Dark Moor – Origins

Avis :

On pourrait croire que le Power Métal est une affaire de groupes scandinaves ou encore de bandes qui ont vu le jour sur le territoire américain. Pourtant, pour ce qui est des légendes et d’aborder la mythologie ou les récits fantasy, les groupes européens sont plutôt bons, leur héritage étant ancrés dans de telles histoires. Et en Espagne, certains groupes de longue date sont des valeurs sûres, comme peuvent l’être Mago de Oz ou encore Diabulus in Musica. Mais l’un des plus anciens est bien Dark Moor, dont le nom provient du Chien des Baskerville de Sir Arthur Conan Doyle. Formé au début des années 90, les madrilènes vont connaître un gros succès au tout début des années 2000, notamment avec les albums The Hall of the Olden Dreams et The Gates of Oblivion. Puis petit à petit, le groupe s’est perdu, accumulant des albums au mieux sympathiques, au pire très mauvais comme en atteste Project X sorti en 2015. Voulant remonter la barre, trois ans plus tard, le groupe sort Origins, avec un artwork de toute beauté qui laisse à penser que les mythes païens seront au rendez-vous. Malheureusement, le groupe se fourvoie encore dans un effort trop fainéant et un album pauvre, où les sonorités folk ne sont pas exploitées. Dommage.

Pourtant, le début fait totalement illusion. Birth of the Sun est une vraie réussite. Le début, très médiéval, laisse par la suite libre cours à un morceau enjoué, vivant et très dansant. C’est relativement bien exécuté et on pourrait croire à un retour en force des espagnols. Même The Spectres Dance va faire illusion le temps de trois petites minutes. Le problème, c’est que c’est sympathique sur deux ou trois écoutes, mais très rapidement, on va se rendre compte que le morceau n’a rien d’exceptionnel et qu’il ne fait que resucer ce que l’on a déjà entendu des centaines de fois, et en mieux. Crossing Through Your Heart sera symptomatique de l’état du groupe, qui semble ne plus trouver d’inspiration et délivre un tout petit titre qui fait écho aux années 80. Ringard du début à la fin, le morceau sera un gros échec qui ne colle pas du tout à ce que l’on attend du groupe. D’ailleurs, il n’y aura rien de folk ou de power dans ce titre, qui lorgne vers un Hard FM des plus dégoulinants. Alors survient Raggle Taggle Gypsy, qui pour le coup, est vraiment un titre folk, mais il est très redondant et dure très peu de temps, démontrant un manque d’inspiration flagrant. In the Middle of the Night renoue avec le côté années 80 tant décrié au sein de cet album et il est vrai que l’ensemble n’est pas très folichon, le changement étant trop brutal, le groupe ne sachant pas vraiment où se placer…

Pour marquer le début de la seconde moitié de l’album, Dark Moor propose And for Ever, et à la surprise générale, c’est plutôt un bon morceau. Démarrant comme une bonne grosse ballade à la sauce folklorique, le groupe arrive à pondre un titre à la doux et plaisant qui puise ses origines dans une musique traditionnelle salvatrice et démontre que finalement, le groupe en a encore sous la pédale. Druidic Creed va poursuivre cette bonne surprise malgré un aspect trop court et la sensation de faire face à un titre qui n’est pas fini ou auquel il manque quelque chose, comme un gros solo, une bonne introduction ou encore une ambiance plus prégnante pour ressentir les vertes forêts. Par contre, avec Iseult, le groupe replonge dans la mièvrerie et dans un style que l’on aimerait ne plus trop entendre, puisque nous sommes sur un titre mou du genou et pas vraiment intéressant. La faute à un côté rose bonbon pénible et une orchestration trop simpliste. Et que dire de Mazy, qui flirte dangereusement avec la ringardise des années 80, à savoir un rythme assez rapide mais très simpliste et des paroles lénifiantes au possible. Holy Geometry va venir redorer le blason du groupe, ce qui n’est pas dommage après tous les morceaux moyens que l’on vient de s’enfiler, et même si on aura une petite pointe de redondance sur la fin, le titre sévèrement rock n’roll va faire son petit effet et on se surprendra à hocher la tête en rythme, même si on est très loin d’un Power classique. Enfin, pour clôturer l’album, le groupe propose Green Lullaby, tout à la guitare sèche et qui ressemble à une comptine pour petit enfant. Rien de bien gratifiant donc…

Au final, Origins, le dernier album en date de Dark Moor, est une cuisante déception. Le groupe semble vouloir délaisser le Power pour autre chose, pourquoi pas, mais il ne trouve pas sa voie et laisse un album qui a le cul entre deux chaises et qui manque cruellement de cohérence, lorgnant trop vers un rock typique des années 80, mais sans y apporter quelque chose de novateur ou d’intéressant. Bref, un album très décevant et perclus de mauvaises intentions…

  • Birth of the Sun
  • The Spectres Dance
  • Crossing Through Your Heart
  • Raggle Taggle Gypsy
  • In the Middle of the Night
  • And for Ever
  • Druidic Creed
  • Iseult
  • Mazy
  • Holy Geometry
  • Green Lullaby

Note: 08/20

Par AqME

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