octobre 27, 2020

Henri

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De : Yolande Moreau

Avec Pippo Delbono, Miss Ming, Jackie Berroyer, Simon André

Année: 2013

Pays: France

Genre: Drame

Résumé:

Henri, la cinquantaine, d’origine italienne, tient avec sa femme Rita un petit restaurant près de Charleroi, « La Cantina ». Une fois les clients partis, Henri retrouve ses copains, Bibi et René, des piliers de comptoirs ; ensemble ils tuent le temps devant quelques bières en partageant leur passion commune, les pigeons voyageurs. Rita meurt subitement, laissant Henri désemparé. Leur fille Laetitia propose alors à Henri de se faire aider au restaurant par un « papillon blanc », comme on appelle les résidents d’un foyer d’handicapés mentaux proche de « La Cantina ». Rosette est de ceux-là. Elle est joyeuse, bienveillante et ne voit pas le mal. Son handicap est léger, elle est simplement un peu « décalée ». Elle rêve d’amour, de sexualité et de normalité. Avec l’arrivée de Rosette, une nouvelle vie s’organise.

Avis:

Il aura fallu neuf ans avant de revoir la talentueuse Yolande Moreau derrière la caméra. Neuf années où la comédienne/réalisatrice a pris le temps pour nous écrire une belle histoire d’amour sur deux écorchés de la vie que tout sépare et pourtant que tout rassemble.

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Henri et Rita tiennent tous les deux un bar « La cantina ». Le jour où Rita meurt brutalement, Henri est tout seul pour gérer le bar et l’homme d’une cinquantaine d’années se retrouve vite désemparé. Sur les conseils de sa fille, il engage un « papillon blanc » c’est comme cela que l’on appelle les résidents du foyer pour handicapés mentaux qui se trouve non loin de là.

Il fait ainsi la connaissance de Rosette, une jeune fille, qui rêve de normalité, d’amour. Elle va alors le bouleverser et lui redonner peu à peu gout à la vie.

La première chose qui me vient à l’esprit en pensant au film de Yolande Moreau c’est le mot tendresse, puis fragilité, car avec « Henri » la réalisatrice, pour son deuxième film après « La mer monte » nous livre une très belle histoire d’amour, pleine d’humanité, dans un film beau à regarder et sans prétention.

« Henri » c’est la piqûre de rappel de la vie d’un homme solitaire, qui peine à trouver le bonheur.

Ici Yolande Moreau ne fait pas un film sur des handicapés, mais c’est bien un beau film d’amour qu’elle nous présente dans des décors et des paysages qui résonnent un peu comme un ailleurs. J’ai beaucoup aimé le coin dans lequel elle a tourné. C’est un film bouleversant, plein d’envie, de vie aussi dans un sens, je me suis complètement fait prendre dans ce film et c’est une belle et magnifique surprise.

Quand on regarde ce film, on sent que tout est rigoureusement écrit. Le scénario est de toute beauté dans sa simplicité, il colle si bien à sa réalisatrice. L’amour intervient comme un remède pour les personnages, c’est très plaisant.

Le film parle de plein de choses à la fois, Yolande Moreau nous a fait un film très riche, abordant tellement de thèmes, mais elle ne perd jamais de vue l’histoire d’amour. Et c’est avec brio qu’elle évite toutes les formes de pathos, ce qui avec ce sujet aurait pu être très facile. Elle sait comment nous toucher, nous émouvoir et aussi nous émerveiller. Tout est possible dans son film, du plus triste, au plus beau, c’est drôle et mélancolique en même temps, je suis complètement sous le charme de ce film. J’ai été touché par les parcours de ces deux personnes et plus que la finalité de leur histoire, c’est bien le chemin parcouru qui importe dans ce film.

Le film se construit autour d’excellents dialogues, tous très justes, mais il se nourrit aussi des silences et bien souvent, c’est que j’ai vraiment aimé dans ce film, les images parlent d’elles-mêmes. La réalisatrice à un bel œil, plein de poésies, la scène du rideau dans un hôtel, sublime, l’un des plus jolis et tendres de l’année, que de talent. « Henri » est aussi un film très lumineux, malgré ce sujet dur, mais ce qui est aussi très surprenant c’est que c’est un film dramatique qui a un côté road movie bienvenue.

Le film tient aussi et beaucoup grâce à ses deux superbes acteurs que Yolande Moreau a su très bien choisir. J’ai adoré le côté brut de Pippo Delbono, un acteur que j’ai pris plaisir à découvrir. L’acteur est bouleversant à chaque moment du film. Il a un côté très drôle, presque malgré lui.

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Mais la belle révélation, c’est Candy Ming, incroyable, fabuleuse, un peu comme un ovni. L’actrice vue dernièrement chez Gustave Kervern et Benoît Delépine pour « Louise-Michel » ou « Mammuth« , est très touchante, j’ai adoré son personnage et elle m’a beaucoup ému. Je crois que Yolande Moreau est « amoureuse », car elle sait la filmer et la sublimer, tout en la laissant très naturelle. Yolande Moreau joue, elle aussi, dans son film et s’offre un rôle hilarant en organisatrice pointilleuse de funérailles. Il y a aussi Jackie Berroyer très bien en pilier de bistro un peu salace et puis Lio surprenante dans le rôle de la femme d’Henri.

En plus d’un très beau film émouvant qui a beaucoup de caractère comme sa réalisatrice, « Henri » restera pour moi un excellent souvenir, car j’ai pu passer un moment avec Yolande Moreau qui est une femme simple, pétillante, drôle et avec un franc parlé. « Henri » est donc un beau film à aller voir.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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