septembre 24, 2020

Eco in the Light – Disonante

Avis :

Le rock progressif est un genre très complexe à appréhender si on est un profane. Entre des titres longs qui s’éloignent volontairement des carcans radiophoniques, des plages instrumentales parfois tordues et des structures de titres qui cherchent toujours à pousser la technique le plus loin possible, on fait face à un genre particulier et auquel il faut accrocher. Et rajouter une langue qui n’est pas forcément commune au rock ou au métal, comme l’espagnol, puisqu’on ne va pas se le cacher, s’il existe des groupes de rock prog dans tous les pays du monde, l’anglais prédomine largement, on obtient quelque chose qui peut rebuter le tout-venant. Eco in the Light est un groupe mexicain dont même internet laisse filtrer peu de choses. Quand on effectue des recherches, on va voir que Disonante, qui nous préoccupe aujourd’hui, est le seul album du groupe et que pour trouver des informations, il faut se lever tôt. Rien sur Spotify hormis cet album, pas de compte sur les réseaux sociaux, pas de bio où que ce soit. C’est presque à croire que le groupe n’existe pas et que cet album, sur lequel je suis tombé par hasard, n’est qu’un être fantomatique, résidu d’un passé peu glorieux. Oui, peu glorieux car on va aller directement à l’essentiel, ce n’est pas terrible.

On va tenter de découper cette chronique en deux parties distinctes. La première va parler de l’aspect musical de l’album, dans sa globalité. Du sentiment qu’il laisse et des bons côtés que l’on peut ressentir. Quant à la seconde partie, elle va concerner le chant, LE gros point faible de cet effort, mais aussi sa redondance et son ennui insidieux. Mais commençons tout d’abord pour les points positifs. A la première écoute, l’album passe plutôt bien. Le groupe commence avec le titre éponyme de l’album, c’est plutôt doux, aérien, il y a de la guitare, du clavier, on n’est pas vraiment dans du rock, mais dans une sorte de Synthwave pas désagréable, mais qui ne marque pas les esprits. Mais qu’importe, on se laisse bercer et Caïda Libre qui arrive juste après pourra confirmer cette sensation de plénitude qui règne au sein de l’album. C’est un peu plus rapide, c’est plus court, mais ça reste franchement sympathique, notamment dans cette envie de partir vers quelque chose de léger et qui invite au voyage. Parmi les titres du même acabit, on peut citer Cortando Flores, qui laisse une énorme part au clavier, ou encore Triangulo et ses quelques influences un peu dark. Mais le groupe essaye aussi parfois d’aller vers quelque chose d’un peu plus rock, d’un peu plus percutant, comme sur Trauma ou Tu Dios, et même si on sent bien les faiblesses du groupe, ça bouge un peu plus et démontre un peu de variation.

Mais les variations, c’est bel et bien ce qu’il va manquer à l’album et au groupe pour vraiment nous convaincre. Au bout de plusieurs écoutes, on se rend compte que l’on n’écoute plus vraiment l’album, qu’il défile sans laisser un sentiment quelconque en nous. Il est peu marquant car il est redondant, il crée un ennui poli et aucun morceau ne reste vraiment en tête. Il manque une identité au groupe et surtout une production digne de ce nom. Là, on a la sensation que ça se répète beaucoup, que ça fait des rajouts sonores sur certains morceaux pour se donner un air progressif alors que le groupe n’a pas vraiment besoin de ça. Pour en revenir à Tu Dios, le titre supporte suffisamment ses changements de rythmes, il n’y avait pas besoin de rajouter des bruitages électro pour complexifier inutilement le titre. Mais l’autre point très négatif de cet album, c’est finalement la voix du chanteur. Avec des élans aériens et une certaine plénitude dans les mélodies, on se fait constamment agresser par le chant faux du frontman. Sa voix ne colle pas du tout avec l’ambiance générale qui se dégage de l’album et il vient parfois casser notre rêverie, participant de ce fait à nous faire sortir du concept, de cet album à la fois si étrange et si répétitif. Déjà que l’espagnol n’est pas forcément une langue très rock, là, elle ne colle pas du tout et c’est un gros point noir.

Au final, Disonante, le seul et unique album d’Eco in the Light, groupe mexicain de rock prog et ambiant, est une petite déception même si on n’en attendait rien. Entre des rythmiques récurrentes, une voix qui ne colle pas à l’ambiance globale du truc et un manque flagrant d’identité, la formation se perd et livre un album qui ne fait pas rêver et qui ne participe que partiellement à un voyage interne. Dommage, on sent que la technique est là, mais l’ensemble manque de cohérence et d’une production digne de ce nom. Pour l’instant, pour faire un mauvais jeu de mots, le groupe ne fait pas écho.

  • Disonante
  • Caïda Libre
  • Trauma
  • Cortando Flores
  • Decir Si
  • Tu Dios feat José Grun
  • Triangulo
  • El Teatro
  • Sistema Solar
  • Napalm

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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