octobre 27, 2020

Le Grand Chantage

Titre Original : Sweet Smell of Success

De: Alexander MacKendrick

Avec Tony Curtis, Burt Lancaster, Martin Milner, Susan Harrison

Année : 1957

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Hunsecker, le plus puissant chroniqueur de New York, est décidé à empêcher sa sœur d’épouser Steve Dallas, un musicien de jazz. Il engage dans ce sens Sidney Falco, un agent de presse sans scrupule, afin de briser cette liaison.

Avis :

Alexander MacKendrick est un réalisateur américain d’origine écossaise qui eut une carrière assez atypique. Confié par sa mère très jeune à son grand-père qui habitait Glasgow, après une école d’art, le jeune homme participe à l’écriture de publicité, avant d’être engagé pendant la Seconde Guerre mondiale en tant que réalisateur de films de propagande. À la sortie de la guerre, où il était nommé directeur de l’unité cinéma, MacKendrick, petit à petit, réussit à réaliser ses films. Après cinq films réalisés, Alexander MacKendrick eut l’envie de retourner en Amérique, pays dont il est citoyen et qu’il a quitté à l’âge de sept ans. « Le grand chantage » est son premier film américain.

Pour cette première expérience américaine, Alexander MacKendrick a décidé de réaliser un film sombre. Un film qui aborderait la haute société des années 50. Entre mensonges et manipulations, le cinéaste peint un portrait impitoyable de deux personnages qui se lancent dans un mensonge. Si ce  » … grand chantage » est intéressant, si c’est un film travaillé et sublime même dans son noir et blanc, ses jeux d’ombres ou encore grâce à ses comédiens qui crèvent l’écran, je dois bien avouer que malgré toutes les qualités que peut avoir le film d’Alexander MacKendrick, ce « … grand chantage » a bien eu du mal à me captiver et finalement, même si le film fut intéressant, au final, c’est un sentiment d’être passé à côté qui m’a envahi. Dommage.

JJ Hunsecker est un puissant chroniqueur de New York. Un papier de lui peut faire avancer ou détruire des carrières. La jeune sœur de JJ, Susan, est amoureuse de Steve, un musicien de jazz, mais JJ ne voit pas d’un bon œil cette relation et il est bien décidé à briser l’amour qui unit les deux jeunes gens avant qu’il ne soit trop tard. Pour arriver à ses fins, il engage Sidney Falco, un petit chroniqueur. Falco voit en cette occasion une chance inouïe de gagner les bonnes grâces de JJ et pour arriver à ses fins, il est prêt à tout.

Tony Curtis, Burt Lancaster, New York, les années 50, un mensonge, une manipulation, un château de cartes qui s’écroule, « Le grand chantage » était un film qui, sur le papier, et même dans son image, me donnait très envie. Mieux encore, il mettait tous mes sens en alerte, me laissant déjà deviner que ma séance de cinéma ferait scintiller le mot chef-d’œuvre. Malheureusement pour moi, malgré de belles qualités, le film d’Alexander MacKendrick ne fut pas un chef-d’œuvre, loin de là.

« Le grand chantage« , c’est un film qui a énormément de qualités, la première étant forcément ses acteurs qui tiennent tout l’intérêt qu’on porte au film jusqu’à son générique de fin. Burt Lancaster est presque terrifiant dans la peau de cet homme manipulateur et terriblement faux, quant à Tony Curtis, il est génial en Sidney Falco, un homme qui serait presque la définition même du faux-cul, prêt à tout pour arriver à ses fins. On notera aussi de ce côté-là, Susan Harrison qui tient là son premier rôle et l’actrice est captivante. Tout comme il est très plaisant de découvrir Martin Milner en musicien de jazz amoureux qui ne se laisse pas faire.

Autre très bel atout que possède le film d’Alexander MacKendrick, c’est son ambiance, sombre et feutrée à la fois. Le réalisateur nous plonge dans un New York des années 50 superbe. Sa photographie est magnifique, les jeux d’ombres, la façon dont il filme ses comédiens, la ville, ses rues, ses cabarets, ses concerts. Le film de ce côté-là est un petit bijou, parfait à regarder, qui en plus de ça, est bercé par une BO signée Elmer Bernstein qui conclue de donner un charme dingue au film.

Mais voilà, malgré tout ça, finalement, « Le grand chantage » est un film qui n’a pas réussi à me cueillir. L’intrigue est pourtant intéressante sur le fond, il y a du cynisme, des calculs et l’univers est impitoyable et pourtant, l’ensemble est lourd et ça traîne en longueur. Cette intrigue intéressante d’un côté, n’arrive pourtant pas vraiment à embarquer dans ses sillons son spectateur. En fait, on a la désagréable sensation que le film ne démarre jamais vraiment. Plusieurs fois, on sent qu’il va enfin partir, il va enfin nous embarquer et puis ça retombe dans des dialogues, des embrouilles, des calculs et rien n’y fait, Alexander MacKendrick tient son film comme ça tout long.

Malgré donc d’énormes qualités, finalement, on quitte ce « … grand chantage » avec des frustrations et des déceptions. Heureusement, même si Alexander MacKendrick a eu du mal à me cueillir, il reste Tony Curtis et Burt Lancaster qui crèvent l’écran. Si on ajoute à cela le charme fou que le film tient, « Le grand chantage« , même s’il véhicule des déceptions, mérite son coup d’œil et finalement, malgré tout, entre ses acteurs et son ambiance, je ne regrette pas de m’y être arrêté.

Note : 11/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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