septembre 28, 2020

Gilbert Grape

Titre Original : What’s Eating Gilbert Grape

De: Lasse Hallström

Avec Johnny Depp, Juliette Lewis, Leonardo DiCaprio, Laura Harrington

Année: 1994

Pays: Etats-Unis

Genre: Romance

Résumé:

Gilbert Grape vit à Endora dans l’Iowa, avec sa famille. Depuis la mort de son père, il assume les responsabilités du chef de famille. Mais l’univers morose de Gilbert va changer avec l’arrivée à Endora, de Becky, une fille du Michigan…

Avis:

Lasse Hallström est sûrement le plus américain des réalisateurs suédois. Lasse Hallström commence sa carrière en Suède durant la fin des années 70 et pendant toutes les années 80. À cette période, il réalise avant tout des films destinés aux enfants. Puis arrive « Ma vie de chien« , qui lui fait connaître le succès en dehors de la Suède. Le réalisateur pour ce film ira même aux Oscar. Dès lors, Lasse Hallström se laisse tenter par une aventure américaine. Dès le début des années 90, il réalise « Ce cher intrus« , film porté par Richard Dreyfus, mais c’est avec son deuxième film américain que le suédois va se faire remarquer et définitivement s’installer.

Ce deuxième film, c’est « Gilbert Grape« , une chronique familiale perdue quelque part en Amérique. Pour ce deuxième film, Lasse Hallström jouit d’un sacré casting, puisqu’il y réunit alors Johnny Depp, Juliette Lewis et un jeune acteur qui est bourré de promesse. Un jeune acteur qui tient son premier vrai rôle, celui d’un jeune autiste. Cet acteur, c’est un certain Leonardo DiCaprio… Avec « Gilbert Grape« , Lasse Hallström nous livre là un film assez éblouissant dans le traitement humain des rapports et des souffrances que peuvent avoir ses personnages. Entre lyrisme, poésie, social et surtout émotion, « Gilbert Grape » étonne, mais fait bien plus que ça, puisqu’il marque son spectateur et se pose l’air de rien, petit à petit, comme l’un des meilleurs films de son réalisateur. Un film dont on ressort l’esprit libre et les émotions en vrac !

Gilbert Grape est un jeune homme d’une vingtaine d’années qui vit à Endorra, quelque part dans l’Iowa. Gilbert est comme coincé dans sa vie, et il ne sait pas quoi faire de cette dernière. Il est coincé entre une mère obèse qui ne s’est jamais remise du suicide de son mari et un jeune frère, Arnie, qui ne va pas tarder à avoir dix-huit ans. Arnie est un garçon qui demande énormément d’attention, étant autiste et c’est Gilbert qui s’en occupe. Seul reste ses deux sœurs et encore, il y en a une, la plus jeune, qui est en crise d’adolescence. Bref, la vie de Gilbert est compliquée et le jeune homme est perdu dans celle-ci. Perdu jusqu’à ce qu’entre dans sa vie Becky.

« Gilbert Grape« , c’est l’un des films que je préfère de Lasse Hallström, parce qu’il a, c’est vrai, un casting à tomber par terre, mais plus que ça, il a quelque chose qui sonne parfait dans sa mise en scène, dans son intrigue et dans les sujets qu’il va aborder. De manière générale, j’apprécie le cinéma de Lasse Hallström et je commence à en avoir vu pas mal et « Gilbert Grape« , parmi tous ceux que j’ai pu voir, tient l’un des scénarios les plus riches que son réalisateur a pu mettre en scène.

« Gilbert Grape« , c’est une chronique familiale, dans une famille perdue dans l’Amérique profonde. Avec ce film, le réalisateur nous propose de suivre l’évolution d’un jeune homme perdu dans sa propre vie.

À travers le portrait tendre de ce jeune homme, Lasse Hallström va en profiter pour aborder de manière très juste tout un tas de sujets, qui sont aussi intéressants qu’ils sont importants. « Gilbert Grape« , c’est une chronique familiale, et par conséquent, la première chose dont parle le film, c’est de la famille, des liens familiaux, de l’amour et de toute la complexité que peut avoir ce sentiment. Amour, joie, haine, honte, générosité, espoir, résignation, acceptation, résilience, altruisme, sont au centre même des relations que tissent tous ces personnages.

Puis le film va plus loin, creusant en arrière-fond des sujets tout aussi beaux et importants. Le handicap, physique ou mental, est au cœur de ce film et le réalisateur en parle avec réalisme, dureté, bienveillance et surtout avec beaucoup d’émotions. Sans jamais trop en faire, sans tomber dans le misérabilisme, toujours en soulignant avec presque de la poésie ces sujets, « Gilbert Grape » est un film qui résonne comme juste et émouvant donc. Puis bien plus en arrière encore, Lasse Hallström aborde l’Amérique même, cette Amérique profonde qui change, qui découvre la surconsommation, les grandes surfaces qui viennent à elle, les petits commerces de proximité qui vont être désertés, et la difficulté de survivre à ceci, sujet toujours d’actualité d’ailleurs. Quand on y regarde bien, le film est assez politique, avec son côté social et ce dernier sujet.

Si le scénario de « Gilbert Grape » est riche et complexe, la réalisation de Lasse Hallström est quant à elle très simple, voire même très classique, et c’est ce qui fait sa force pour ce film. Pour ce film, Lasse Hallström s’appuie uniquement sur son histoire d’un côté et les émotions que vont dégager ses acteurs. Ici, il n’y aura pas de grand discours sur la différence, appuyé par une musique épique, non, Lasse Hallström, un peu comme la vie de ses personnages, veut la simplicité. Il laisse naviguer ses émotions, il laisse le film nous imprégner peu à peu et c’est de ces silences, de ces regards, et par la présence de ces comédiens que « Gilbert Grape » finit par nous conquérir et nous toucher en plein cœur.

Enfin, c’est vrai que bien souvent, avec ce film, on cite Leonardo DiCaprio (et comment ne pas le citer d’ailleurs), car l’acteur y est éblouissant dans le rôle de ce jeune homme atteint d’autisme. Le film révéla l’acteur, qui n’a plus eu besoin de passer de casting après. Mais une fois qu’on a cité DiCaprio, « Gilbert Grape« , c’est aussi un Johnny Depp tout en nuances et en silence. C’est un Johnny Depp magnifique et bouleversant, comme on ne le voit plus ces derniers temps. Puis derrière ces deux immenses acteurs, derrière mêmes tous les acteurs professionnels qu’on trouve ici (Juliette Lewis, John C. Reilly, Mary Steenburgen, Crispin Glover, Kevin Tighe), « Gilbert Grape« , c’est une actrice bouleversante qui trouve là son premier et seul (vrai) rôle. Cette actrice, c’est Darlene Cates, elle y incarne cette mère de famille obèse et confinée chez elle et autant dire qu’elle est bouleversante de sincérité et de vérité.

Avec « Gilbert Grape« , Lasse Hallström s’installe définitivement dans le paysage du cinéma. Simple et tendre, dure et émouvante, cette chronique familiale perdue dans l’Iowa est un petit morceau de cinéma qui s’impose comme l’un des plus beaux de son réalisateur. On ressort de « Gilbert Grape » ému, le sourire aux lèvres et surtout avec la sensation que ce film, que cette histoire et ses personnages, nous ont fait du bien.

Note : 17/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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