Dark Tranquillity – Atoma

Avis :

Rares sont les groupes qui ont presque fondé un style et qui sont toujours présents aujourd’hui. Car même si le métal est un genre assez jeune, beaucoup de groupes ne tournent plus ou commencent à annoncer leur retraite, comme Black Sabbath ou encore Slayer. Si on va vers un genre un peu plus extrême comme le Death Métal, les suédois de Dark Tranquillity font presque figure de père fondateur, tout du moins dans ce métal si caractéristique de la Suède, avec beaucoup de mélancolie dans les mélodies. Fondé à la fin des années 80, le groupe connait un franc succès dans les années 90, mais va devenir très prolifique durant les années 2000. Restant constamment fidèle à leurs origines, le groupe va souffler le chaud et le froid à chaque album, mais à chaque fois, une étape de plus est franchie et la formation évolue. En 2016, Dark Tranquillity sort alors son onzième album studio avec Atoma et l’accueil fut mitigé, tout comme les trois albums précédents, montrant peut-être les signes de faiblesse d’un groupe sur le déclin après plus de trente ans d’existence. Pourtant, à l’écoute de ce dernier effort en date, on ne peut que se demander ce qu’attendent les gens d’un tel groupe, d’un tel mastondonte, qui prône ici, avec Atoma, un beau retour aux sources et une volonté d’être de plus en plus mélancolique.

Pourtant, le skeud débute avec Encircled et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe en a encore sous la pédale. Relativement nerveux, uniquement en chant « growl », présentant une belle nervosité dans les riffs et la rythmique, Dark Tranquillity ne semble pas prêt à baisser sa garde et fait une petite leçon aux plus jeunes. Le seul gros défaut que l’on peut émettre sur ce morceau, c’est que l’on a l’impression qu’il est écourté, et cette sensation va revenir plus d’une fois dans l’album, présentant des morceaux auxquels il semble manquer quelque chose. Atoma est un titre qui va montrer l’ambition du groupe d’aller vers quelque chose de plus accessible au commun des mortels. Forte présence d’un clavier aérien, riffs en second plan qui donne de la densité, chant clair angélique d’une rare beauté, le groupe veut toucher tout en faisant du Death Mélodique et ça marche très très fort. C’est beau, doux, ça prend aux tripes quand le chant « growl » déboule avec un superbe refrain, on sent presque le souffle froid des montagnes suédoises sur notre nuque. Bref, c’est tout simplement parfait. Et on retrouvera cela avec Forward Momentum, cette alternance chant clair/growl, mais dans une ambiance plus sombre, plus désespérée mais qui fonctionne aussi à plein régime. Par la suite, le groupe va revenir à des choses plus conventionnelles pour les fans et des titres très efficaces, mais qui maintiennent le groupe dans une zone de confort. Neutrality est très bon, très lourd, mais il lui manque un petit quelque chose pour vraiment nous embarquer. Force of Hand sera vraiment un gros morceau, qui alterne les phases latentes avec des moments plus rapides et puissants. Quant à Faithless by Default, il gardera tous les stigmates du groupe avec un refrain entêtant qui marche à tous les coups.

Pour la seconde moitié du skeud, Dark Tranquillity balance The Pitiless, un pur titre Death Mélodique qui démarre à toute berzingue grâce à des riffs puissants, mais aussi grâce à une guitare aérienne qui ajoute une certaine mélancolie, une certaine tristesse. Ainsi, malgré la vitesse et la violence du titre, il y a toujours un sentiment de tristesse qui s’échappe du morceau et en fait donc un excellent moment, moins dense que prévu, mais plus touchant. Our Proof of Life va permettre au groupe de changer de registre. Plus accessible, presque Hard FM dans l’âme, le titre profite de la voix chaleureuse du frontman pour faire passer une tonne d’émotions. C’est simple, limpide, ça peut paraître trop mercantile, mais ça touche et c’est tout ce que l’on demande. Clearing Skies fait presque peur au départ, démarrant comme un titre un peu Darkwave avant de lâcher les chevaux et la voix caverneuse. Sans être marquant, le morceau s’écoute bien. When the World Screams balaie d’un tour de main les doutes sur une formation qui s’assagit un peu trop et permet de voir le côté sombre du groupe qui n’hésite à produire des rythmiques plus rapides. Merciless Fate est un très gros morceau qui va s’appuyer sur une certaine violence au départ avant de poser une ambiance plus sombre et plus émouvante sur sa fin, où le chant clair scande un « all that you see is the darkness » et c’est fait d’une manière optimale, donnant envie de chanter et d’aller au bout de ce gros titre, puissant et doux. Enfin, le groupe clôture son album avec Caves and Embers, un excellent titre, même s’il lui manque un petit quelque chose pour vraiment rester dans les esprits.

Au final, Atoma, le dernier album en date de Dark Tranquillity, est une réelle réussite et il est difficile de comprendre les notes plutôt moyennes qu’il se paye. Dense, violent tout en étant touchant et même émouvant, les suédois font preuve d’une belle énergie et d’une forte envie d’aller de l’avant. Alors oui, on pourrait regretter quelques morceaux qui semblent pas finis ou encore une certaine redondance, mais globalement, c’est un beau travail de titan et peu de groupes sont à leur niveau, surtout après autant d’années d’existence.

  • Encircled
  • Atoma
  • Forward Momentum
  • Neutrality
  • Force of Hand
  • Faithless by Default
  • The Pitiless
  • Our Proof of Life
  • Clearing Skies
  • When the World Screams
  • Mercilass Fate
  • Caves and Embers

Note : 16/20

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net