The Hu – The Gereg

Avis :

Si on pourrait croire que la musique métal trouve ses racines dans les pays scandinaves ou les pays anglo-saxons, force est de reconnaître qu’aujourd’hui, tous les pays possèdent des groupes qui font de ce genre de musique. Que ce soit l’Amérique du Sud ou encore les pays du Proche-Orient, le métal traverse les frontières, les religions et les a priori. Et si on galère encore à trouver des groupes de métal dans des pays d’Afrique Noire (mais ça doit forcément exister) c’est du côté de la Mongolie qu’il va falloir se pencher pour trouver un tout nouveau phénomène en la présence de The Hu. Fondé en 2016 à Oulan-Bator, le groupe va s’amuser à mélanger leur folklore avec des élans de Heavy Métal pour offrir quelque chose d’inédit et qui va rapidement plaire. Mais difficile de trouver de la notoriété quand on habite la Mongolie et que les maisons de disques ne se bousculent pas dans ce pays. C’est grâce à Youtube que le quatuor va connaître le succès et pouvoir ainsi signer avec un label (Better Noise Music) pour balancer The Gereg en 2019. Un premier album audacieux car il utilise tous les instruments du folklore mongol, mais surtout, il possède des moments en khöömii, ce chant guttural caractéristique du pays qui donne un certain cachet au groupe. Mais est-ce vraiment si bien que ça The Hu ?

Car si on outrepasse l’aspect étonnant des origines du groupe, on peut se demander si ce Folk Métal n’est pas un peu  trop lent, n’est pas un peu trop difficile d’accès. Car le début de l’album est assez déroutant. The Gereg débute avec des instruments folkloriques et ce chant de gorge qui va au rythme de la mélodie et on se retrouve face à quelque chose d’inédit et de très surprenant, dans le bon sens. Néanmoins, si on s’attend à trouver du Métal, on sera vite désappointé, puisque le morceau est assez lent et ne possède qu’un semblant d’ambiance un peu lourde. Si le pari est osé, on sent quand même que ça manque de dynamisme, de pêche. Wolf Totem va changer un peu la donne, arpentant toujours le chemin du Folk mongol, mais en peaufinant clairement son atmosphère runique et éthérée. Le titre est un peu plus nerveux et plus complexe dans sa construction, pouvant même rappeler des mélodies amérindiennes. Reste toujours ce chant si atypique et qui confère une certaine force au morceau. Ce qu’il faut savoir quand on s’attaque à The Hu, c’est que l’on n’aura pas de métal à proprement parlé. The Great Chinggis Khaan est là pour en attester. L’aspect métal sera dans la démarche, dans le style, mais pas dans la nervosité de la musique. Derrière ce titre se cache une certaine attitude assez sombre et guerrière, une certaine lourdeur se dégage de l’ensemble, une puissance sourde, et c’est bien là-dessus que le groupe marque des points, avec ce titre qui manque crescendo et s’appuie sur un refrain bien lourd. On ne pourra pas en dire autant de The Legend of Mother Swan, un titre tout doux, qui respire les grandes plaines venteuses de Mongolie mais qui manque de nervosité et d’énergie.

Alors on pourrait penser que le groupe cartonne grâce à sa langue et son aspect scénique remarquable, plus quelques mélodies folk sympathiques, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Si on peut passer à côté de certains titres, The Same en est un exemple flagrant, d’autres sont beaucoup plus puissants et surtout, fédérateurs. Shoog Shoog est un vrai morceau qui va faire bouger les foules et qui donne envie de lever les bras en l’air en rythme. Titre répété jusqu’à la lie et facile à retenir, ligne de basse qui donne le ton, mélodie assez rapide et bien accrocheuse, couplets en rythme, bref, on navigue sur un titre d’une rare efficacité et qui pourtant ne renie pas son style. Les instruments folk sont toujours utilisés, la langue ne change pas d’un iota et on sera bien surpris par un tel morceau, peut-être moins envoûtant mais beaucoup plus entrainant. Dans le même style, difficile de passer à côté de Yuve Yuve Yu, dont le départ pourrait presque faire penser à un bon vieux Hard Rock Country des familles. Terriblement efficace du début à la fin, le groupe semble prendre un malin plaisir à faire bouger les foules en gardant toujours ce style si particulier, même si on aurait voulu plus de cris, plus de patates dans les tympans. Pour les deux derniers morceaux, on retrouve les rythmiques du début, avec des morceaux qui lorgnent plus vers l’ambiance et qui manque de moments réellement marquants. C’est toujours bien foutu, mais ça reste un peu trop gentillet.

Au final, The Gereg, le premier album de The Hu, groupe de Folk Métal mongolien, est une petite réussite mais qui ne mérite pas vraiment toutes les louanges dithyrambiques que l’on peut voir fleurir un peu partout (à mon sens, bien évidemment). Le folk est bien présent, peut-être même un peu trop, délaissant l’aspect métal qui n’arrive que tardivement et en arrière-plan. Alors oui, il faut encourager ce genre de groupes, ce style si différent et si riche, mais il faut aussi faire parfois attention à ne pas tomber dans la surenchère d’éloges, au risque de décevoir, comme ce fut mon cas. De toute façon, le groupe est bien parti pour durer vu son succès et ils ont même repris leur morceau Song of Women avec Lzzy Hale, la chanteuse charismatique de Halestorm.

  • The Gereg
  • Wolf Totem
  • The Great Chinggis Khaan
  • The Legend of Mother Swan
  • Shoog Shoog
  • The Same
  • Yuve Yuve Yu
  • Shireg Shireg
  • Song of Women

Note : 14/20 

Par AqME

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