octobre 28, 2020

The Watcher

Titre Original : Looking Glass

De : Tim Hunter

Avec Nicolas Cage, Robin Tunney, Marc Blucas, Ernie Lively

Année : 2018

Pays : Etats-Unis, Canada

Genre : Thriller

Résumé :

Après avoir souffert d’un tragique décès, un couple achète un motel dans le désert, mais découvre qu’une série d’événements dérangeants et inexpliqués ont pris place dans l’une des chambres les plus demandées.

Avis :

Il est assez étonnant de voir comment certains acteurs gèrent leur carrière de façon plus ou moins réussie. Si l’on excepte les acteurs sur la pente descendante et qui n’ont jamais vraiment brillé hormis dans une paire de films, ou encore les acteurs qui n’ont fait que du nanar avec un film (ou une série) qui est sorti du lot, certains grands acteurs américains tombent facilement dans le domaine du rentable et du marché à petit budget. Prenons Bruce Willis qui semble définitivement à plat, préférant (ou n’ayant pas le choix) jouer dans des DTV bas de gamme où il se contente de faire le minimum pour gagner sa croûte. Une sorte de micro déchéance quand on voit la carrière de l’acteur, qui arrive encore, de temps à autre, à apparaître au cinéma. Mais s’il ne faut en garder qu’un, ce serait ce pauvre bougre de Nicolas Cage. Acteur talentueux aux multiples facettes, on ne compte plus ses bons films et ses moments d’acting plein de grâce qui font les beaux jours de l’internet. Malheureusement pour lui, il semble s’être plongé corps et âme dans un marché douteux où thriller et film d’action au rabais font bon ménage dans les bacs à dvds pas chers. Et The Watcher en est le parfait exemple.

Réalisé par Tim Hunter, que l’on retrouve derrière la caméra de très nombreuses séries, comme Sons of Anarchy ou Pretty Little Liars, The Watcher (Looking Glass en version originale) raconte l’histoire d’un couple qui vient de perdre leur fille de 5 ans des suites d’un incendie. Pour changer d’air, ils décident de reprendre un motel un peu miteux sur les bords et en vagabondant à l’intérieur, le mari trouve un couloir qui mène dans une des chambres où le miroir de la chambre est en fait une sorte de fenêtre pour voyeur. Puis des phénomènes étranges vont se dérouler dans cet endroit qui prend des allures d’hôtel de passe peu engageant. On le voit très bien venir, The Watcher est un film qui lorgne du côté de Psychose pour l’aspect voyeuriste et qui veut montrer la chute d’un couple déjà bien amoché par la vie. Le problème, c’est que le voyeurisme ne sera pas la problématique du film. Si on insiste beaucoup sur ce point, avec des moments où Nicolas Cage aime regarder des nanas dominatrices se lécher les bottes avec un filtre violet bien moche, ce ne sera pas le point névralgique du métrage. On va nous assister à un meurtre, à un cochon éventré dans une piscine et à une recherche active de l’ancien propriétaire qui semble cacher un secret. L’ensemble est totalement nébuleux, à un tel point que l’on ne comprendra pas vraiment ce qu’il se passe dans ce film.

Et c’est très compliqué de rester accroché à un film lorsqu’on ne comprend pas ce qu’il s’y déroule. Premièrement, c’est très lent et très mou. Le couple prend en main le motel de façon sporadique, car visiblement, il n’y a que deux clients. Puis la femme, jouée par Robin Tunney (The Mentalist), n’en fout pas une et passe son temps à dormir ou à lire. Et l’ensemble baigne dans des teintes jaunes dégueulasses au milieu de nulle part où tout un chacun à des gueules patibulaires. Cet environnement étrange, et presque inhospitalier, aurait pu participer au charme du film, lui donnant un aspect angoissant, mais il n’en est rien, le réalisateur ne faisant rien des personnages secondaires et s’enfonçant toujours un peu plus dans un mystère qui ne tient pas. Le meurtre de la nana dans la chambre ne donnera lieu à rien, et ce sera d’ailleurs la seule mort du film. Les moments de voyeurisme ne sont pas là que pour placer le personnage principal dans une sorte de malaise dont il semble se délecter, mais rien n’est vraiment cohérent. Il n’y a pas de liant entre les différentes saynètes et rien n’est jamais vraiment exploité. D’ailleurs, le final arrive comme un cheveu sur la soupe, résolvant un mystère de quelques mois sans aucune enquête et sans que l’on ne comprenne trop pourquoi on en arrive à ce stade-là. C’est très mal écrit, à un tel point que cela en est incompréhensible.

Et même les personnages, ainsi que leurs réactions, sont incompréhensibles. Nicolas Cage campe un type un peu paumé suite au décès de sa fille, alors qu’il batifolait entre les jambes de la voisine. Si l’acteur joue plutôt bien, tout en retenue, il a des comportements très étranges. Si les moments de voyeurisme sont longs et ne servent à rien, c’est surtout son aspect presque impoli et froid qui dérange. Mais aussi ce moment idiot où il va cramer un cochon dans le désert plutôt que de prévenir la police. Il y a plein de moments qui ne tournent pas rond dans ce film, et qui ne collent pas du tout avec l’ambiance voulue, plutôt terre à terre. Il en va de même avec sa femme, léthargique au possible, qui pète un câble à un moment car elle veut adopter et s’ensuit alors une scène d’amour. C’est ridicule et ne fait pas avancer l’intrigue. Quant aux autres personnages, il y a vraiment un énorme manque. Marc Blucas joue le shérif du bled et il est sous-exploité, délivrant bien trop rapidement sa véritable nature. Une nature qui n’aboutit qu’à du vide et à une certaine incompréhension quant à la fin de ce métrage nébuleux et foncièrement raté. Car si l’écriture est infecte, la mise en scène l’est tout autant, avec du champ/contre-champ intempestif, des saturations de lumière qui ne servent à rien et un aspect sulfureux qui fait passer un documentaire animalier pour du porno. On sent que derrière la caméra se cache un réalisateur de série qui n’a pas vraiment d’ambition.

Au final, The Watcher est un très mauvais thriller. Jouant à fond la carte Nicolas Cage comme personnage principal, le film passe son temps à brasser du vide dans l’espoir de construire des personnages solides qui ne seront finalement que des fétus de paille. Incompréhensible dans son scénario, dans sa narration et dans l’intrigue que tout cela sous-tend, s’axant sur le voyeurisme sans jamais l’exploiter pour son scénario, Tim Hunter livre un film imbuvable, moche et enferme ce pauvre Nicolas Cage dans une nouvelle production médiocre et au rabais. Quelle tristesse…

Note : 02/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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