octobre 27, 2020

Godzilla

Titre Original : Gojira

De : Ishiro Honda

Avec Haruo Nakajima, Takashi Shimura, Kin Sugai, Akihito Hirata

Année : 1954

Pays : Japon

Genre : Fantastique

Résumé :

Au large des côtes japonaises, plusieurs navires disparaissent mystérieusement. Alertées, les autorités dépêchent une expédition scientifique qui recueille les témoignages de pêcheurs terrorisés. Tous assurent avoir vu un monstre remonté du fond des mers. Lequel s’avère être un dinosaure réveillé par des explosions atomiques. Rasant tout sur son passage, le saurien géant marche sur Tokyo obligeant les forces d’auto-défense à intervenir… 

Avis :

Ishirô Honda est un réalisateur japonais de légende. Il faut dire que le cinéaste nous a laissé une œuvre importante qui est composée de pas moins d’une soixantaine de films, dont beaucoup vont faire partie de la célèbre saga « Godzilla« . Au moment où sort ce premier « Godzilla« , alors même qu’il a déjà tourné sept films, Ishirô Honda n’en est qu’au début de sa carrière, qui a commencé quatre ans plus tôt, ce qui est assez dingue.

« Godzilla« , c’est un monstre qu’on connaît tous, et qui fait partie intégrante de la pop culture. Personnellement, j’ai découvert le monstre d’Ishirô Honda avec le film de Roland Emmerich, qui demeure encore aujourd’hui un film que j’affectionne malgré ses défauts. Si j’ai vu certains des fights de Godzilla et si bien sûr, je n’ai pas pu passer à côté des deux versions américaines récemment sorties, je n’étais encore jamais remonté aux origines de « Godzilla« , à ce premier film qui est à la base de pas moins d’une quarantaine de films. Aujourd’hui, je m’arrête donc sur ce premier film et je dois dire qu’il est pile comme je l’avais rêvé. Beau, daté, charmeur, révolutionnaire quand on le replace dans son époque, et enfin doté d’un fond très intéressant, « Godzilla, le monstre de l’Océan Pacifique » en impose !

Au large des côtes japonaises, une série de navires en tout genre disparaissent. Les autorités font des recherches, et une cellule de crise est même créée, mais elle ne donne rien. Une nuit, sur la petite île d’Odo, un petit village est presque entièrement détruit en une nuit. Une rumeur parle d’un monstre préhistorique, mais ce n’est qu’une rumeur. Enfin, jusqu’à ce que scientifiques, politiques et journalistes viennent sur place et que le dit monstre y fasse son apparition…

Soixante-six ans, voilà l’âge de ce premier « Godzilla » au moment où j’écris ces quelques lignes et le moins que l’on puisse dire quand on découvre le film de Ishirô Honda, c’est que malgré le fait qu’il ait vieilli, il n’a rien perdu de sa superbe. Mieux encore, les décennies passant, le film demeure impeccable, beau et surprenant.

Oui, surprenant, de par sa mise en scène premièrement. Ishirô Honda nous offre un film qui est puissant et fascinant à regarder et suivre. Un film qui certes a pris un coup, on ne peut le nier, mais malgré ça, il demeure un film qui a gagné autre chose. Les trucages et les maquettes sont tout simplement magiques et quand on voit tout ceci en action, Ishirô Honda nous fascine par tant d’envie, par tant d’idées, par tant d’amour et comme je le disais, le temps aidant, ce « Godzilla … » dégage un charme fou, qui fait qu’on en tombe amoureux dès les premiers instants.

Sur ce film, il faut noter le travail dingue de son réalisateur et ses équipes pour faire vivre et animer toutes les séquences folles qu’ils ont imaginées. Le montage est d’ailleurs une grande leçon de cinéma et si aujourd’hui, entre prises de vues réelles et maquettes, le changement se remarque, cela reste on ne peut plus bluffant et admirable. À sa mesure, dans son époque, et encore aujourd’hui, ce premier « Godzilla … » reste du grand spectacle. Un spectacle moderne qui nous offre tout ce que l’on est venu chercher. Franchement, l’attaque de Godzilla sur la ville de Tokyo est superbe, apocalyptique à souhait et presque terrifiante, tant Ishirô Honda arrive dans sa mise en scène et dans la direction de ses acteurs à nous faire passer l’invincibilité et le gigantisme de ce monstre. Bref, entre ses idées, sa photographie, ses plans et ses séquences, visuellement le film a beau être daté, il est encore aujourd’hui une belle claque.

Surprenant, le film l’est aussi dans ce qu’il nous raconte, car derrière ce monstre sorti des abysses venu attaquer des villes japonaises, « Godzilla, le monstre de l’Océan Pacifique » aborde avec beaucoup d’intérêt les traumatismes et les stigmates de la guerre et de l’arme nucléaire. Beaucoup de scènes et surtout beaucoup de répliques y font allusion. Certaines vont y faire directement référence, quand d’autres vont être cachées entre les lignes, et parfois des discours ou des scènes auront un double sens, ce qui donne une saveur toute particulière à ce premier « Godzilla« , le rendant surprenant et forcément bien plus intéressant qu’un simple film de monstre. On aura même le droit dans sa dernière partie a une belle réflexion sur l’être humain et sur la paix.

Bref, que ce soit dans sa mise en scène ou dans son écriture ou encore avec ses personnages, ce « Godzilla, le monstre de l’Océan Pacifique » est un petit bijou aussi génial qu’il est passionnant à suivre et à regarder tout simplement. Avec ce premier film, Ishirô Honda pose les bases de « Godzilla » et depuis, les films s’enchaînent, (j’en ai vu une bonne dizaine) mais peu ont ce charme, cet intérêt et cette qualité de cinéma et d’âme.

Note : 18/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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