octobre 29, 2020

Eclair de Lune

Titre Original : Moonstruck

De : Norman Jewison

Avec Nicolas Cage, Cher, Danny Aiello, Olympia Dukakis

Année : 1987

Pays : Etats-Unis

Genre : Romance

Résumé :

Il semblerait que la pleine lune puisse avoir une influence étrange sur certaines personnes. C’est le cas pour la famille Castorini, notamment de Loretta, sage veuve, qui aussitôt après avoir épousé sans amour son éternel soupirant, tombe amoureuse du frère cadet de celui-ci…

Avis :

Norman Jewison est un réalisateur canadien qui a fait presque toute sa carrière aux Etats-Unis. Légende vivante, il a réalisé bien des chefs-d’œuvre et des œuvres cultes. Touche à tout, il s’est essayé à tous les genres, tous les styles, et même quand il est demeure mineur, il dégage quand même des éléments intéressants. Norman Jewison commence les années 80 avec une comédie, mais très vite, il revient au drame avec « A Soldier’s Story » (1984) et « Agnès de Dieu » (1985), qui sont deux des enquêtes, l’une parlant de racisme et l’autre se déroulant dans un monastère.

Après ces deux drames, Norman Jewison eut envie de se changer les idées et quoi de mieux alors qu’une comédie new-yorkaise ? Avec « Éclair de lune« , le réalisateur pose sa caméra au milieu de la communauté italienne de Big Apple pour y filmer les mésaventures d’une jeune femme perdue entre ce qu’elle devrait faire et ce qu’elle a envie de faire. Mené avec charme par Cher, qui décrochera pour l’occasion l’Oscar de la meilleure actrice, et un tout jeune Nicolas Cage, toujours aussi fascinant capillairement parlant, « Éclair de lune » résonne comme une petite comédie sympa, bien faite et qui passe le temps.

Loretta est une jeune veuve qui vient d’être demandée en mariage par Johnny Cammaneri. Loretta n’est pas amoureuse de Johnny, mais elle accepte sa demande car le mariage par amour, on a vu ce que ça a donné. Johnny, juste après sa demande, doit se rendre en Sicile au chevet de sa mère mourante. Comme Johnny est fâché avec son frère, Loretta décide de le rencontrer afin de l’inviter au futur mariage et peut-être réconcilier les frangins. Mais Loretta n’avait pas prévu que l’amour frapperait ce soir-là.

Avec « Éclair de lune« , Norman Jewison se lance dans une comédie romantique et il en ressort un film mineur pour l’immense cinéaste, mais un film qui somme toute reste sympathique à souhait.

« Éclair de lune« , dans ses grandes lignes, c’est une histoire qu’on connaît par cœur. Une femme accepte une demande en mariage et c’est à ce moment-là qu’elle rencontre le vrai grand amour. Rien de bien neuf, surtout qu’au vu du métrage, on connaît déjà la fin et le happy end. Pourtant, malgré cela, « Éclair de lune » a ses arguments et Norman Jewison sait très bien comment tourner cette comédie romantique et surtout, il injecte au cœur même de son film des sous-intrigues et des sujets qui sont plus qu’intéressants. Le réalisateur nous livre par exemple des personnages très attachants. Des personnages tous hauts en couleurs qui, entre tendresse et un soupçon de loufoquerie, arrivent très souvent à nous faire sourire. Mais le plus intéressant ici, c’est bien la plongée que le cinéaste offre dans la culture italienne. Norman Jewison capture l’état d’esprit de cette communauté, il y filme l’amour, le respect, la folie, et toute cette famille, ces générations qui vivent sous le même toit, ensemble, se soutenant autant qu’ils se supportent parfois. Les histoires, les petits moments anodins, les anecdotes, les clins d’œil, les silences… Bref, tout ce qui fait un quotidien est très bien rendu. On va sourire, on va être touché et l’on va être maintenu en intérêt, même si tout est connu d’avance.

Puis si le tout fonctionne si bien aussi, c’est parce qu’en plus d’avoir un scénario détaillé et riche, Norman Jewison a réuni un casting solide, qui dynamise à lui seul le film. Bien sûr, le duo Cher/Nicolas Cage est un essentiel ici, mais il faut aussi compter sur les excellentes interprétations de Danny Aiello (acteur génial et trop sous-estimé), Vincent Gardenia, ou encore Olympia Dukakis qui eut un Oscar, elle aussi, et c’est franchement mérité, tant ce rôle est fait pour elle.

Ce qu’il y a aussi de très sympa avec ce film, c’est l’envie de romance de son réalisateur, qui entre ses personnages, New York, cette idée de pleine lune qui influe sur les gens et les cœurs, fait que « Eclair de lune » résonne comme un conte de fée. Il y a quelque chose de l’ordre du conte de fée, aussi bien dans l’histoire que dans la mise en scène de Jewison.

Norman Jewison habille son film comme un conte moderne, la tendresse de ses images, la beauté de sa BO italienne à souhait, qui donne une sorte d’apesanteur à l’ensemble, le dynamisme, le soupçon de folie et la retenue qui se conjuguent pour donner ce relief à l’ensemble. Bref, comme je le disais, même un Jewison mineur cache toujours des idées et une façon de faire qui rend l’œuvre intéressante.

« Éclair de lune » n’est pas un grand cru comme ont pu l’être des mastodontes tel que « Dans la chaleur de la nuit« , « L’affaire Thomas Crown » ou encore « Le Kid de Cincinnati« , mais cela ne l’empêche pas d’être un bon petit moment de cinéma. Un moment plein de charme, d’étoile, de romance, de rencontres et d’amour tout simplement.

Note : 12/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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