Eyes Set to Kill – Masks

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Avis :

La féminisation du métal est un sujet assez brûlant. En effet, très souvent ce genre est considéré comme quelque chose de macho, avec du poilu et du tatoué. Bien évidemment, la femme est souvent relayée au rang de groupie mais surement pas dans un groupe. Durant les années 1990, le métal est devenu plus accessible et du coup, on a vu plusieurs sous-genres se formés et des nanas sont arrivées pour montrer de quoi elles sont capables. Le genre qui est le plus représenté par le féminisme est résolument le métal symphonique avec des groupes comme Nightwish, Within Temptation ou encore Sirenia. C’est plutôt logique étant donné qu’il faut une voix lyrique pour correspondre avec la ligne directrice de ce genre. Chose plus surprenante, c’est que les femmes se sont mises à growler. C’est-à-dire qu’elles ont voulu faire comme les mecs et qu’elles se sont mises à hurler avec une grosse voix grave. On compte aujourd’hui des groupes comme Eths, Otep ou encore Arch Enemy. Eyes Set to Kill est un groupe possédant une chanteuse et un chanteur, se dissociant dans les partitions de chants, puisque le monsieur assure le growl et la demoiselle le chant clair. Formé en 2004 en Arizona, le groupe en est à son cinquième album et signe un skeud propre, intéressant et qui baigne dans une osmose brutale. Retour sur Masks, un album plutôt réussi.

Le skeud commence avec le titre éponyme de l’album. Masks sert d’intro à l’album, proposant tout ce qui va être dans l’album, c’est-à-dire du chant clair féminin, du growl velu et du riff agressif et bien lourd. Néanmoins, avec Killing in Your Name, on aura droit qu’à du chant clair. Si le morceau reste pêchu, avec des riffs bien brutaux et un solo agréable, le morceau reste assez classique bien que plaisant. On s’attardera plus volontiers sur Lost & Forgotten, un vrai morceau de metalcore, avec une intro puissante et lourde, un growl bien maîtrisé et surtout un refrain au chant clair très agréable.  On comprend rapidement le fonctionnement de l’album, qui va alterner de manière presque mathématiques les phases de morceaux au chant exclusivement clair et ceux avec du screamo dedans. Ainsi, Where I Want to Be est un morceau sans growl et o celle la chanteuse s’exprime. On se retrouve encore une fois devant un morceau un peu stéréotypé mais qui passe bien, notamment grâce à des riffs très puissant. True Colors est donc un morceau puissant avec du growl masculin et c’est certainement le meilleur morceau de l’album. Violent, puissant, rapide, le morceau a tout pour plaire, et tout cela est maîtrisé à la perfection. Les deux morceaux suivants seront un peu plus décevants. Il faut dire qu’ils ne s’appuient que sur du chant clair et qu’ils présentent les mêmes défauts. Surface démarre de façon très agressive avec des riffs assassins avant de partir vers un métal commercial assez tristounet. Même si cela est écoutable et rentre bien en tête, ça reste un morceau bouche-trou. Little Liar s’enfonce encore plus dans la facilité, donnant dans le morceau court et sans réel intérêt.

EyesSetToKill2013-CreditJeremySaffer

Heureusement que pour se rattraper, le groupe propose deux morceaux très nerveux par la suite, qui colle parfaitement au metalcore affiché. Ainsi Nothing Left to Say est d’une grande violence, commençant par un hurlement du chanteur. Le refrain au chant clair est ultra rapide, la voix de la chanteuse se prête de façon idéale à ce genre d’exercice, plus que dans celui de mettre de l’émotion et le morceau envoie le pâté. The New Plague va encore plus loin dans la violence, alors que le refrain est beaucoup plus calme. C’est d’ailleurs cette différence qui va faire que le morceau est réussi, car il s’en dégage une énorme puissance et une certaine douceur dans le refrain. Néanmoins, on est face au titre le plus violent du skeud, notamment à cause de guitares saturées qui scandent un rythme très rapide. Par la suite, Infected est une grosse déception et c’est assez étonnant que le groupe ait choisi ce titre comme premier single. C’est hyper commercial, assez mou du genou et ne comporte pas ou peu de moments forts. Un titre qui ressemble à un simple morceau de hard rock sans saveur et sans prise de risque. On renoue avec quelque chose d’agréable avec Secrets Between, où l’on retrouve du growl violent et un refrain au chant clair plutôt agréable. Reste une petite amertume lors de la montée du refrain qui devient presque trop pop, ne gardant qu’une batterie intéressante. Haze est un morceau sympathique, mais trop calibré pour la radio, car il est simple et rejoint les autres morceaux au chant exclusivement clair. Enfin, The Forbidden Line clôt parfaitement cet album avec une intro intéressante et très rapide mais avec des guitares moins saturées avant d’arriver à un déluge de violence et un pré-chœur ultra puissant.

Au final, Masks, le dernier album en date de Eyes Set to Kill est une excellente surprise. Après un album en demi-teinte, le groupe revient en grande forme avec un album hétérogène, pas exempt de défauts, mais porté par une énergie débordante, une violence intéressante et une grande maîtrise technique. Bref, un bon album de métal durant cette période de vache maigre !

  1. Masks
  2. Killing in Your Name
  3. Lost & Forgotten
  4. Where I Want to Be
  5. True Colors
  6. Surface
  7. Little Liar
  8. Nothing Left to Say
  9. The New Plague
  10. Infected
  11. Secrets Between
  12. Haze
  13. The Forbidden Line

Note : 16/20

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Par AqME

MickeyNote de Mickey: 14/20

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