octobre 24, 2020

Pandemia – Behind Enemy Lines

Avis :

Quand on dit Thrash Métal, deux groupes viennent immédiatement en tête, Metallica et Slayer. Si le premier a su conquérir un large public en se diversifiant et se mettant parfois des fans à dos, l’autre est toujours resté fidèle à son style, quitte parfois à s’enfermer dans une certaine routine. Mais qu’importe si l’on aime ou pas ces deux groupes, ils font partie de la légende et demeureront à jamais reliés au Thrash, enfantant sans le vouloir des milliers de petits groupes. Et Pandemia fait partie de ceux-là. Originaire de Torrelavega en Espagne, Pandemia est un groupe qui s’est formé en 2009 et qui galère encore un peu à se faire connaître. Sortant un premier album en 2011 avec Destino Letal et des titres en espagnol, durant à peine plus de 26 minutes, il faudra sept ans au groupe pour revenir avec un deuxième effort, Behind Enemy Lines, où cette fois-ci l’anglais est choisi, certainement pour mieux s’exporter à l’international. Mais en étant indépendant et limitant sa production d’albums à seulement 500 exemplaires, le groupe a du mal à se faire un petit nom sur la scène Thrash. Ce qui est dommage car malgré la courte durée de ce second album (un poil plus de 36 minutes), Pandemia est un groupe prometteur, bourré d’énergie, même s’il manque d’une identité plus forte.

Car ne nous y trompant pas, en visualisant le logo du groupe, la police choisie et surtout l’artwork de cet album, on sait que l’on navigue dans un Thrash pur et dur et que cela risque fort d’envoyer du lourd. Et d’entrée de jeu, le groupe ne fait pas dans la dentelle. Behind Enemy Lines ouvre le bal et confirme toutes nos pensées sur l’orientation du groupe. Ca va vite, ça tabasse fort, ça ressemble à un bon mélange entre Slayer et Metallica, la production gargantuesque en moins. Pour autant, on accroche à ces trois minutes qui passent vite malgré un manque flagrant d’innovation. Running Out of Hope se dirige tranquillement vers une recette qui a déjà fait ses preuves, offrant un Thrash rapide et nerveux, où le chanteur chante en scandant bien chaque phrase, faisant écho à un certain Tom Araya. Malheureusement, on va vite voir les faiblesses techniques du chanteur, qui ne peut pas trop pousser. Néanmoins, le solo proposé est vraiment très bon. Signs of Life va partir sur d’autres chemins dans son introduction, essayant de créer une ambiance assez lourde et malsaine, avec un joli jeu de guitare/batterie qui fonctionne bien et qui permet au groupe par la suite d’offrir des riffs sauvages et ultra rapides. C’est très bien foutu et ça donne vite envie de headbanger dans tous les sens. Pour sûr, un titre taillé pour la scène et les wall of death. Quant à Pandemia, le rythme sera plus groovy, permettant un bon décalage avec le reste, même si on reste dans une zone de confort un peu facile par moment.

 La seconde moitié de l’album démarre sur les chapeaux de roues avec Chemikaze. Empruntant un départ totalement saturé avec une batterie que ne renieraient pas des groupes de Death, le morceau va très vite, laisse pantois devant tant de technique et laisse en plus de la place à une basse qui claque bien. Le titre est long, violent et c’est peut-être là que le groupe se régale le plus. Dans une sorte de densité qui oscille constamment entre Death (dans le refrain) et Thrash (dans les couplets). Par la suite, la formation va fournir deux titres sympathiques, mais qui rentrent dans la case de ces morceaux qui sont un peu transparents, qui manquent d’épaisseur pour pleinement convaincre. Suicide Squad peut évoquer Metallica dans ses meilleurs moments, mais cela reste un peu trop surfait. Quant à The Last Zombie Alliance, on nage en plein gros délire Thrash à tendance Punk, mais le titre ne recèle rien qui puisse vraiment nous marquer. C’est bien foutu, mais ça reste très conventionnel pour qui est habitué à ce genre musical. Et c’est peut-être là la faiblesse du groupe, d’avoir du mal à trouver une identité, un petit truc qui lui permette de se différencier des autres. If I Were You… est un titre qui va essayer d’être un peu plus structuré, même s’il reste dans un Thrash assez classique. Enfin, Message of Death, le plus long titre de l’album, lorgnant vers les cinq minutes, démontre que le groupe est capable de fournir du Thrash de très grande qualité, sans jamais rien envier aux groupes les plus connus. Si ce n’est ce manque d’identité, mais aussi ce manque de hit en puissance. Le groupe fait ce qu’il aime, nous le fait partager, mais il n’a pas de morceaux vraiment marquants, qui restent en tête et dont on a envie de chanter le refrain. C’est clairement ce qui fait la différence avec les plus grands.

Au final, Behind Enemy Lines, le second et pour l’instant dernier album de Pandemia, est un effort très sympathique qui offre un Thrash certes classique, mais bien fichu et qui donne une pêche d’enfer. Bien évidemment, étant tout jeune et autoproduit, le groupe manque de moyen et cela se sent à la production et sur la longueur, mais l’énergie proposée est dense et rien que pour cela, le groupe mérite que l’on s’attarde sur leur album, qui ne dure d’ailleurs qu’à peine plus de 36 minutes.

  • Behind Enemy Lines
  • Running Out of Hope
  • Signs of Life
  • Pandemia
  • Chemikaze
  • Suicide Squad
  • The Last Zombie Alliance
  • If I Were You…
  • Message of Death

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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