décembre 5, 2020

OVNI – Sur la Piste des Extraterrestres

Titre Original : UFO

De : Ryan Eslinger

Avec Alex Sharp, Ella Purnell, Gillian Anderson, David Strathairn

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction

Résumé :

Après avoir vu un OVNI, un étudiant utilise ses talents en mathématiques pour en savoir plus, en compagnie de ses amis. Parallèlement, le FBI suit cela de près.

Avis :

Il y a trois questions qui turlupinent la tête de l’être humain. Ces trois questions sont : Dieu existe-t-il ? Qu’y-a-t-il après la mort ? Sommes-nous seuls dans l’univers ? Ces trois questions, dont on ne connait évidemment pas les réponses (et il y a de fortes chances pour que l’on n’y réponde jamais), sont obsessionnelles pour certaines personnes, au point d’en faire des films ou des romans de fiction. Pour la mort, on peut parler de L’Expérience Interdite ou encore du Projet Lazarus, et pour Dieu, le sujet étant plus délicat, on peut y voir quelques intrusions dans le roman Little Heaven de Nick Cutter. Mais s’il y a bien une question parmi les trois qui trouve des films et romans, c’est bien la possibilité d’une vie extraterrestre. Si l’on met de côté les films catastrophes et ceux qui narrent une vilaine invasion destructives, on se retrouve parfois avec des films qui se veulent scientifiques, tout en essayant d’apporter un élément de réponse sur cette question presque fondamentale. C’est ce que ce propose de faire Ryan Eslinger avec OVNI – Sur la Piste des Extraterrestres, un tout petit film de SF à tendance thriller qui lorgne grandement vers du David Fincher sans jamais en avoir la grandeur. Pour autant, le film est loin d’être mauvais.

Plusieurs témoins dans un aéroport affirme avoir vu un ovni dans le ciel durant quelques secondes. Alors que les autorités étouffent l’affaire en disant que c’était un avion de l’armée, un jeune étudiante en mathématiques récupère les bandes sons et découvre une sorte de code à déchiffrer. Obnubilé par cette découverte et voulant à tout prix trouver une réponse à cette énigme qui le touche de près par rapport à son enfance, il va se faire poursuivre par les autorités et plus ou moins refouler par ses camarades qui le trouvent un peu trop excité par cette histoire, au point de mettre de côté ses études. En partant d’un récit tout simple, Ryan Eslinger va tenter de tisser une intrigue qui repousse un peu plus les limites du film de Hard SF. Je m’explique. Si le scénario, dans son fil rouge est simple, à savoir un étudiant qui va mettre marcher ses neurones pour trouver une réponse à l’une des énigmes humaines les plus grandes qui soit, le cinéaste va pousser très loin ses recherches pour parler très souvent, voire même trop, de formules mathématiques. A un tel point que l’on va vite être largué par tout ce qui est dit et que l’on aura comme d’autres choix que d’accepter ce qui est dit, même si on n’y comprend rien. C’est un peu pénible, car on a la sensation d’être un idiot, et finalement, on se perd très souvent dans des recherches absconses et confuses.

Pour rattraper cela, Ryan Eslinger peaufine sa mise en scène. Une mise en scène qui va voir ses limites, puisque le film possède un tout petit budget. On sent que d’un point de vue technique, on est dans quelque chose d’assez plat, qui use beaucoup des champs/contre-champs et qui ne va pas oser aller dans quelque chose de complexe. Cette sobriété est peut-être même salvatrice, jouant à fond la carte de l’anti-spectaculaire. Le jeune réalisateur semble bien maîtriser son sujet et veut à tout prix éviter de tomber dans la surenchère. Et si cela amène parfois quelques ennuis, il va tenter de faire comme dans The Social Network de David Fincher, jouant avec les formules, essayant de rendre ludique un truc qui, sur le papier, est relativement pénible pour qui ne baigne pas dans les mathématiques. Et en parallèle, on va avoir des relations assez intéressantes entre les protagonistes. Le meilleur ami qui fait toutes les concessions du monde pour que son pote puisse assouvir son obsession, la copine qui essaye de remettre sur les rails le personnage principal mais qui va finalement se rendre compte qu’il est plus toxique qu’autre chose, ou encore la professeure qui croit en cet élève et qui va finalement se révéler très utile pour résoudre cette énigme.

Une énigme constamment relancée par de nouvelles découvertes, ce qui procure au film un semblant de rythme malgré sa platitude. On joue avec les bandes sonores, avec les chiffres, avec la trigonométrie, avec aussi les témoignages des personnes présentes lors de l’apparition de la soucoupe volante. Ryan Eslinger sait que son film risque d’être plat s’il n’insuffle pas de temps à autre des petits pics de curiosité pour relancer son intrigue. Si l’ensemble demeure bien sage et assez attendu, ça a le mérite de ne pas perdre le spectateur dans un faux rythme lénifiant. Néanmoins, on regrettera la fin, qui ne laisse aucune porte ouverte à une possible réflexion. On aura une réponse, qui exprime peut-être le point de vue de l’auteur, mais on aurait peut-être aimé plus d’ambiguïté. Ensuite, malgré sa froideur et son aspect hermétique, le film est porté par des acteurs plutôt sympathiques. Si les grands noms du film sont plutôt anecdotiques comme Gillian Anderson ou David Strathairn, le film se repose énormément sur les épaules d’Alex Sharp, jeune étudiant brillant mais perturbé et obsessionnel dès qu’il y a une intrigue autour de sa passion, les ovnis. L’acteur se donne énormément sur ce film et s’avère relativement empathique, malgré ses relations toxiques avec les autres, se servant constamment de son meilleur ami.

Au final, OVNI – Sur la Piste des Extraterrestres (ce titre est une calamité) est plutôt une bonne surprise. Se voulant volontairement anti-spectaculaire, jouant avec les codes de la Hard-science pour lorgner du côté de David Fincher dans son rythme, le film de Ryan Eslinger se révèle assez efficace dans son genre même s’il comporte quelques défauts, comme une mise en scène trop sobre et des explications mathématiques bien trop complexes pour le commun des mortels. Sans être exceptionnel, on reste dans un DTV tout à fait honorable, plutôt court et finalement intéressant dans son fond.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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