mars 5, 2021

Sœurs de Sang

Titre Original : Sorority Row

De : Stewart Hendler

Avec Briana Evigan, Leah Pipes, Rumer Willis, Jamie Chung

Année: 2009

Pays: Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Jessica, Claire, Chugs, Cassidy, Ellie et Megan font partie d’une confrérie universitaire. Suite a une mauvaise plaisanterie qui tourne mal, Megan est accidentellement tuée. Plutôt que d’avouer leur crime qui détruirait leur avenir prometteur, les jeunes femmes se débarrassent du corps et se jurent de garder le secret. Mais quelqu’un sait ce qu’elles ont fait et est bien décidé à le leur faire payer…

Avis :

Durant les années 90, et encore plus avec l’avènement du Scream de Wes Craven, le slasher est devenu un genre ultra populaire dans le cinéma d’horreur à destination des adolescents. Si certains pouvaient tirer leur épingle du jeu, comme Urban Legend ou encore Souviens-toi… l’Eté Dernier, on a eu notre lot de bonnes grosses daubes opportunistes et de suites totalement dispensables. Et cela jusqu’à ce que le genre s’épuise de lui-même, cédant la place à d’autres délires, comme le torture-porn par exemple. Il faut dire que l’on avait fait le tour du genre, mélange souvent soporifique de Whodunit et d’horreur où de jeunes lycéens débiles se faisaient fracasser à cause d’un quelconque passif un peu lourd. En l’état, on peut donc se poser la question de la légitimité de Sœurs de Sang, remake d’un film des années 80 au même titre et qui, en 2009, avait déjà plus d’une dizaine d’années de retard. Et le revoir aujourd’hui fait l’effet d’un somnifère ultra puissant laissant en plus un goût bien amer en bouche.

Le scénario du film est très basique et part d’une blague qui tourne mal. Plusieurs nanas appartenant à la même sororité décident de faire une blague à un type qui a trompé l’une d’entre elles. Elles lui font croire qu’il a tué par overdose sa petite amie et l’entraine dans une usine désaffectée pour cacher le cadavre. Par un malheureux excès de panique, l’homme tue vraiment sa petite amie et tout le petit groupe décide de planquer le cadavre et de ne rien dire à personne. Huit mois plus tard, une personne masquée vient décimer une à une toutes les personnes au courant de ce secret. On est clairement dans un slasher bas de gamme qui ne fait que reprendre les codes déjà existants depuis plus d’une dizaine d’années. Un secret, des nanas débiles et vénales, un tueur masqué, quelques cadavres plus ou moins originaux et une résolution qui tente de laisser sur le cul. Voilà la recette rance de ce film qui ne fait rien que d’enfiler des perles sans surprise, remplissant un cahier des charges qui doit bien sentir le moisi.

Le problème avec ce genre de film plus ou moins opportuniste, c’est qu’il en oublie de mettre de la substance à l’intérieur. Le film de Wes Craven avait pour lui de parler de voyeurisme et de notre rapport avec le cinéma horrifique. D’autres parlaient de harcèlement scolaire ou encore de légendes urbaines, et cela mettait un peu d’épaisseur dans un scénario déjà famélique. Avec Sœurs de Sang, il n’y a rien. Le film ne critique pas la culture de l’apparence ou la toxicité de relations néfastes. Il essaye d’en faire son cheval de bataille avec cette « dirigeante » prétentieuse et prête à tout pour ne pas salir son image, puisqu’elle sort avec le fils d’un sénateur, mais globalement, cela n’en fait pas pour autant la motivation principale de son tueur, qui n’est rien qu’un égoïste un peu mongoloïde sur les bords. On aura aussi une volonté de tromper les codes du genre avec une des nanas qui se découvre au fur et à mesure du film pour devenir un peu badass, mais ça dure un millième de seconde et ça n’a aucun sens dans le développement même du personnage. En clair, c’est mal amené et surtout incohérent avec la nature même du personnage. On nous prend pour des cons.

Visuellement, le film ne vaut absolument rien. C’est moche et tout est ou gris, ou noir. Stewart Hendler ne sait visiblement pas quoi faire avec son film, cherchant désespérément à faire peur avec des jumps scare surfaits et des meurtres peu inspirés. Sauf au début, où les deux premiers crimes sont plutôt rigolos en plus d’être très violents. Le coup de la bouteille de vin enfoncée dans la gorge est plus bien vu et on se dit à ce moment-là que l’on va avoir droit à un peu d’originalité dans le film. Mais c’est un faux espoir, le film se plombant tout seul par la suite, manquant d’inspiration et d’envie. Pire, certains meurtres se dérouleront hors-champ, minimisant au maximum leur effet violent. La mort de Jamie Chung est par exemple scandaleuse. Outre ce manque de créativité, la mise en scène est vraiment faiblarde. Hormis un plan iconique au début du film, on n’aura rien à se mettre sous la dent et rien n’est vraiment impactant. On a l’impression de régresser de plusieurs années en regardant ce métrage qui n’a rien pour lui, pas même ses personnages et ses acteurs.

Le plus gros problème du film réside bel et bien dans la caractérisation de ses personnages. Si on veut qu’un film d’horreur marche, il faut ressentir de l’empathie pour les personnages, ce qui sera loin d’être le cas ici. Bien au contraire, on aura qu’une seule envie, voir ces nanas se faire défoncer la tronche pour leur égoïsme et leur façon de penser. Chacune n’est là que pour son propre égo et son propre intérêt. Elles ne s’aiment pas vraiment et préfèrent s’insulter plutôt que de s’entraider. En ce sens, les meurtres en deviennent presque jouissifs même si malheureusement, ils manquent d’impact. Les caractérisations des protagonistes poseront un gros problème. Outre la nana alcoolique qui couche pour avoir des pilules, la cheftaine qui se la raconte auprès du sénateur ou encore l’intello qui se fait prendre pour une conne, on ne saura jamais vraiment qui est qui notamment chez les personnages masculins. On aura même tendance à les confondre et à ne pas se rappeler leur prénom. C’est une calamité à suivre et c’est une preuve flagrante de la mal façon du film, qui oublie d’introduire correctement ses personnages. Bref, c’est lamentable.

Au final, Sœurs de Sang est un remake inutile et pénible. Suivant sans se poser de questions les balises du slasher des années 90, le film accuse plus de dix ans de retard et ne se remet jamais en cause. Entre personnages insipides et détestables, mise en scène famélique, meurtres timides ou encore histoire sans véritable fond, Sœurs de Sang est bel et bien une purge infâme qui n’a aucune raison d’exister, si ce n’est de se faire du fric sur le dos d’une actrice qui avait le vent en poupe (Briana Evigan que l’on avait vu dans Sexy Dance) ou de la fille de Bruce Willis

Note : 03/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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