Benjamin Gates et le Livre des Secrets

Titre Original : National Treasure 2 : the Book of Secrets

De: Jon Turteltaub

Avec Nicolas Cage, Diane Kruger, Jon Voight, Ed Harris

Année : 2008

Pays : Etats-Unis

Genre : Aventure

Résumé :

Lorsque réapparaît une page manquante du journal de John Wilkes Booth, l’assassin d’Abraham Lincoln, tout indique que l’arrière-arrière-grand-père de Ben a joué un rôle clé dans la conspiration qui a conduit au meurtre de l’ancien Président américain. Déterminé à prouver l’innocence de son ancêtre, Ben remonte la piste tracée par une série d’indices, qui va le mener à Paris et à Londres avant de le ramener aux Etats-Unis. Ce périple, marqué par de surprenantes révélations, le conduira vers les secrets les mieux gardés de notre monde…

Avis :

Jon Turteltaub est un réalisateur américain habitué à travailler avec les studios Disney, pour lesquels il a déjà réalisé plusieurs films, notamment « Rasta Rocket« , « Sale môme » et le premier volet des aventures de « Benjamin Gates« .

Toujours réalisé par Jon Turteltaub, écrit à cinq cette fois, « Benjamin Gates et le livre des secrets« , c’est le genre de suite qu’on attendait forcément, car avec un tel aventurier et un peu d’imagination, tout est possible. Mais c’est aussi le genre de suite qui pouvait être redouté, car il y avait de grande chance qu’elle déçoive. Et oui, avec l’envie de surfer sur la vague du premier, l’envie d’argent, l’effet de surprise n’étant plus aussi présent, ou encore un projet fait à la va vite on pouvait craindre une déception et c’est malheureusement ce qui va se passer ici. Alors cette suite n’est pas une horreur, elle se pose même comme un divertissement sympathique, mais là où les défauts du premier « Benjamin Gates … » s’effaçaient face aux qualités, au divertissement et à l’effet de surprise, ici, c’est plus mitigé.

Lors d’une conférence donnée sur Abraham Lincoln, Benjamin Gates et son père sont pris à parti par Mitch Wilkinson. Ce dernier tient une page du journal de John Wilkes Booth, l’homme qui a assassiné le Président Lincoln et sur cette page, de nouveaux indices tendent à prouver que Thomas Gates, l’arrière-arrière-grand-père de Benjamin, fut l’un des membres actifs de ce triste assassinat. Ben est bien décidé alors à laver le nom de son ancêtre et pour cela, il va remonter une série d’indices qui vont l’amener à chercher Cibola, une cité d’or précolombienne…

« Benjamin Gates et le livre des secrets« , pour son dixième film, Jon Turteltaub a décidé de s’atteler à une suite, chose qu’il n’avait pas encore fait jusque-là et si le pari fut gagnant, du moins dans les salles, puisque ce deuxième opus de l’aventurier des temps modernes a rapporté plus que le premier avec un budget de base à peine plus élevé, ce deuxième film est surtout décevant car le film sent clairement le projet monté à la va très vite. Si le divertissement est toujours là, et si c’est toujours aussi plaisant de retrouver Gates et sa famille, surtout que ce nouvel opus nous présente sa mère, divinement tenue par Helen Mirren, « Benjamin Gates et le livre des secrets » est un film qui ne trouve pas le charme que pouvait avoir le premier et surtout, c’est un film dont l’intrigue nous laisse un sentiment mitigé.

Prenant pourtant les mêmes ingrédients que pour « … le trésor des Templiers« , c’est-à-dire cette conjugaison entre éléments historiques réels et éléments de fiction, l’intrigue que nous propose Jon Turtelbaub et ses scénaristes est bien trop grosse pour pleinement convaincre et surtout elle est bordélique, très souvent incohérente et on ne peut plus facile (non mais franchement avec ce film n’importe qui peut entrer dans les plus hauts lieux des états). Mêlant l’assassinat de Lincoln avec la guerre de sécession, un ancêtre qu’il faut innocenter, un ancien complot secret entre la Reine d’Angleterre et le Président Américain, une vieille cité d’or perdu, un kidnapping qui n’en est pas un, le Mont Rushmore, et le tout sur deux continents, franchement, c’est trop. Certes, cette aventure se suit avec rythme et spectacle, mais c’est très souvent incohérent et encore plus souvent source de prétextes à offrir du spectacle. Non mais sérieusement, la course-poursuite à Londres n’a aucun sens par exemple. Il est clair ici que le but premier est de divertir et d’offrir une suite plus musclée que de vraiment raconter une histoire qui tienne la route.

Oui, dans le premier, l’intrigue avait des éléments tirés par les cheveux, mais il y avait une mesure qui fait que sur l’ensemble, ça suivait et c’était plaisant. Ici, c’est parfois si gros et improbable que ce sentiment capture le reste et finalement, l’ensemble se suit certes, mais il déçoit. On sent vraiment que le film a été fait pour surfer sur la vague, avec la première histoire venue et c’est bien dommage, « Benjamin Gates » méritait quelque chose de mieux écrit, car il y a vraiment de quoi faire avec ce personnage. D’ailleurs, c’est étrange dans un sens, car le film a très bien marché et son final annonce clairement une suite, et ça fait maintenant douze ans que cette dernière « est en préparation ». On notera aussi que le film a décidé de faire de l’humour pour pousser le divertissement, et cette facilité est plus agaçante qu’autre chose. Pourquoi les studios se sentent-ils obligés de faire de l’humour dans ce genre de film ?

Le film de 2004, même s’il avait des faiblesses, était une bonne petite surprise, qui sans vraiment marquer, arrivait à nous entraîner dans un parfait divertissement familial. Quatre ans plus tard, Jon Turteltaub réitère l’expérience et outre l’effet de surprise disparu, le réalisateur en fait trop, il veut trop offrir une suite spectaculaire. Certes, le rythme est là, le divertissement et les rebondissements aussi, mais l’ensemble reste quelconque au final. Oui, c’est souvent sympa, mais en plus de sentir le réchauffé, comme souvent l’action n’est que prétexte à de l’action, le tout déçoit.

Après heureusement reste Nicolas Cage, toujours aussi bon dans le rôle et il est toujours plaisant de suivre Ben Gates. On appréciera le duo Jon Voight et Helen Mirren dans la peau des parents de Gates. Par contre, on sera quelque peu agacé avec le personnage incarné par Justin Bartha qui sombre dans l’humour, ou encore celui incarné par Ed Harris. Les mecs se sont dit qu’ils allaient prendre Ed Harris et sa gueule de méchant et que ça suffirait pour composer un méchant crédible, or, comme le personnage est vide, ça ne fonctionne qu’à moitié. Petite mention pour Bruce Greenwood très bon en Président Américain. À noter une scène improbable à Paris où Nicolas Cage donne la réplique à Guillaume Gallienne. Ca n’apporte pas grand-chose au final, mais il fallait le noter !

Je ressors donc partagé de ce deuxième « Benjamin Gates« . Sur l’ensemble, le divertissement est là et le film se suit avec un certain plaisir notamment grâce à Nicolas Cage qu’on adore dans le rôle, mais franchement, comparé au premier film, cette suite déçoit, aussi dans bien la grosseur de son intrigue que par l’envie de spectaculaire qui oublie parfois d’être cohérent avec ce qu’il raconte. Bref, au final, ça reste sympa à suivre, mais ça s’oubliera très vite. Dommage.

Note : 10/20

Par Cinéted

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