novembre 30, 2020

Nightwish – Human. :II: Nature.

Avis :

Dans le domaine du Métal Symphonique, Nightwish tient une place de leader qui semble indétrônable. Fer de lance du genre, ou tout du moins ayant réussi à populariser le genre dans le monde entier, Nightwish, c’est pas moins de neuf albums et des changements de line-up qui font faire jaser. Porté au départ par Tarja Turunen et sa sublime voix, son remplacement fut très douloureux et de nombreux fans ne trouvèrent plus leur compte avec Nightwish. Et si la période Anette Olson ne fut pas la plus prolifique pour le groupe, elle fut quand même assez prolifique, avec notamment Imaginaerum qui fut décliné en trois concepts et qui reste un projet ambitieux et relativement dense. Depuis le précédent album, Endless Forms Most Beautiful, le groupe a accueilli en son sein Floor Jansen qui possède une belle voix mais qui reste assez calibré et qui n’a pas la brillance de Tarja, partie sur d’autres projets dont une carrière solo plus que convaincante. Cependant, Nightwish continue son petit bonhomme de chemin et revient cette année avec un nouvel album concept, Human. :II : Nature., dont le premier segment traite de l’humain de façon conventionnelle et le second segment est quasiment exclusivement instrumental et propose d’écouter la nature. Encore un projet ambitieux et risqué pour ce grand groupe qui, finalement, se perd dans ses intentions et en oublie la densité du mot Métal dans son style.

Le skeud débute avec Music, un long morceau qui tape dans les plus de sept minutes, mais qui peut se voir comme une longue introduction qui mange presque la moitié du titre. Le départ nous met dans une ambiance éthérée, onirique avant de lâcher quelques rythmiques tribales et d’accélérer un peu la cadence. On sent le rapprochement à la nature et une volonté d’impliquer celui qui écoute dans un univers naturel. Par la suite, on va retrouver du Nightwish pur jus, sans surprise, avec une chanteuse à forte puissance vocale, quelques riffs gentils et surtout des chœurs qui vont renforcer le côté lyrique. Le solo de gratte est plutôt convenable même s’il manque d’originalité et globalement, on reste assez satisfait de ce titre, même s’il reste très calibré pour qui est habitué au groupe. Noise sera un peu plus intéressant dans son style. Plus nerveux, plus rapide, plus virulent sur les riffs, on retrouve une fougue et une énergie qui manquaient clairement au titre précédent. Critiquant les nouvelles technologies et notre addiction aux réseaux sociaux et à notre image, le groupe se fait plaisir et offre un très bon morceau qui fera partie des meilleurs de l’album. Et à quelque part, c’est presque triste de dire ça, car ce n’est pas non plus incroyable. On a connu Nightwish dans de meilleures dispositions. Cependant, parmi les titres les plus intéressants, on peut aussi citer Tribal, qui intervient vers la fin de l’album, qui alterne de façon idéale des rythmes tribaux et des riffs relativement violents pour donner un regain d’énergie à un album qui en manque cruellement.

Car oui, Human. :II : Nature. n’est pas un album qui restera en mémoire, la faute à des titres un peu mou du genou et surtout à des compositions qui manquent d’inspiration et d’envie d’en découdre. Quand on regarde la playlist, on se rend compte que, malgré plusieurs écoutes, certains titres ne laissent aucune trace parce qu’ils ne sont pas suffisamment marquants. Shoemaker par exemple est d’une lenteur insupportable et ne possède rien de bien impactant. A un tel point qu’il faut remettre la piste pour se dire qu’en fait, on l’avait déjà écouté, mais aussi vite oublié. Pourtant, le titre dépasse les cinq minutes… Il en va de même avec des morceaux comme Procession, qui en plus de ça oublie l’utilisation de quelques instruments folk pour rajouter une touche d’épique à l’ensemble et préfère utiliser des sonorités électro du plus mauvais goût. Endlessness est aussi une conclusion usée jusqu’à la corde, où le groupe laisse le chant à Marco Hietala et il ne possède pas forcément une voix qui reste dans les esprits. Il chante juste, mais on sent qu’il est largement limité dans cet exercice. Et dans tout ça, il reste alors Pan, Harvest et How’s the Heart ?, trois titres sympathiques au demeurant, mais qui n’ont pas l’aura des morceaux d’antan et auxquels on a la sensation qu’il manque cruellement quelque chose. C’est bien, mais ça reste conventionnel. Quant au deuxième segment, qui dure une petite demi-heure et qui ne contient que des titres instrumentaux (enfin, presque), c’est mignon tout plein, mais ça tient plus de l’OST que d’un vrai second segment.

Au final, Human. :II : Nature., le dernier album de Nightwish, n’est clairement pas le meilleur du groupe, et il pourrait même s’apparenter comme l’un des moins intéressants. S’il est loin d’être mauvais, il n’y a rien de vraiment marquant là-dedans et on sent que le groupe se repose un peu sur ses lauriers, sur ses acquis et ne prend finalement aucun risque, pas même celui de faire plus épique et grandiloquent qu’à l’accoutumée. Bref, cinq ans n’auront pas suffi au groupe pour livrer une galette digne de ce nom et on se contente un peu des miettes, qui ont bon goût, mais dont on a du mal à se rassasier avec.

CD 1

  • Music
  • Noise
  • Shoemaker
  • Harvest
  • Pan
  • How’s the Heart ?
  • Procession
  • Tribal
  • Endlessness

CD 2 – All the Works of Nature Which Adorn the World

  • Vista
  • The Blue
  • The Green
  • Moors
  • Aurorae
  • Quiet as the Snow
  • Anthropocene (including “Hurrian Hymn to Nikkal”)
  • Ad Astra

Note: 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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