octobre 26, 2020

Runaway Train

De : Andreï Kontchalovski

Avec Jon Voight, Rebecca de Mornay, Eric Roberts, Kyle T. Heffner

Année : 1985

Pays : Etats-Unis, Israël

Genre : Action, Aventure

Résumé :

Manny et Buck parviennent à s’échapper de prison. Leur fuite est très compliquée et dangereuse car ils sont au beau milieu de l’Alaska, région aux conditions climatiques glaciales. Toutefois, ils rejoignent une gare et montent à bord d’un train. Malheureusement pour eux, le conducteur est victime d’une crise cardiaque et les freins du convoi ne répondent plus ! La vitesse ne cesse d’augmenter et personne ne semble capable de la faire redescendre…

Avis :

Andreï Kontchalovski est un réalisateur russe qui se fit remarquer dans les années 60/70. Après une jolie carrière dans son pays, dans les années 80, il immigre aux Etats-Unis et s’essaie à plusieurs styles, passant du drame à la série sans oublier le film d’action. S’il s’était fait remarquer jusque-là, c’est en passant en Amérique que le réalisateur va connaître le succès du grand public. À la fin de la guerre froide, il décide de rentrer en Russie, ce qui mettra un terme à sa carrière grand public. Aujourd’hui, ses films sortent via de petites distributions.

Après une petite romance avec « Maria’s Lover« , Andreï Kontchalovski tourne l’un de ses films les plus populaires. Un film qui est pour beaucoup considéré comme un chef-d’œuvre, j’ai nommé « Runaway Train« . Gros film à suspense, « Runaway Train« , c’est le divertissement des années 80 par excellence. C’est même mieux que ça, puisque si l’on y regarde de plus près, le projet est fou. « Runaway Train« , c’est un réalisateur incroyable, Andreï Kontchalovski, quatre acteurs parfaits, un scénario qui est signé Akira Kurosawa, un concept simple mais percutant, un train fou fonce à tout allure et au bout du chemin, un duel, avec en prime une fin funeste ou la liberté… Bref, franchement, que demander de plus ?

Alaska, 1986, dans une prison de très haute sécurité. Oscar Manheim dit Manny est un prisonnier multirécidiviste qui vient de passer trois ans au trou. À peine sortie du trou, Manny s’évade en compagnie d’un autre détenu, un jeune homme du nom de Buck. Après avoir traversé de vastes plaines enneigées, les deux évadés arrivent à une gare. Clandestinement, il monte dans un train, et alors qu’il pensait avoir réussi leur coup, ils montent dans le mauvais train, car peu après le départ du train, le conducteur fait une crise cardiaque et désormais, leur train fonce à tout allure sans aucune possibilité d’être conduit ou arrêté…

Cela faisait bien longtemps que je voulais m’arrêter sur ce film d’Andreï Kontchalovski et je dois dire que je n’ai vraiment pas été déçu tant ce dernier fut jubilatoire.

« Runaway Train« , sur le papier et dans ses grandes lignes, est un film qui n’a rien d’incroyable. Trois personnages sont piégés dans un train lancé à grande vitesse. Aucune possibilité de l’arrêter ou même de descendre. Au bout du film, la vie ou la mort. Si dans ses grandes lignes « Runaway Train » n’a rien d’incroyable, il reste un film qui est passionnant, jouissif et doté d’un soupçon d’incroyable et c’est bien Andreï Kontchalovski qui fait tout la différence.

« Runaway Train« , c’est un cocktail explosif. C’est bien simple, une fois passé le générique de début qui met dans l’ambiance directement, Andreï Kontchalovski n’arrête pas une minute et il nous laisse bien peu de répit. Parfaitement rythmé, tendu, imprévisible, très bien écrit avec une bonne réflexion sur l’être humain (personnages aux deux visages, affrontement jusqu’au bout, comparatif entre l’animal et l’homme, les désillusions avec tout ce qui est fait dans la salle des commandes ou des responsables jouent avec la vie…) le réalisateur russe nous tient en haleine jusqu’à ce final incroyable, qui conclut de manière folle avec presque une touche de poésie, cette séance de cinéma pas comme les autres.

Ce qui est passionnant avec le film d’Andreï Kontchalovski, c’est la façon que le réalisateur a de mettre en scène cette banale histoire d’évasion. Il y a dans ce film et dans cette mise en scène quelque chose de l’ordre de l’épique et du jusqu’au boutisme. Andreï Kontchalovski nous entraîne dans des scènes d’action impressionnantes lancées à très grande vitesse. Doté d’une photographie glaciale, noyé dans des paysages enneigés, ce voyage à bord de ce train fou donne une sensation d’aller directement en enfer et qu’aucune issue ne sera possible, et plus le film avance, plus ce sentiment est poussé très loin.

Ce qui est génial aussi avec ce film, ce sont les portraits de ses personnages. Le film offre quatre personnages très forts en gueule et il n’y va pas avec le dos de la cuillère pour grossir les traits. Si Eric Roberts et Rebecca De Mornay sont excellents et nous captivent, il est clair que l’affrontement sans merci et les performances puissantes de Jon Voigt et John P. Ryan apportent encore plus de saveur et de folie à l’ensemble. Le premier en roi de l’évasion compose un personnage aussi magnétique que terrifiant, et le second en directeur de prison sadique est génialement affolant.

« Runaway Train » a beau avoir trente-quatre ans, il n’a pas pris une ride. Mieux, il s’impose encore plus impressionnant avec ses scènes folles et ses cascades incroyables. Pour son deuxième film en terroir américain, Andreï Kontchalovski sort l’artillerie lourde et emmène cette histoire au commencement banale jusqu’au bout et l’on reste scotché. Bref, on en prend plein les yeux et les oreilles (oui, la BO de Trevor Jones est un bijou), c’est excellent, c’est puissant, c’est dingue… Des films de cet acabit, on en veut tous les jours !

Note : 17/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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