octobre 26, 2020

Le Prince de New York

Titre Original : Prince of the City

De: Sidney Lumet

Avec Treat Williams, Jerry Orbach, Richard Foronjy, Don Billett

Année: 1982

Pays: Etats-Unis

Genre: Policier

Résumé:

Danny Ciello est un policier du SIU, Service spécial de la police dans la lutte antidrogue. C’est l’élite de la police à qui aucune faute n’est pardonnée par les autorités judiciaires et fédérales. Ces dernières confient à Danny la mission de piéger un avocat véreux. Mais Danny va bientôt comprendre qu’il est manipulé.

Avis:

Sidney Lumet est l’un des plus grands réalisateurs que le cinéma ait vu naître. En cinquante ans de carrière, Sidney Lumet nous a laissé un héritage dingue. Alors qu’il vient de conclure les années 70 avec un film qui n’a rien à voir avec l’ensemble du reste de sa carrière, puisqu’il s’agît de « The Wiz« , une adaptation du célèbre « … magicien d’Oz » avec Diana Ross et Michael Jackson, Sidney Lumet commence ses années 80 de manière très discrète, avec le très oublié et méconnu « Just Tell Me What You Want« .

Deux ans après ce passage anonyme, Sidney Lumet revenait avec un sacré morceau de cinéma, « Le prince de New York« , un film peut-être un peu oublié aujourd’hui, et pourtant, il mérite toute notre attention. Avec « Le prince de New York« , Sidney Lumet nous offre un film dense et riche, qui réunit une très grande partie des thèmes qui hantent le réalisateur depuis toujours. Sur une durée de presque trois heures, Sidney Lumet nous passionne de bout en bout de film, livrant une intrigue complexe, où corruption, justice et devoir se conjuguent à la perfection. En même temps, il est difficile de trouver un film de Lumet qui se rate avec de tels sujets. Bref, « Le prince de New York« , même s’il est imparfait, demeure un grand cru pour son réalisateur.

Danny Ciello est un agent du SIU, une unité qui est le haut du panier de la police de New York. Cette unité s’occupe des trafics de drogues. Un jour, Danny est contacté par des instances fédérales pour faire tomber un avocat et des policiers véreux. Danny prend sa mission à cœur, mais très vite, il va comprendre que ces dernières sont bien plus sournoises qu’elles en ont l’air et finalement, Danny se rend compte qu’il est manipulé.

« Le prince de New York« , c’est donc un très bon cru pour Sidney Lumet qui nous offre ici un film fleuve de pratiquement trois heures. Trois heures d’une descente dans une opération bien plus complexe et difficile qu’elle n’en a l’air. Ce qui est terrible avec le cinéma de Sidney Lumet, c’est que le réalisateur a ce don assez incroyable de traiter énormément de fois le même sujet et pourtant, jamais il ne donne la sensation de se répéter. Mieux encore, il arrive à surprendre et surtout, il livre des films qui sont passionnants et d’une grande intelligence.

« Le prince de New York« , c’est une mission d’infiltration qui dépasse dans ses réflexions sa « simple » mission d’infiltration. « Le prince de New York« , c’est une plongée redoutable en plein cœur de la corruption new-yorkaise et c’est avec un sens inné du cinéma que Sidney Lumet nous raconte cette histoire. À travers, cette histoire, Sidney Lumet nous parle de la justice, du sens de celle-ci. Il parle de l’investissement, il parle de trahison, de politique, il aborde la manipulation, le sens du devoir, la loyauté et l’honnêteté (Comment rester droit et pourquoi rester droit ? ), les regrets de certains actes et le poids de leur conséquence, le final d’ailleurs, est très lourd de sens et clôture « Le prince de New York » de façon assez incroyable. Le film parle de méthodes, de la théorie qui se confronte aux méthodes de terrain. Il parle de protection policière et administrative. Sidney Lumet fait se confronter aussi moral de flic et moral de voyou, et ces réflexions sont appuyées par des répliques incroyablement bien écrites et pensées. Des répliques qui marquent et certaines scènes continuent à rester dans nos têtes bien longtemps après la séance. Bref, « Le prince de New York » est un film d’une très grande richesse, tout comme c’est un film très dense. C’est bien simple, c’est pratiquement trois heures, on ne les voit aucunement passer. Sidney Lumet, en grand maestro qu’il est, nous balade, il nous plonge et nous enferme dans son film, auprès de son personnage et l’on en redemande. Le prince de New York jouit d’une ambition et d’une démesure qu’on voit peu avec un sujet pareil.

« Le prince de New York« , c’est aussi un film redoutablement exécuté par un Sidney Lumet en pleine forme. Comme toujours, le réalisateur nous offre une mise en scène grandiose. « Le prince de New York » est simple, mais qu’est-ce que c’est efficace, et surtout, qu’est-ce que c’est diablement bien foutu. Sidney Lumet nous plonge totalement dans son film, c’est une immersion totale, et que ce soit la photographie, le rythme, le montage, la fluidité du film, la BO, tout est précis, et tout fonctionne parfaitement. On ajoutera à cela aussi l’ambiance des années 80 que Sidney Lumet a réussi à capturer et rendre au meilleur. Bref, c’est excellent de bout en bout.

Seule petite ombre dans ce merveilleux tableau, sa direction d’acteurs. Si parfois, et même souvent, le film nous réserve des scènes fortes en émotions ou en intérêt, dans d’autres, et c’est assez régulier, il y a certains acteurs qui en font trop. On pense notamment à Treat Williams, capable du meilleur comme du pire, selon les moyens. Plusieurs fois, il tombe dans l’hystérie et ce comportement, on a tendance à le retrouver chez d’autres comédiens, ce qui laisse à penser que c’est un choix de Sidney Lumet qui, quand les personnages s’énervent ou ne sont pas contents, pousse ses acteurs à éclater. C’est assez étrange, car ça passe et ça vient et une fois redescendu, le film redevient juste et comme il est très souvent plus juste qu’il est hystérique, on ne lui en veut pas finalement.

Malgré donc un petit côté hystérique parfois, sur l’ensemble, « Le prince de New York » est un excellent film et un grand cru pour Sidney Lumet qui nous entraîne dans un film de pratiquement trois heures qui passent en un rien de temps. Passionnant dans son divertissement, ambitieux, tendu et surtout puissant dans ses réflexions, « Le prince de New York » est un film à redécouvrir sans l’ombre d’une hésitation.

Note : 17/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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