octobre 29, 2020

Daddy Rock – Daddy Rock

Avis :

Comme la vie peut provenir de la mort, la naissance d’un groupe peut provenir de la séparation d’un autre. On a vu de nombreux projets se casser la gueule et les membres se répartir dans d’autres formations ou encore former d’autres bandes avec quelques copains. C’est un peu le cas de Daddy Rock, formé par le youtuber Jared Dines à la guitare, le chanteur Vincent Mindas, le bassiste Anthony Cappocchi et le batteur Damien Ward. Si l’on excepte le batteur, qui est un nouveau venu, les trois autres membres faisaient partie d’un groupe, Rest, Repose, qui a tenu environ quatre ans avant de se casser la figure et de complètement disparaître. Fort d’un succès sur internet pour ses vidéos plutôt drôles parlant de métal, notamment sur les différents styles que l’on peut voir à la guitare, à la batterie ou encore au chant, Jared Dines tient un peu sur ses épaules ce projet assez sympathique qu’est Daddy Rock. Un projet qui, malgré le côté « pote » qui s’en dégage, est fait avec sérieux et propose une première galette sortie en 2018, éponyme du groupe. Relativement court, à peine huit titres pour à peine plus d’une demi-heure d’écoute, Daddy Rock tient pourtant la barre et propose un véritablement divertissement où la technique est bien présente et l’envie de bouger aussi.

Le skeud débute assez fortement avec Honey and Whiskey. Jared Dines et ses performances à la guitare font parler la poudre dès le départ, allant très vite pour ensuite poser quelques nappes plus aériennes. Ce qui est assez marrant avec ce premier morceau, et qui sera synthétique de l’album dans sa globalité, c’est qu’il y a un côté métal dans les riffs et leur puissance, mais aussi très rock dans la rythmique et le chant tout simplement parfait de Vincent Mindas. Sa voix claire, qu’il peut moduler presque comme il veut, lui permet d’envoyer du lourd dans les refrains et de parfois faire des effets de style qui sortent du carcan du métal. On pense bien évidemment à ces trémolos présents dans Shout, le deuxième titre. Là aussi, le groupe sait ce qui fonctionne à plein régime, à savoir un rythme enjoué, une structure simple et lisible et surtout un refrain catchy. Sur la première moitié de l’album, on se surprendra à retenir les paroles et à vouloir chanter en même temps. Cela signifie bien que c’est relativement efficace malgré la simplicité de l’entreprise. Et si Shout reste bien en tête, il en ira de même avec Raise a Glass qui s’accompagne parfaitement avec le clip déjanté du groupe, les représentant parfaitement, quatre gus qui s’éclatent dans ce qu’ils font. Enfin, histoire de bien clôturer cette première moitié d’album, la formation propose Alive, un titre qui fait parler la poudre dès le départ et qui donne envie de headbanger dans tous les sens.

Sur la seconde moitié du skeud, Daddy Rock ne va pas s’essouffler, mais va proposer des titres un peu plus étoffés, toujours dans une énergie positive, mais qui sont plus longs et peut-être plus denses. On mémorisera moins les refrains, les breaks seront plus marqués, mais l’ensemble fonctionnera toujours autant. Escape démarre d’ailleurs de façon toute calme avant de se lâcher un peu plus et de proposer un gros moment rock qui manque peut-être d’une rythmique plus marquée. Ici, on ralentit, on accélère un peu, on est dans une rythmique plutôt scandée et si le refrain est plutôt catchy, l’ensemble manque un peu de cohérence. Et les trois titres suivants vont souffrir un peu de ça. C’est toujours techniquement irréprochable, mais ça marque moins, certainement parce qu’il y a cette volonté de sortir un peu de cette zone de confort. Live and Learn manque de punch par moment, alors que Pressure, pourtant assez viril dans les riffs, manque d’un refrain plus marqué et plus impactant. Reste Idols qui renoue avec le succès des premiers titres, avec notamment une rythmique tout simplement parfaite et un refrain aérien qui embarque tout le monde. Les deux seuls reproches que l’on peut faire à cet album, c’est qu’il est un peu monocorde. C’est-à-dire que les morceaux se ressemblent un peu dans leur construction et cela peut sembler redondant. L’autre défaut, c’est qu’il est trop court. Huit titres pour un poil plus d’une demi-heure, c’est peu, on est plus habitués à ce genre de durée sur du punk et pas forcément sur du métal alternatif. On en aurait bien pris encore une cuillère.

Au final, Daddy Rock, le premier album du groupe porté par Jared Dines, est plutôt une belle réussite. Si l’album est court et un peu trop concis, il n’en demeure pas moins une petite bombe à oxygène et à bonne humeur. Entre rock, hard et métal alternatif, le groupe se permet un peu ce qu’il veut et réussit presque tout ce qu’il entreprend. Comme quoi, on peut être Youtuber et faire les choses avec sérieux, contrairement à Pellek et son surjeu perpétuel absolument insupportable…

  • Honey and Whiskey
  • Shout
  • Raise a Glass
  • Alive
  • Escape
  • Live and Learn
  • Pressure
  • Idols

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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