octobre 31, 2020

Basketball Diaries

De : Scott Kalvert

Avec Leonardo DiCaprio, Lorraine Bracco, Mark Wahlberg, Ernie Hudson

Année : 1998

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Biopic

Résumé :

Quatre copains dissipés d’une école catholique de New York ont une passion en commun : le basket. Lorsque Bobby meurt d’une leucémie, Jim et ses copains sont confrontés à la dure réalité de la vie qui leur apparaît de plus en plus absurde. Jim se confie à son journal intime, mais l’écriture ne l’empêche pas de se droguer. Sa mère finit par le mettre à la porte. Il continue d’écrire, mais les pensées qu’il consigne dans son journal prennent une tournure surréaliste, témoignant au quotidien de sa descente aux enfers.

Avis :

Scott Kalvert est un réalisateur américain qui eut une carrière éclair dans le cinéma, puisqu’il n’a réalisé que deux films. Son premier est celui sur lequel on s’arrête aujourd’hui et le second est « Les voyous de Brooklyn« , film sorti en 2002 avec notamment Brad Renfro, Stephen Dorff, Fairuza Balk, Norman Reedus, Frankie Muniz ou encore Drea De Matteo. Si le cinéma fut un aparté dans sa carrière, Scott Kalvert est plus que reconnu dans l’univers du clip vidéo, où il a tourné énormément de clips pour de très grands artistes.

Après plus de dix ans dans l’univers du clip, Scott Kalvert a voulu trouver une légitimité en tant que réalisateur en passant au cinéma et pour son premier long, le metteur va frapper fort avec « The Basketball Diaries » qui deviendra un petit film culte, tenu par un casting assez affolant. Si le film en lui-même n’a rien d’extraordinaire en soi, si Scott Kalvert ne réalise pas un film aussi marquant et imprégné de cinéma qu’un « Requiem For A Dream » ou un « Trainspotting« , cela ne l’empêche pas de nous emporter au plus près de son personnage et surtout de nous toucher avec cette descente en enfer totale.

Jim, Mickey, Pedro et Neutron sont quatre amis qui ont en commun une passion pour le basket. Jeunes plein de vie et d’envie, les quatre amis s’amusent et profitent de la vie, entre les matchs, les filles et la défonce. Quand l’un de leur ami, Bobby, meurt d’une leucémie, les quatre adolescents ne vont plus voir la vie de la même manière et pour certains d’entre eux, c’est le début d’une longue et terrible descente en enfer.

Légende new-yorkaise, Jim Carroll est un poète, romancier et musicien. Adolescent, l’homme s’est laissé totalement plonger dans l’héroïne. Tenant un journal intime, une fois sorti de la drogue, Jim Carroll va le faire publier quelques années plus tard, et c’est ce journal intime, « The Basketball Diaries« , que va adapter Scott Kalvert pour son premier film.

« The Basketball Diaries« , c’est une plongée dans le New York des années 60, auprès d’adolescents qui avaient tout pour réussir et qui se sont laissé emporter par eux-mêmes. Si l’on regarde bien « The Basketball Diaries« , c’est un film qui n’a rien de vraiment incroyable. C’est un film qui demeure très classique et déjà vu. On connaît ce genre de film, que ce soit tiré ou non d’une histoire vraie, le cinéma et la télévision ont presque usé les ficelles à force de raconter des destins brisés. Pourtant, malgré ce côté « on connaît par cœur », « The Basketball Diaries » demeure un bon film. Un bon film porté par un casting en or certes, mais aussi un bon film qui décrit bien la frontière fragile entre la défonce pour s’amuser et le piège de l’addiction.

Très classique, le scénario écrit en grande partie par Jim Carroll lui-même, est bon. Scott Kalvert décrit très bien cette époque, ce groupe de mecs, ces jeunes qui s’amusent, qui profitent de la vie, mais qui sont aussi fragiles. Posant évidemment Jim Carroll comme narrateur, « The Basketball Diaries » nous entraîne au plus près des émotions et des perditions du jeune homme qui se laisse peu à peu entraîner par lui-même. Si parfois le scénario manque de justesse, notamment dans le temps qui passe, ou encore dans l’addiction éclair de son personnage, ces petits détails sont relayés en arrière-plan face au récit émotionnel de son personnage, face à l’ambiance souvent dérangeante que peut adopter le film et surtout face à l’interprétation impeccable de ses acteurs. Scott Kalvert et Jim Carroll ont très bien travaillé sur le portrait de leur personnage qui est très attachant. Ce qui est bien aussi avec ce film et ce qu’il nous raconte, c’est qu’il ne fait pas de leçon de morale ou de grands discours. Non, il nous présente ses personnages, avec leurs qualités, leurs défauts et leurs faiblesses et il les emmène jusqu’au bout de leur histoire et il nous laisse juge de ce qui leur arrive et c’est un choix intéressant, qui le fait se démarquer un peu plus des vulgaires téléfilms qu’on a déjà bien trop vu.

« The Basketball Diaries« , c’est une jolie mise en scène de la part de Scott Kalvert qui livre-là un film assez riche et dense. Alors certes, comme je le disais, ça manque d’impact, et bien souvent, le film se démarque grâce à son casting, mais force aussi de constater que le réalisateur décrit très bien les émotions, tout comme il gère bien l’ambiance de son film et l’évolution de cette dernière. « The Basketball Diaries » sait être lumineux quand il faut et sombre, voire dérangeant, à d’autres moments et surtout, il n’en fait jamais trop, même quand l’intrigue se fait plus dure.

Enfin, si « The Basketball Diaries » s’est aussi imposé comme un petit objet culte, c’est parce qu’on y trouve Leonardo Dicaprio juste après le phénomène « Titanic« . Le film arriva, du moins chez nous, quelques semaines seulement après sa grande révélation et si les curiosités sont peut-être parties de là, il faut dire que Dicaprio livre une prestation impressionnante en jeune drogué qui sombre petit à petit. Pour lui tenir compagnie, on pourra aussi compter sur Mark Wahlberg, James Madio, Lorraine Bracco, Juliette Lewis, Ernie Hudson ou encore Patrick McCaw et Bruno Kirby. Bref, Scott Kalvert a réussi un très bon casting, et tous donnent un joli relief à « The Basketball Diaries« .

Pour son premier film, Scott Kalvert fait simple mais très efficace. Intéressant, prenant, poignant même, beau et intense, « The Basketball Diaries » est un bon film. Un film imparfait certes, mais qui a l’intelligence de ne pas trop en faire, qui nous attache vite à ses personnages, et qui nous offre autant de lumineux dans sa première partie, qu’il nous entraîne parfaitement dans cette vertigineuse descente aux enfers.

Note : 15/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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