Blue Steel

De : Kathryn Bigelow

Avec Jamie Lee Curtis, Richard Jenkins, Chris Walker, Mike Hodge

Année : 1990

Pays : Etats-Unis

Genre : Policier, Thriller

Résumé :

Jeune recrue de la police, Megan Turner abat un voyou en plein flagrant délit de hold-up. Ne pouvant prouver qu’elle était en état de légitime défense, la jeune femme se voit suspendue de ses fonctions. Désemparée, elle se laisse séduire par un agent de change, dont elle vient de faire la connaissance. Quelques temps plus tard une série de crimes est commis : le tueur utilise des balles sur lesquelles il a gravé le nom de Megan !

Avis :

Toute carrière a ses débuts et celle de l’immense Kathryn Bigelow commence ici. Si dans les années 80, Kathryn Bigelow a déjà réalisé deux films, « The Loveless » en 1982 et « Aux frontières de l’aube » en 1988, ces deux films-là, elle les a coréalisées. Le premier avec Monte Montgomery, réalisateur dont on n’a plus jamais vraiment entendu parler et le second avec Eric Red qui lui fait son petit bonhomme de chemin en toute discrétion.

Pour son passage à une nouvelle décennie, Kathryn Bigelow se lance donc en solo et ça commence avec « Blue Steel« , film policier efficace, même si on ne peut nier qu’il a sacrément vieilli aujourd’hui. En fait, « Blue Steel« , c’est le genre de film pour lequel j’ai de l’affection, parce que je l’ai découvert adolescent et qu’il a dans un sens beaucoup contribué au cinéphile que je suis aujourd’hui. Mais à l’heure de la redécouverte, il est vrai que l’ensemble a pris un coup, et je ne saurais dire vraiment si j’apprécierais autant le film de Kathryn Bigelow si je le découvrais aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, « Blue Steel« , replacé dans son époque, est un bon polar, qui a une très bonne idée et qui sait plutôt bien la développer, offrant une histoire originale malgré ses défauts.

Megan est une jeune femme qui vient de faire ses classes dans la police. Le jour de sa prise de poste, elle intervient sur le braquage d’une épicerie. Malgré les sommations, Megan se voit dans l’obligation de tirer et tuer le braqueur. L’homme qui braquait l’épicerie avec un .44 disparaît de la scène de crime, ce qui va jeter le discrédit sur la jeune officière de police. L’arme du braquage a été récupérée par un des clients du magasin, un homme psychologiquement instable, et bientôt cet homme prend Megan pour cible.

Produit par Oliver Stone, « Blue Steel« , c’est le vrai début de Kathryn Bigelow, qui rappelons-le, est la seule réalisatrice Oscarisée à ce jour. Pour son premier film toute seule, Kathryn Bigelow a choisi de s’attaquer au polar avec une intrigue pour le moins originale. Ayant écrit son scénario (avec la participation d’Eric Red), Kathryn Bigelow offre un polar très original pour l’époque. « Blue Steel« , c’est un film de flic qui met en vedette une femme, ce que l’on voit assez peu, même encore aujourd’hui. Kathryn Bigelow, c’est une femme qui a toujours aimé surprendre et prendre des risques et on la reconnaît bien là avec ce choix.

« Blue Steel« , c’est une histoire qui navigue entre une femme flic qui débute et qui doit être prise au sérieux, et un homme dérangé qui plonge peu à peu dans une folie meurtrière. « Blue Steel« , du point de vue de son écriture, même s’il tient des rebondissements qui ont mal vieilli et qui sont quelque peu tirés par les cheveux, demeure toutefois un film qui fonctionne bien sur son ensemble. L’intrigue est plutôt bien menée, il y a un bon rythme, il y a du suspens et Kathryn Bigelow nous réserve quelques bons rebondissements et d’autres qui le sont un peu moins. Bref, sur l’ensemble, « Blue Steel » demeure un moment de cinéma old school très sympathique. Un moment de cinéma qui est soit dit en passant, tenu par une excellente Jamie Lee Curtis, qui en femme flic débutante donne tout ce qu’elle a pour le rôle.

On notera que dans les rôles, Bigelow s’est bien entourée, et si parfois certains personnages paraissent aujourd’hui assez clichés, comme par exemple les rôles tenus par Kevin Dunn en chef de la police qui a des œillères, ou encore Clancy Brown, flic sexy et collègue sympathique, on saura apprécier tout ce qui est fait autour de ce tueur qui se découvre. Un tueur incarné de manière assez glaçante (avec une pointe de cliché quand même) par Ron Sliver.

Côté visuel, « Blue Steel » est un film qui a un joli cachet, malgré le fait qu’il ait vieilli. Très esthétique, très stylisé, Kathryn Bigelow nous entraîne dans un vrai polar. On apprécie beaucoup la façon dont la réalisatrice filme New York, notamment la nuit. « Blue Steel« , c’est un film qui respire l’envie de cinéma de sa réalisatrice et même si aujourd’hui, il a un côté cheap, avec notamment des ralentis qui cassent un peu le rythme, des instants appuyés par la cinéaste qui ne fonctionnent plus vraiment, il y a quelque chose qui est attachant dans ce film. En fait, son ambiance résolument année 90, et son côté old Shool, font que malgré ses défauts et son côté vieilli, on passe un bon moment devant le film de Bigelow… Ou alors c’est mon côté nostalgique qui prend le dessus.

Ce premier film pour Kathryn Bigelow est certes daté et peut-être, comme je le disais, si je le découvrais aujourd’hui avec tous ses défauts et ce côté cheap, peut-être que je ne l’apprécierais pas autant que ça, mais force est de constater que malgré ça, on passe un bon moment devant ce polar qui propose une bonne idée, une intrigue qui a son suspens, un tueur sadique, et plus que ça, avec « Blue Steel« , Kathryn Bigelow fait une jolie proposition de cinéma. Bref, j’aime bien ce film.

Note : 11/20

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net