octobre 27, 2020

Holding the Man

De : Neil Armfield

Avec Ryan Corr, Craig Stott, Guy Pearce, Anthony LaPaglia

Année : 2017

Pays : Australie

Genre : Biopic

Résumé :

Tim et John se sont rencontrés adolescents et s’aiment depuis quinze ans. L’un est un acteur en herbe, l’autre est capitaine de l’équipe de football. Bien que leur amour ait pu surmonter toutes les difficultés, celui-ci est plus en danger que jamais.

Avis :

Neil Armfield est un réalisateur australien qui est pratiquement inconnu chez nous et pour cause, s’il a fait quelques incursions sur les écrans de cinéma en Australie, il est principalement connu pour son travail à la télévision. C’est bien simple, quand on regarde de près sa carrière, pour un film sorti en salle, Neil Armfield réalise deux, voire trois téléfilms. Et sur les films qui sont sortis en salle chez lui, il n’y a que son « Candy » avec Heath Ledger qui soit arrivé chez nous et encore, il est arrivé direct en DVD.

Plus de dix ans après son « Candy« , alors que le film date de 2015, un autre film de Neil Armfield arrive enfin chez nous, « Holding The Man« . Disponible depuis 2017 sur Netflix, « Holding The Man » est un film que je voulais absolument voir parce qu’il est tenu par un petit comédien australien dont on parle assez peu, voire pas du tout, alors même qu’il est incroyablement talentueux. Ce comédien, c’est Ryan Corr, que beaucoup auront vu chez Mel Gibson dans « Tu ne tueras point« , mais que j’avais découvert dans une petite série passée sous silence, « Banished« . Pour son quatrième film de cinéma, Neil Armfield se lance dans une histoire d’amour et il nous offre un film très classique dans sa narration, et sans surprise dans son intrigue, mais qui reste un très beau moment de cinéma, ô combien bouleversant.

Melbourne, 1976, Tim et John se sont rencontrés sur les bancs de leur lycée et de suite, ils se sont plus et ils se sont aimés, longtemps, très longtemps. Du regard des autres aux luttes pour la dépénalisation de l’homosexualité en Australie, de leur coming out forcé à leur fuite pour être ensemble, des années sida à leur soutien sans faille, jusqu’au bout, les deux garçons vont traverser bien des épreuves et seul l’amour compte et restera.

« Holding The Man« , c’est l’adaptation des mémoires de Timothy Conigrave, qui fut acteur et activiste dans les années 80. Mais il fut bien plus connu pour son autobiographie racontant son histoire d’amour. Autobiographie qu’il acheva peu de temps avant de mourir.

Pour son quatrième film, le réalisateur Neil Armfield nous entraîne dans un drame amoureux puissant et d’une grande pudeur. « Holding The Man« , c’est le récit de quinze ans d’amour, de joie, de rire, de romance, de sexe, de luttes et de drame. Un récit de quinze ans de vie, condensé en un peu plus de deux heures qu’on ne va absolument pas voir passer.

Avec « Holding The Man« , Neil Armfield nous entraîne dans un film dont on connaît déjà l’issue tragique et pourtant, malgré cela, le cinéaste nous livre un film très lumineux. Un film qui est bourré d’amour, qui est traversé par beaucoup de joie et surtout une envie de vivre qui est communicative. Ce qui est superbe ici, c’est le fait que Neil Armfield n’ait pas voulu nous enfermer dans une descente en enfer, ou dans quelque chose de misérable et même si « Holding The Man » est parfois sombre, et que l’on en ressort touché en plein cœur, les yeux on ne peut plus humides, c’est le sentiment d’avoir vu et vécu une superbe histoire d’amour qui reste au-dessus de tout. Entre sentiments d’amour et de joie, cette lumière, malgré les drames, « Holding The Man » est un film qui fait du bien.

Comme je le disais plus haut, le film de Neil Armfield ne réserve pas de grandes surprises, dans le sens où tout ce qu’il va nous raconter, on l’a déjà vu ailleurs, et on pourrait même dire qu’on connaît ce genre de film par cœur. Malgré ça, ça n’empêche pas « Holding The Man » d’être un très beau film. Un film qui en plus de nous bouleverser avec son histoire, nous offre un récit très dense, où bien des sujets (déjà connus) vont être évoqués. L’homosexualité dans les années 70, le coming out, la découverte du corps, de ses sensations, les années sida, le regard des autres, les contaminations, l’idée qu’on se faisait d’elle. Le film parle aussi et évidemment de la famille, de son rejet, de son acceptation, du deuil, des deuils. « Holding The Man » parle de courage et de honte, et surtout, et c’est là qu’il est le plus beau, le plus juste, le plus touchant, il aborde le don de soi, cet amour absolu qui accompagne jusqu’au bout, alors même qu’on lutte nous-même contre une maladie. Bref, tout ça ou presque, on l’avait déjà vu et pourtant Neil Armfield nous livre là un film beau qui arrive sans mal à nous emporter dans son récit.

« Holding The Man« , c’est aussi une mise en scène qui s’appuie beaucoup sur l’insouciance et surtout la luminosité. Neil Armfield livre un film qui reste très classique, mais qui arrive pourtant à surprendre de par son envie de vivre et sa joie. Malgré le drame qui va se jouer ici, la mise en scène de Neil Armfield reste positive. Le réalisateur nous offre aussi bien une romance qu’un film social, qu’un drame émouvant et un film d’époque. Neil Armfield a une idée précise de ce qu’il veut faire passer et surtout, il ne veut pas d’un film déprimant et ainsi, il rend un sublime hommage à ces deux personnages.

D’ailleurs, ces deux personnages sont tenus par deux acteurs fabuleux. Ryan Corr et Craig Scott, composent un couple de cinéma superbe. Très justes, sans jamais tomber dans les clichés ou le mélo à deux balles, les deux comédiens sont émouvants, et ils emportent leurs personnages jusqu’au bout d’eux-mêmes. Ils empreignent tant le film, que finalement, malgré un casting de poids en arrière, Guy Pearce, Kerry Fox, Goeffrey Rush, Anthony LaPaglia, Camilla Ah Kin, on ne voit qu’eux, on ne retient qu’eux et surtout leur histoire d’amour.

« Holding The Man » est donc un très beau film qui mérite amplement qu’on s’y arrête. Certes, on connaît déjà ce genre de film, certes, bien des réalisateurs se sont arrêtés dessus, mais malgré son côté déjà vu, Neil Armfield nous entraîne dans un film qui surprend par son ton, sa tendresse, sa luminosité et surtout, il nous tient de bout en bout par cette histoire d’amour sans concession. Bref, à voir pour sûr !

Note : 15/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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