Batman Year One

fa5r041b

De : Sam Liu, Lauren Montgomery

Année : 2011

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Adaptation de la série de comics signée Frank Miller et David Mazzucchelli : les difficiles premiers pas du jeune Bruce Wayne en tant que Batman. Combattant la pègre et la corruption, il ne dispose d’aucun allié. Mais un jeune policier idéaliste vient d’arriver à Gotham City : James Gordon.

Avis :

Adapter des comics sur grand écran (ou sur petit écran) c’est très souvent casse gueule et un bon nombre de réalisateurs s’y sont pétés les dents. Il suffit de voir des films comme Superman Returns, Daredevil ou encore Elektra. Mais parfois un éclair de lucidité traverse les réalisateurs et les scénaristes, et on retrouve des bombes comme Hellboy, le premier Spiderman ou encore la trilogie du Dark Knight de Nolan. Maintenant, ce fait est encore plus vrai lorsqu’il s’agit d’un dessin animé. Pourquoi ? Parce qu’un très grand nombre de producteurs ne pensent qu’à se remplir les poches avec de jolis billets verts et que les enfants sont résolument la plus grosse raison de dépense des parents. Du coup, les dessins animés de comics sont souvent enfantins, immatures et n’ont aucunement la portée du support papier. Mais s’il fallait en voir un seul, un vrai film d’animation pour adulte dans l’univers d’un super héros, ce serait ce Batman Year One. Tiré du comics signé Frank Miller et David Mazzucchelli, il transcende l’œuvre papier, le respectant à la case près et donne un nouveau tournant à cette histoire déjà excellente. Enfilez votre costume de chauve-souris, on part pour Gotham les amis !

Partant d’un matériau de base solide et franchement convaincant, le film animé aurait pu être une grosse bouse en fonction de la qualité graphique et surtout de la fidélité au bouquin. Heureusement que le travail fourni est conséquent et respecte pleinement le comic. Batman année un retrace la première année de Batman, c’est-à-dire la première fois que Bruce Wayne décide de revêtir le costume de la chauve-souris pour combattre le crime et surement venger la mort de ses parents. En même temps, étrange coïncidence, le jeune James Gordon débarque à Gotham avec sa femme enceinte et tombe dans une police pourrie jusqu’à la moelle, jusqu’à son centre névralgique avec le capitaine et il va se faire un plaisir d’afficher une honnêteté exemplaire et de se battre pour faire table rase de cette canaille. Du coup, on va voir l’évolution sur une année complète de deux personnages hautement charismatiques et ayant une importance flagrante dans toute la saga Batman. Bien évidemment, on va croiser des personnages célèbres de l’univers du justicier comme Catwoman ou encore Harvey Dent, mais l’histoire va se focaliser uniquement sur Gordon et Batou. Le dessin animé suit scrupuleusement le comic et on devine même le découpage page par page tellement les deux réalisateurs ont voulu être proche de l’histoire. Cela est une vraie gageure puisque le livre est un petit bijou, à la narration sombre et efficace. Il faut d’ailleurs faire assez attention car ce dessin animé n’est pas du tout pour les enfants. Très mature, très sombre et franchement dur, il ne faut pas le mettre entre toutes les mains. D’autant plus que certains personnages présents dans le livre sont aussi présents dans le dessin animé et que l’on retrouve la petite fille prostituée ou le rapt du bébé et sa chute d’un pont. Il s’agit donc d’un film pour adulte, qui permet de mettre en mouvement une histoire prenante, réaliste et surement pas intéressante pour des mômes. D’ailleurs, il n’y a pas vraiment de grand méchant, puisque seule la police fait office de danger et que le Joker est à peine énoncé sur la dernière vignette. D’ailleurs, on aimerait bien une suite avec ce Joker dans cet univers si glauque et sombre mais surtout si réaliste.

BatmanYearOne

Tiens, Batman a le feu au cul !

D’un point de vue technique, le début est très surprenant, surtout au regard des productions actuelles, même pour des dessins à la main comme les mangas des studios Ghibli. Il faut dire que l’arrivée de l’avion est relativement mal foutue et que l’axe de la caméra nous le montre sous toutes les coutures et que cela reste étonnant. Cependant, le reste du dessin animé tient bien la route malgré une sobriété dans les décors. Gotham est sale, certes, mais elle est aussi assez déserte les zones d’habitation ne font pas rêver, tout comme le manoir de Bruce Wayne. Par contre, un élément essentiel a été pris en compte, c’est l’animation et les mouvements des personnages qui sont très bons. Il y a vraiment une belle fluidité et tout cela donne de la souplesse aux héros. Cela étant dit, on n’est pas dans quelque chose de beau et de chatoyant. Voulant surement rendre le dessin animé très réaliste, on n’est pas là pour embellir une ville corrompue et le design s’y prête parfaitement. Les visages réalistes de Gordon, Essen, Flass ou encore Bruce Wayne font que ce film est vraiment pour les adultes. Mettant aussi en avant des questionnements redoutables sur la vengeance, les forces de police qui abusent de leur pouvoir ou encore de la corruption qui règne dans tous les niveaux et de l’absence totale de scrupules chez les gangsters, le film devient presque noir et dépressif. Les voix françaises sont très bonnes, mais il faudrait que je le revoie en VO avec les voix de Bryan Cranston et d’Eliza Dushku. Si le film ne contient que très peu d’action, cette dernière est vraiment mise en avant lors de l’assaut de l’immeuble par les troupes de choc et on voit tout le talent de Batman et des réalisateurs. La fin demeure simple, belle et donne envie de voir une suite, une année deux.

Au final, Batman Year One est une pure réussite qui laissera dubitatif un bon nombre d’amateurs de l’homme chauve-souris. Profond mais simple, gracieux mais sombre, cette histoire narre les origines de Batman d’une façon très réaliste avec une narration pessimiste mais très efficace. Bref, un film d’animation pour adultes vraiment réussi qui prouve encore une fois que le comics, c’est une histoire d’adulte et que parfois les super-héros ne sont pas forcément héroïque, mais aussi humains. Une vraie perle de l’animation et de la narration.

Note : 18/20

Image de prévisualisation YouTube

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net