Boyz’n the Hood – La Loi de la Rue

Titre Original : Boyz’n the Hood

De : John Singleton

Avec Cuba Gooding Jr., Ice Cube, Morris Chestnut, Nia Long

Année: 1991

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame, Policier

Résumé :

Le passage de l’adolescence à l’âge d’homme pour trois amis du ghetto South Central à Los Angeles : Tre, un brillant élève qui s’est fait renvoyé de son école pour avoir déclenché une bagarre; Ricky, un athlète qui cherche à décrocher une bourse d’études pour une grande université; et son demi-frère Doughboy, plongé dans l’alcoolisme et la délinquance.

Avis :

À la fin des années 80, après ses études, John Singleton rejoint la Creative Artist Agency et c’est là qu’il va faire ses premiers pas. Des pas qui lui seront payants, puisqu’il y écrit et vend le script de « Boyz’n the hood, la loi de la rue« . Pour lui, il était hors de question qu’un autre réalise et après avoir réussi à s’imposer comme réalisateur de son scénario, en plus de trouver le succès avec ce premier film, John Singleton entrera dans l’histoire, car alors qu’il n’a que vingt-trois ans, son film décroche une nomination à l’Oscar du meilleur réalisateur, ce qui fait de lui, et encore à ce jour, le plus jeune réalisateur à avoir eu cette nomination.

Gros succès de l’année 1991, devenu presque instantanément culte, « Boyz’n the hood, la loi de la rue » est un film qui s’est imposé comme un phénomène et alors qu’il convole tranquillement sur ses trente ans, l’œuvre de John Singleton n’a pas perdu de sa superbe. Intelligent, profond, délicat et violent à la fois. Revenant sur les problèmes des ghettos de Los Angeles, traitant de la difficulté de vivre et de s’en sortir, « Boyz’n the hood … » est un film qui bien des années, des décennies, après sa sortie, demeure toujours d’actualité, ce qui est dans un sens assez affolant. Et mieux encore, puisque aujourd’hui, « Boyz’n the hood … » se pose toujours comme la référence en la matière et peu de films ont réussi à lui arriver à la cheville.

Tre est un jeune garçon brillant qui vient de se faire renvoyer de son école pour trois jours après s’être bagarré. Pour sa mère, il lui faut l’autorité paternelle, et elle décide alors de le confier à son père. Tre fait la connaissance de connaissance de Ricky et Doughboy, deux frères avec qui il va traîner. Les trois garçons vont alors avoir les mêmes chances, mais pas la même trajectoire…

Il y a des films dont l’aura transcende les décennies et qui malgré leur âge, qui commence à être avancé, arrivent toujours à surprendre à l’heure de la découverte, et ce premier film signé John Singleton fait clairement partie de ceux-là. Mieux encore, il se pose comme un pilier qui est indétrônable.

« Boyz’n the hood, la loi de la rue« , c’est un film que je voulais voir depuis des années parce que j’aime le cinéma de John Singleton, mais aussi parce qu’il s’est posé comme une œuvre incontournable. Mais ce côté incontournable avait tendance à me faire peur, car il faut dire qu’aujourd’hui, on connaît par cœur ce genre de film et j’avais des craintes de tomber dans un film qui en plus d’avoir vieilli, serait cliché et se résumerait à une guerre de gangs de rues. Heureusement, « Boyz’n the hood … » est très loin de tout ça, et il fut une séance des plus surprenantes et touchantes. John Singleton ne livre pas un film de guerre de gangs comme je pouvais m’y attendre, non, ici, le réalisateur livre avant tout un film sur la violence qu’on trouve dans les quartiers, et surtout il peint trois parcours similaires dans leur racine et différents dans leur évolution, de par leur choix, leur éducation, mais aussi de par l’amour qui leur est donné. Là où le genre est devenu tape à l’œil, essayant de toujours plus en faire, John Singleton livre un film qui suit un quotidien, et surtout il livre un film qui parle du passage de l’adolescence à l’âge adulte, et c’est ce qui rend son film bien plus touchant et beau que la plupart des films qu’on trouve sur ce sujet aujourd’hui.

Ce qui est épatant avec ce film, c’est la richesse de son scénario, qui à travers cette histoire, va traiter et aborder des sujets profonds. « Boyz’n the hood … », c’est un film qui traite évidemment de l’amitié. C’est un film qui parle de l’adolescence, du regard de l’autre. C’est un film qui parle de la pression des quartiers, et l’image que ces quartiers renvoient. Il parle de la colère, de sa maîtrise, tout comme il parle aussi de l’injustice. C’est un film qui parle de la culture afro-américaine, de sa musique, de ses combats, de ses influences. Puis, c’est un film qui aborde la famille, la sienne, celle de sang, mais aussi celle qu’on se crée, avec laquelle on partage plus finalement. Et c’est peut-être avec la famille que le film trouve ses meilleurs sujets, puisque John Singleton évoque l’éducation, le rôle de parent et l’amour que ces derniers donnent. Un amour qui influence clairement des trajectoires. Bref, le film est d’une richesse folle et surtout « Boyz’n the hood … » est un film qui offre un traitement différent de ce que l’on a l’habitude aujourd’hui de voir dans le genre. John Singleton livre un film qui ne cherche pas le sensationnel, non, « Boyz’n the hood … » est un film qui essaie avec une simplicité assez déconcertante de coller au plus près de la réalité et comme c’est une réussite totale, il se pose comme un pilier et l’on comprend qu’il ait influencé tout un tas de réalisateurs, acteurs et autres producteurs.

« Boyz’n the hood, la loi de la rue« , c’est aussi un casting fabuleux, imposant à l’écran des acteurs qui débutaient pour la plupart. Si le casting des adolescents est excellent, il est vrai que c’est une fois adulte que les personnages en deviennent les plus touchants. Cuba Gooding Jr, Ice Cube ou Morris Chestnut forment un trio des plus parfaits. Et l’on n’oubliera pas Angela Basset et Laurence Fishburne qui sont impeccables dans le rôle de parents divorcés et impliqués dans l’éducation de leur fils. À noter que là encore, on est bien loin de l’image de parents divorcés clichés que le cinéma véhicule d’ordinaire et ça fait du bien.

Enfin, l’autre très belle réussite de « Boyz’n the hood, la loi de la rue« , c’est bien sûr la mise en scène de John Singleton qui livre là un film impeccable, d’une grande intelligence dans sa démarche. Un film qui vise au plus juste, qui ne veut pas tomber dans l’artifice d’en mettre plein la vue. Non, ici, c’est simple, ça résonne vrai, il y a une tension permanente qui apporte énormément d’intérêt au film (le ballet d’hélicoptères chaque nuit est presque terrifiant et souligne tellement la tension et l’attention que ces quartiers portent et véhiculent), puis derrière tout ça, John Singleton arrive à livrer un film qui est touchant quand il le faut.

À seulement vingt-deux ans, John Singleton pose une pierre angulaire qui n’a pas fini de passionner et toucher. « Boyz’n the hood, la loi de la rue » a beau avoir trente ans, il demeure intact comme au premier jour. Beau, puissant, injuste, tendre, terrifiant, tragique, amoureux, sombre et en même temps lumineux, bref, le film de John Singleton n’est que nuances et réflexions.

Note : 17/20

Par Cinéted

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