tellement on a bien du mal à arriver jusqu’au bout et surtout tellement on a du mal à croire à cette histoire.

Le principal souci qu’a le film, c’est cette écriture, c’est ce scénario qui n’a ni queue ni tête. Ce scénario qui enchaîne les scènes toutes plus incroyables les unes que les autres. Si on pourrait être intéressé par la vision que peut offrir Patrice Chéreau sur le milieu homosexuel du début des années 80 (et encore, dans ce film, tous les hommes sont gays, c’est assez hallucinant), avec tous ces hommes qui se tournent autour, cette liberté sexuelle (et encore les scènes de sexe que le film tient sont immondes, on se demande qui s’envoie en l’air comme ça), qui en même temps, pour beaucoup, est loin d’être assumée, c’est bien tout ce qui pourra être intéressant dans cette histoire. Car pour la suite, les personnages sont insupportables, franchement la plupart des personnages, on ne les comprend pas. Ils ont tendance à partir dans tous les sens, et ils sont des caricatures insupportables. Les situations ubuesques dans lesquelles Patrice Chéreau les entraînent se posent presque toutes comme ridicules. Il y en a même qui sont risibles tant c’est improbable, incohérent et tant ça n’a tout simplement pas de sens, la rencontre entre les deux personnages principaux, le coup de foudre, l’agression de la mère, le cambriolage, une scène de prostitution, les scènes avec les clodos, la scène d’amour, la fin… Bref, on n’y croit pas un instant, et finalement, on finit par se demander si le but n’est pas simplement de choquer avec ces situations.

Aucune empathie pour les personnages qu’on ne comprend pas, aucun intérêt pour cette histoire qu’on ne comprend pas non plus, bref, rien ne vient nous sauver et plus cette histoire se joue devant nous, moins on s’y intéresse et surtout, plus on attend le générique avec impatience. Bref, un calvaire.

Note : 05/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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