Beetlejuice

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Titre Original: Beetle Juice

De : Tim Burton

Avec Alec Baldwin, Geena Davis, Michael Keaton, Winona Ryder

Année : 1988

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantastique, Comédie

Résumé :

Pour avoir voulu sauver un chien, Adam et Barbara Maitland passent tout de go dans l’autre monde. Peu après, occupants invisibles de leur antique demeure ils la voient envahie par une riche et bruyante famille new-yorkaise. Rien à redire jusqu’au jour où cette honorable famille entreprend de donner un cachet plus urbain à la vieille demeure. Adam et Barbara, scandalisés, décident de déloger les intrus. Mais leurs classiques fantômes et autres sortilèges ne font aucun effet. C’est alors qu’ils font appel à un « bio-exorciste » freelance connu sous le sobriquet de Beetlejuice.

Avis :

J’ai pour habitude de dire que je n’aime Tim Burton. En effet, à chaque fois que j’ai vu l’un de ses films, ou je ne suis ennuyé, ou la magie n’a pas opéré, ou bien j’ai trouvé l’histoire trop superficielle. Je me dis que je n’ai peut-être pas vu les meilleurs films du réalisateur, et que ses derniers métrages, étant des films de commande sont forcément moins bons. C’est donc en regardant les premiers films des réalisateurs que l’on retrouve leur essence,  comme pour Peter Jackson avec Braindead ou encore Bad Taste. C’est donc logiquement que je me suis tourné vers Beetlejuice, l’un des films phares de Tim Burton aux côtés d’Edward aux mains d’Argent et de l’Etrange Noël de Monsieur Jack. Alors ai-je succombé au charme des films de Burton ? La magie a-t-elle fait son office ? Le bio-exorcisme a-t-il été efficace sur ma personne ? Pour avoir la réponse, il va falloir lire la suite !

Comme dans tous les films de Tim Burton, le scénario part d’un fait fantastique assez bénin. Ici, nous allons voir un jeune couple dans une grande maison. Alors que tout semble aller pour le mieux, le couple meurt dans un accident de voiture en voulant éviter un chien. Ils se rendent alors compte qu’ils sont devenus des fantômes et qu’ils vont rester dans leur maison durant 125 ans. Tout va pour le mieux jusqu’au moment où la maison est rachetée par un couple très désagréable de la ville et leur fille gothique qui s’aperçoit qu’il y a des fantômes dans le grenier. Les fantômes vont alors tout faire pour faire fuir les nouveaux habitants, en allant jusqu’à invoquer un bio-exorciste qui répond au doux nom de Beetlejuice. Le cauchemar commence alors pour tout le monde. C’est dans ce climat fantastique, propice à des films d’horreur que Burton va proposer une vision tout autre, loufoque et parfois assez gore. Mais c’est aussi cette histoire qui me gonfle un petit peu. L’histoire en elle-même ne dénonce rien et ne fait pas réfléchir, même pas à la vie après la mort. Et c’est toujours un peu ce que je reproche à ce réalisateur, qui raconte une histoire sans chercher plus loin. Alors il y a peut-être le malaise de la gamine, qui est très sombre au départ, puis qui devient lumineuse sur la fin, mais tout cela reste assez secondaire et n’est pas le premier propos et cela me gêne. Néanmoins, on peut féliciter le parti pris du réalisateur, qui prend le côté horrifique du scénario pour le détourner en comédie loufoque et bien barré. C’est d’ailleurs cela qui marche le mieux, surtout avec le monde des morts, où l’on croise des morts complètement barjots, avec notamment la tête réduite ou encore le mec qui est mort écrasé. Bien entendu, Beetlejuice est pour beaucoup dans le succès du film, avec une répartie à toute épreuve et un look absolument improbable. On peut aussi parler de l’ambiance qui se dégage du film de Burton. Comme dans tous ses premiers métrages, loin des cloches hollywoodiennes, on ressent une patte Burton, on voit qu’il fait ce qu’il veut et qu’il impose une image et un univers unique dans le cinéma. Alors, si cela ne marche par forcément sur moi, je sui bien obligé de dire que c’est novateur, frais et que cela donne un certain cachet au film. Ainsi, le monde des morts demeure presque sympathique, mais le monde en dehors de la maison des victimes est beaucoup moins attrayant, avec son ver des sables vorace. Prenant un aspect gothico-burlesque, le film s’appuie beaucoup sur une image loufoque et des décors improbables, même parmi les vivants, en atteste la baraque et la décoration intérieur.

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Viens dans mes bras poulette !!!!

L’autre point fort du film, hormis son ambiance et ses décors, c’est le casting. En effet, le réalisateur sait s’entourer des meilleurs et il le prouve une fois de plus avec Beetlejuice. On retiendra bien entendu la performance incroyable de Michael Keaton en Beetlejuice. Méconnaissable, mais surtout absolument génial dans la peau du bio-exorciste, il incarne le parfait méchant vulgaire et pourtant nécessaire. En totale roue libre sur les passages où il faut ouvrir sa gueule, il demeure l’un des plus grands personnages du cinéma fantastique. Mais il faut aussi retenir l’incroyable talent de la jeune (à l’époque) Winona Ryder. Dans un look gothique et avec une peau blême, elle incarne à la perfection la jeune fille qui a des problèmes identitaires et qui se sent vivre pour la première fois au travers des fantômes. Elle livre une prestation sans faille et demeure très attachante. On pensera bien entendu à Catherine O’Hara, la mère de Macauley Culkin dans Maman J’ai Raté l’Avion, qui joue ici une femme abominable que l’on adorera détester. Mais bien entendu, le couple Geena Davis/Alec Baldwin fonctionne à merveille et on va très vite se prendre d’affection pour ce petit couple tout simple qui va vivre une drôle d’aventure. Bref, au niveau du casting, c’est plutôt bon, même très bon. Mais là où l’on voit que le film a pris un coup de vieux, c’est sur les effets spéciaux. Alors il est évident que cela a un aspect cartoon indéniable et que cela donne un certain cachet au film. Mais il faut tout de même avouer que cela fait bizarre de voir ce ver des sables en pâte en modeler, ou encore lorsque Beetlejuice à la tête qui rétrécit. Ceci étant dit, certains passages sont assez savoureux, comme le cou de Junon lorsqu’elle fume ou encore l’homme écrasé. Les incrustations restent un peu limites, tout comme certains personnages immobiles et où l’on voit que ce sont vraiment des mannequins. Mais bon cela reste dans l’univers Burton et il faut y adhérer.

Au final, Beetlejuice reste un film sympathique, mais ce n’est pas la claque à laquelle je m’attendais. On est dans du Tim Burton bien avant sa période films de commande et c’est plutôt bien, et cela se voit, mais il reste un réalisateur à l’univers très riche et aux délires visuels un peu trop loufoques pour moi. De plus, j’aime quand les films font réfléchir, posent un problème et Beetlejuice, c’est juste une histoire sans rien derrière, et je trouve cela un peu dommage. Bref, un film intéressant mais pas forcément inoubliable pour moi.

Note : 13/20

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