Pearl Jam – Gigaton

Avis :

Fondé en 1990 à Seattle, Pearl Jam fait partie de ces groupes qui ont construit un genre. Considéré avec Nirvana, Soundgarden et Alice in Chains comme le quatrième membre du Big Four of Seattle, Pearl Jam a activement participé  l’émancipation du grunge, un courant musical entre le rock et le hard qui a eu beaucoup de succès durant les années 90. Et si aujourd’hui le grunge est un peu au point mort, seuls Alice in Chains et Pearl Jam continue de sortir des albums. Bon, c’est vrai que c’est plus compliqué pour les deux autres puisque les deux chanteurs sont décédés, Kurt Cobain et Chris Cornell. Et cela faisait bien sept ans que nous n’avions plus de nouvelles du groupe d’Eddie Vedder, le précédent album remontant à 2013 avec Lightning Bolt. Accueilli de façon assez correcte, on ne peut pas dire que Pearl Jam soit en grande forme ces dernières années, se contentant du minimum et n’arrivant pas à sortir des hits comme le furent Alive, Jeremy ou encore Even Flow issus du premier album, Ten. La donne va-t-elle changer avec Gigaton, onzième effort studio du groupe, qui met en scène un imposant glacier en train de fondre ? Très clairement, on reste partagé sur cet album, qui reste excellent, mais qui n’a pas vraiment à voir avec le grunge et le passé du groupe.

Le skeud débute pourtant de manière tonitruante. Who Ever Said lâche les gros riffs d’entrée de jeu et on va vite avoir envie de bouger dans tous les sens. Très dansant, inspiré et inspirant, le groupe semble revenir à un rock teinté de grunge qui donne la pêche. La voix terriblement chaude d’Eddie Vedder est impeccable malgré la cinquantaine passée et Mike McCready s’éclate sur les solos du morceau. On ne pouvait rêver meilleur entrée en matière. Et cela va se poursuivre avec Superblood Wolfmoon, un titre plus court, plus rock, presque punk dans le départ, et qui va dépasser ce stade pour donner une patate d’enfer. C’est concis, ça va droit au but, le refrain est pêchu et donne envie de sauter de partout, pour faire bref, c’est simple mais c’est ultra efficace. On retrouvera de cette énergie dans la seconde moitié de l’album avec Never Destination, là-aussi un titre qui avoisine les quatre minutes et qui donne une furieuse envie de danser. Comme on peut le voir, l’âge n’a pas forcément d’emprise sur le groupe qui sait se faire toujours aussi rock dans les compos, voire même dansant, comme peut l’être Dance of the Clairvoyants. Très différent du reste de l’album, le titre commence avec une ligne de basse parfaite et monte crescendo jusqu’à ce qu’Eddie Vedder laisse exploser sa voix en pré-refrain, pour ensuite surprendre avec un refrain tout calme, aérien, voire même spatial. Bref, un titre étrange mais envoûtant et qui fonctionne finalement à plein régime.

Cependant, tout n’est pas parfait dans cet album, et certains morceaux seront moins marquants que d’autres, et on pourra aussi s’apercevoir que les titres calmes sont de la partie. Au rayon des déceptions, on peut citer Buckle Up, un titre un peu mou du genou qui n’apporte pas grand-chose à l’album et qui reste en deçà des autres titres. Mais on peut aussi citer le lénifiant Alright, tout doux, tout calme, mais qui manque d’emprise et de passages forts, qui impacte celui qui écoute. Fort heureusement, cela ne sont que de courts passages sur un album qui arrive tout de même à livrer des pistes intéressantes. Seven O’Clock sera par exemple un superbe morceau qui évoquera les meilleurs moments de Bruce Springsteen, un Classic Rock à la fois touchant, profond et parfaitement produit. On pourra aussi se régaler avec Retrograde, un titre uniquement à la guitare sèche et qui possède une aura propre au groupe. C’est chaleureux, c’est beau et tendre et ça s’insère très bien au sein de cet album qui arrive à alterner les moments rock et les passages plus doux, surtout dans la seconde partie. D’ailleurs, pour clôturer l’album, la formation propose River Cross, un titre étrange, mais qui va égratigner façon bulldozer la politique de Trump. Le groupe reste encore engagé dans les causes politiques et écologiques et ça fait du bien d’avoir un groupe qui a du fond.

Au final, Gigaton, le dernier album de Pearl Jam, n’est pas une grosse claque comme pourrait le laisser penser le titre du skeud. Si le départ est tonitruant et donne une furieuse envie de danser dans tous les sens, on va vite se rendre compte que le groupe propose un album presque difficile d’accès, oscillant entre des phases énervées et des passages bien plus calmes, à la limite d’un Classic Rock et d’un Rock Prog. Quoi qu’il en soit, malgré ses faiblesses et ses forces, Gigaton reste un très bon album qui signe le retour de Pearl Jam après sept ans de silence, et ça, ça fait vraiment plaisir.

  • Who Ever Said
  • Superblood Wolfmoon
  • Dance of the Clairvoyants
  • Quick Escape
  • Alright
  • Seven O’Clock
  • Never Destination
  • Take the Long Way
  • Buckle Up
  • Comes Then Goes
  • Retrograde
  • River Cross

Note : 16/20

Par AqME

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