octobre 24, 2020

L’An 2100 – Défi Kombe Ndjondo et Exousia Mpembele

Auteurs : Défi Kombe Ndjondo et Exousia Mpembele

Editeur : Auto-Edition

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Dans un univers futuriste, l’intelligence artificielle (I.A) a atteint son apogée. La COMPAGNIE, une société des nouvelles technologies a réussi l’exploit de concevoir des robots humanoïdes dotés d’une conscience et le monde se trouve beaucoup changé. Jusqu’où peut aller cette relation Homme & machine ?

Avis :

L’an 2100, une nouvelle de science-fiction, écrite conjointement par Défi KOMBE NDJONDO et Exousia MPEMBELE, nous transporte un futur encore proche, où l’intelligence artificielle peut réellement interagir avec l’être humain. Appelées IA fortes, ces machines futuristes possèdent une conscience, savent différencier les notions de bien et de mal, et sont utilisées par la population de bien des moyens : ami, protecteur, agents industriels de qualité, policiers, conducteurs, etc. L’humanité du futur semble reposer complètement sur cette technologie, jusqu’à en oublier comment agir par elle-même ou que cette dernière, qui reste produit de l’Homme, ne peut être protégée contre tous les actes de malveillance du monde.

Bien que notre société ait grandement évolué, les humains nous paraissent cependant identiques. Dans les passages décrivant des anecdotes s’attachant à quelques personnages secondaires, on y retrouve cette recherche d’identité, cette aversion pour les patrons et les journées de travail, cet individualisme grandissant, une jalousie marquée par les écarts sociaux, d’argent, et le besoin de se dédouaner, de faire en sorte que la faute soit portée par les machines, ou par les autres. L’an 2100, dans ses diverses descriptions, qu’elles soient sur le système, la vie quotidienne ou l’état d’esprit, ne nous apparaît ainsi pas si différent de notre présent, surtout si nous lui enlevons ses robots experts. Le parti-pris reste intéressant, facilement imaginable par le lecteur, qui se focalise ainsi seulement sur les ajouts machinistes.

L’an 2100 nous conte l’histoire de Shana, une jeune femme que l’enfance n’a pas gâtée. Des parents qui ne s’aiment pas, des amis qui ne l’entourent pas… La jeune femme se sent seule avant qu’un petit miracle ne vienne combler ce vide : Arthur, un robot intelligent, doué de conscience et de jugement moral, deviendra son nouvel allié. Shana s’y attache et cette relation étrange ne plait pas à son entourage. Shana ne se laisse pas faire. On apprécie rapidement ce caractère libre, et cette bonne humeur qui se dégage d’elle. Shana nous ressemble énormément, ce qui nous aide à la comprendre presqu’instantanément, sans qu’il n’y ait besoin de paragraphes descriptifs, souvent ennuyeux. La nouvelle la détaille dans l’action, ce qui s’avère une bonne idée.

La chute de la nouvelle, point d’importance pour ce genre, est indubitablement réussie. Le lecteur y est amené doucement, via un passage déroutant, qui nous transporte dans un tout autre environnement. Tout ce qui a été lu plus tôt se voit remis en question de manière intelligente, perturbant le lecteur attentif, pris au piège par ses propres perceptions du texte. L’an 2100 se joue bien de nous, laissant néanmoins une impression agréable en fin de lecture, notamment pour les lecteurs qui aiment qu’on les surprenne.

L’écriture à double-main ne se remarque pas. Les styles des deux auteurs se complètent de manière lisse. Quelques maladresses auraient pu être évitées, de sorte que certaines phrases se lisent avec plus de fluidité. Cependant, l’écriture constitue un élément efficace, incisif, qui nous transporte directement dans l’action. Les dialogues constituent la force de ce récit, de par le fait qu’ils dégagent nombre d’émotions, qu’ils touchent ou troublent. Les mots choisis s’avèrent précis, les expressions bien imagées et les répercussions envoûtantes. Dans le tribunal, par exemple, on s’y croirait vraiment !

L’an 2100 nous permet en effet de réfléchir sur l’usage massif de la technologie et de ses conséquences néfastes. Les cas juridiques également cités apportent du grain à moudre. La nouvelle essaie de redéfinir les termes de conscience et moralité, des principes qui ne trouvent pas forcément qu’une définition unique parmi les chercheurs d’aujourd’hui. Le sujet de l’intelligence artificielle ne cesse de faire fantasmer, ici à travers la figure d’Arthur. Bien que le sujet ne soit pas spécialement original, comme son traitement (l’élément perturbateur est d’ailleurs plutôt attendu), on s’attache aux personnages, Shana et Arthur, et à ce qu’ils représentent.

L’an 2100 se résume en une lecture agréable, quoique perturbante et sans originalité majeure, qui nous questionne sur le futur de l’humanité, et qui nous parle d’amour entre deux individus que tout oppose, si ce ne sont leurs sentiments. Le message final perd de son positivisme à ce propos, lorsque la chute se montre, donnant à ce texte une atmosphère grise bienvenue.

L’an 2100 est un texte à deux états, deux ambiances qui se mélangent pour nous dépeindre les inquiétudes et espérances des auteurs quant aux ères nouvelles qui nous tendent les bras.

Note : 16,5/20

Par Lildrille

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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