octobre 27, 2020

Hedwig and the Angry Inch

De : John Cameron Mitchell

Avec John Cameron Mitchell, Michael Pitt, Miriam Shor, Stephen Trask

Année: 2001

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Drame, Musical

Résumé :

Hedwig Schmidt, un transsexuel allemand, est la star du rock la plus étonnante et la plus méconnue du monde. Avec son groupe, elle sillonne les Etats-Unis de restaurants miteux en halls de centres commerciaux. Pourtant, chacune de ses chansons révèle son incroyable destin et sa vision du monde. Hedwig raconte, en chansons, son enfance est-allemande, sa solitude, son opération de changement de sexe et ses passions. Elle poursuit également le célébrissime Tommy Gnosis, le jeune homme qu’elle a tant aimé et pour qui elle a composé certaines musiques.

Avis :

Dans le paysage du cinéma américain, John Cameron Mitchell est ce que l’on peut appeler un ovni total. En quinze ans, il a réalisé quatre films et tous ont fait leur petit débat et quelques instants sont même devenus cultes. Réalisateur libre, John Cameron Mitchell explore l’âme humaine à travers des films qui ne ressemblent à aucun autre et ça, même quand ils peuvent avoir une tendance à être classiques, comme son sublime « Rabbit Hole« . Si le réalisateur a pu étonner avec « How to Talk to Girls at Parties« , ou encore bousculé avec son « Shortbus« , aujourd’hui, c’est à son premier film qu’on va s’intéresser.

Si le film de John Cameron Mitchell sort en 2001, il faut savoir que « Hedwig and the Angry Inch » n’est pas un projet tout neuf dans la tête de son réalisateur. Imaginé et écrit par John Cameron Mitchell, « Hedwig and the Angry Inch » est une pièce qu’il commence à jouer à New York au début des années 90. John Cameron Mitchell recevra alors le Outer Critics Circle Award de la meilleure comédie musicale off-Broadway. Fort de ce succès, John Cameron Mitchell décide de porter la pièce à l’écran, ce qui sera son premier film, et on peut dire que pour un premier essai, le jeune réalisateur, comédien et scénariste va faire fort, puisqu’en plus de s’offrir un succès, son film deviendra culte.

Hedwig Schmidt est un transsexuel allemand qui a immigré aux Etats-Unis peu avant que le mur de Berlin ne s’écroule. Hedwig a créé un groupe de rock avec lequel elle fait le tour des États-Unis, se produisant là où l’on veut bien d’elle et de son groupe. À travers ses chansons, Hedwig se livre comme jamais et qu’importe si elle dérange. Au détour des villes et de ses amours, une rencontre anodine pourrait alors bien changer la donne…

« Hedwig and the Angry Inch« , c’est le premier long-métrage de John Cameron Mitchell et on peut aisément dire qu’il a fait fort. Décalé, rock’n’roll, fou, énergique, transgressif, étincelant et touchant, le réalisateur américain livre un premier ovni qui dynamite la comédie musicale, au point d’en être un « The Rocky Horror Picture Show » des années 2000.

Créant ce personnage de toutes pièces, se glissant dans la peau de ce dernier, pour ce premier essai, John Cameron Mitchell s’est totalement investi et son film respire la liberté.

« Hedwig and the Angry Inch« , c’est un film dont le scénario est aussi fou, qu’il est intelligent. « Hedwig … », c’est un film qui part dans tous les sens, c’est un film qui s’éparpille et qui en même temps sait exactement où il va et ce qu’il veut nous raconter. Très touchant dans son intrigue, « Hedwig … », c’est l’histoire d’un gamin qui rêvait d’autre chose, c’est d’un homme qui fuit un pays et qui se rêve star du rock. « Hedwig … », c’est l’histoire d’un transsexuel amoureux et largué. L’histoire d’un transsexuel qui doit se trouver et s’accepter finalement, pour enfin trouver la gloire et ce n’est peut-être pas celle que l’on pense. Petit bijou en son genre, « Hedwig and the Angry Inch » se fait aussi passionnant que virevoltant à suivre. Quelque part entre comédie, comédie musicale, film social, portrait d’homme et de femme, John Cameron Mitchell bouscule les codes, bouleverse et mélange les genres et il en ressort un florilège qui ne se pose pas de limite. Et plus le film avance, plus finalement, ce qui paraissait comme un gros délire, se fait touchant et prenant. On est touché et on a beaucoup de tendresse pour ce personnage exubérant qui finalement se cherche pour mieux s’accepter. John Cameron Mitchell a décidé d’exorciser son personnage à travers ses chansons, où ce dernier se livre totalement et c’est un des aspects les plus passionnants de ce film, en plus d’être vraiment touchant.

Si ce personnage est aussi touchant, c’est parce qu’il est tenu par John Cameron Mitchell lui-même, qui se met en scène et autant dire qu’il n’y a que lui qui peut incarner « Hedwig … ». L’acteur est parfait, beau, drôle, fou, possédé, il nous livre des shows endiablés et il sait se faire plus sobre quand il le faut et ainsi nous toucher droit au cœur.

« Hedwig and the Angry Inch« , c’est une comédie musicale et du côté de la mise en scène, John Cameron Mitchell en étonnera plus d’un avec ce qui est, on le rappelle, un premier long-métrage. Si parfois, on peut dire qu’il en fait un peu trop, ce sentiment va vite laisser la place à l’admiration qu’on peut avoir devant ce petit bijou de cinéma. Dingue, c’est bien le mot qui caractérise le mieux la mise en scène de John Cameron Mitchell. « Hedwig … » est un film qui dégage une énergie folle, c’est un film qui n’arrête pas une seule seconde. John Cameron Mitchell nous invite dans un show à l’américaine et le jeune réalisateur va s’amuser à tout transgresser. C’est fou de bout en bout, du glam rock en veux-tu en voilà. John Cameron Mitchell conjugue comédie et drame, amour, bienveillance et le politiquement très incorrect. Chaque scène, chaque moment déborde d’idées et il y a toujours un petit quelque chose à découvrir, quelque chose qui sort de nos habitudes de cinéma.

Bref, « Hedwig and the Angry Inch« , c’est un film virevoltant, ça pétille, ça étincelle, c’est strass et paillettes, ça part dans tous les sens et c’est très étonnamment tenu et maîtrisé. Très bien filmé, très bien monté, jouissant d’un esthétisme qui claque mais qui en fait parfois trop, c’est vrai. On notera aussi que le film tient une BO rock affolante qui regorge de tubes, les amoureux du rock et du punk devraient être comblés. Puis que dire de John Cameron Mitchell, lui-même dans la peau de ce transsexuel pas comme les autres… Ce premier film est une petite bombe, John Cameron Mitchell avait déjà tout compris et la suite de sa carrière n’a fait que confirmer les bases posées ici.

Note : 15/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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