octobre 26, 2020

Romina

De : Diego Cohen

Avec Francisca Lozano, Arantza Ruiz, Oliver Nava, Roberto Beck

Année : 2018

Pays : Mexique

Genre : Horreur

Résumé :

L’escapade camping en pleine nature d’une bande d’adolescents se transforme en terrible cauchemar lors d’une rencontre fortuite avec une de leurs camarades de lycée.

Avis :

Sur Netflix, qui carbure à plein régime au moment où ces lignes sont écrites à cause du confinement, on a à boire et à manger. Si beaucoup s’amusent à dire que c’est de la merde et qu’il n’y a rien de bien à voir sur la plateforme de streaming, c’est totalement faux, puisqu’on y retrouve certains films très intéressants, comme La Plateforme, Le Rituel ou encore Scream et quelques slashers plutôt sympathiques. Le problème, c’est que bien souvent, Netflix rachète des lots de films à des pays étrangers pour sustenter la curiosité de certains amateurs de bizarreries et remplir sa base de données. Et Romina est un peu la face cachée de l’iceberg des films mexicains achetés par le service de streaming, qui distille ces films avec parcimonie, certainement pour cacher la qualité plus que douteuse de tous ces métrages. Parmi les plus récents, on peut retrouver le très mauvais Marque du Diable produit par Eduardo Noriega et qui fracasse à grands coups de marteau le mythe de Cthulhu. Mais ce n’est rien comparé à Romina, réalisé par le même cinéaste, Diego Cohen.

Pour la petite histoire, une bande de six potes s’en va camper autour d’un lac et la nuit venue, ils se sentent épiés. Le lendemain matin, la voiture est fracassée et tout le monde va gentiment se faire dézinguer par une jeune fille du nom de Romina. Ayant tous les traits du slasher bas de gamme, le film de Diego Cohen va tenter, en plus, d’y apporter une vaine dimension psychologique dans son introduction, qui ne servira à rien, mais aussi une petite tendance au Rape and Revenge qui, de toute façon, vu le twist final, n’est qu’une note d’intention dégueulasse envers des personnages qui sont déjà de grosses crapules. D’un point de vue scénaristique, le film est tout simplement une catastrophe. Non seulement il propose une histoire vue et revue avec une tueuse qui prend un malin plaisir à ce qu’elle fait, mais en plus de cela, Diego Cohen n’apporte rien dans la réflexion que cela peut apporter. Le film est creux, vide et ne possède aucun sens. On a droit à 1h10 de pellicule gâchée.

Et si l’écriture globale du film est calamiteuse, ce n’est rien comparé à l’écriture précise des personnages. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a rien de précis sur ces jeunes qui vont faire du camping. Ils possèdent des noms interchangeables, ils ne possèdent aucun fond et pire, ils sont tous insupportables. Il faut bien comprendre qu’il y a deux couples et deux mecs célibataires. Les deux couples ne cessent de se disputer toutes les deux minutes, même pour se passer une bière, et on aura même droit à un personnage féminin détestable, où tout lui est dû et qui ne cessera jamais de se plaindre. Du côté des hommes, il faudra en faire des caisses. Les deux célibataires sont de gros lourdauds qui ne pensent qu’à baiser, faisant même des propositions aux meufs de leur camarade, et l’un d’eux ira jusqu’au viol de la pauvre Romina, qui passera la moitié de son temps à l’écran les nichons à l’air, de façon aguicheuse. En agissant ainsi, Diego Cohen oublie l’empathie nécessaire pour que l’on ressente quelque chose envers les personnages et les potentielles victimes. Vu que tout le monde est détestable et semble aussi se détester, la partie tuerie n’en sera qu’amoindrie, même si elle peut, potentiellement proposer un spectacle gorasse jouissif. Mais là aussi, ce ne sera pas le cas du tout.

Le film fait de grosses promesses en son début. Si on outrepasse le monologue devant la tronche de Romina qui dodeline de la tête lors d’un examen psychologique, on aura droit à un panorama de morts, dont un avec les bijoux de famille éclatés, et on est en droit de se dire que l’on va avoir de quoi se mettre sous la rétine. Alors premier point, il va falloir faire abstraction du fait que tous les cadavres, tous les putains de corps, respirent durant le plan d’exposition. Le type a la tête explosée sous un putain de rocher, et il respire. Un autre mec est attaché à un arbre, avec une fracture ouverte du tibia, la tête en charpie et les couilles écrasées, et il respire ! C’est-à-dire que le réalisateur en a tellement rien à branler de son film, qu’il laisse ses acteurs faire n’importe quoi, même sur un long et lent plan d’exposition. Personne sur ce film ne fait son travail correctement. C’est du foutage de gueule pur et simple. Et alors, les scènes de violence… On va voir une nana qui met des coups de bâton dans un tronc d’arbre, et qui caresse les parties génitales d’un acteur en gros plan, ce qui fait que l’on ne ressent pas les coups. Alors oui, ça déclenche une certaine hilarité, mais ce n’est clairement pas le but du film. C’est triste à dire, mais on est au-delà de l’amateurisme. Certains youtubers font mille fois mieux avec moins de moyen…

Et d’un point de vue technique, c’est lamentable. On sent bien que le budget est tout riquiqui, mais cela n’excuse pas tout. Diego Cohen est un tâcheron et il ne sait absolument pas les codes du cinéma. Prenant ici la place de producteur, directeur de la photo, réalisateur, scénariste et même monteur, il accumule toutes les tares. Et son film en souffre, même s’il n’avait déjà pas besoin de ça. Les scènes de nuit sont sombres, car il n’y a aucun éclairage, ce qui fait que l’on ne voit rien (on se sent un peu comme Gilbert Montagné pour le coup et ce n’est pas très agréable) et la scène finale, où on a droit à un long plan en « travelling » arrière (pour montrer un type qui nage dans le lac, trop badass), est faite avec un objectif qui n’a pas été nettoyé ! On voit les traces de doigts et même un léger décrochage au niveau de la caméra. C’est totalement honteux. C’est-à-dire qu’on arrive à un stade où Netflix nous balance des films non professionnels qui auraient fait les beaux jours d’un marché noir du dvd d’horreur.

Au final, Romina est tout simplement une purge, un pseudo film amateur qui essaye d’attirer le chaland avec des nudes et une promesse de tuerie qui ne viendra jamais. Vide de sens, vide d’intérêt, vide de savoir-faire technique, vide d’acteurs un tant soit peu compétents, le film accumule les tares pour devenir certainement l’une des pires choses disponibles sur Netflix. C’est tellement mauvais, ça pue tellement l’amateurisme que cela en devient presque incroyable de trouver un tel film sur Netflix…

Note : 01/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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Une réflexion sur « Romina »

  1. j’ai enormement ris devant ce chef d’oeuvre
    on dirait un film réalisé/joué par des collégiens.
    rien ne va et au final c’est ca qui est drôle
    dédicace aux doubleurs francais qui n’en n’ont rien eu a foutre

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