Arès

De : Jean-Patrick Benes

Avec Ola Rapace, Micha Lescot, Thierry Hancisse, Hélène Fillières

Année : 2016

Pays : France

Genre : Science-Fiction, Action

Résumé :

Dans un futur proche, l’ordre mondial a changé. Avec ses 10 millions de chômeurs, la France fait désormais partie des pays pauvres. La population oscille entre révolte et résignation et trouve un exutoire dans des combats télévisés ultra violents où les participants sont dopés en toute légalité et où tous les coups sont permis. Reda, dit Arès, est un ancien combattant qui vit de petits boulots de gros bras pour la police. Tout va changer lorsque sa sœur se fait arrêter et qu’il doit tout mettre en œuvre pour les sauver : elle et ses filles.

Avis :

Jean-Patrick Benes, c’est la moitié du duo Benes et Mauduit, un duo de réalisateurs qui a travaillé et évolué ensemble sur près de dix ans. Commençant logiquement dans le court-métrage, ils sont surtout connus pour leur seul long-métrage, le tordant « Vilaine » avec Marilou Berry. Par la suite, ils vont travailler sur la série « Kaboul Kitchen« , dont ils vont en être les créateurs, mais aussi les réalisateurs pour un certain nombre d’épisodes.

Si Allan Mauduit a pris son temps pour réaliser son premier film solo, le génial « Rebelles » sorti en 2019, pour Jean-Patrick Benes, cela été plus rapide, puisque « Arès » sort en 2016. Co-écrit par le duo, si le premier pour son premier long choisira la comédie, le second, lui, nous entraînera dans un film de science-fiction ambitieux. Un film qui aura certes ses limites, mais dont le script, l’idée et la mise en scène fonctionnent suffisamment bien pour nous convaincre et surtout nous faire passer un petit, mais bon moment de cinéma.

France 2035. La France est perdue, le taux de chômage a explosé avec plus de quinze millions de personnes en recherche d’emploi. La France est livrée à de grandes entreprises qui prennent la main sur le gouvernement. Les lois de bioéthique sont tombées et aujourd’hui, il est possible de vendre ses organes, son sang, ou tout simplement son corps à la science. La population française oscille entre la révolte et la résignation et quand elle n’a rien à faire, elle a comme exutoire des combats télévisés hyper violents, où le dopage de ses champions est devenu légal. Reda, aussi appelé Arès, est l’un de ces champions, même si ses heures de gloire remontent à il y a plus de dix ans. Alors que sa sœur vient de tomber pour détention d’armes à feu, ce qui est strictement illégal, il lui faut cent mille euros pour la sortir de là. Reda décide alors d’être le cobaye d’une entreprise, qui essaie une drogue pour doper encore plus fortement et plus rapidement les combattants.

Après donc avoir fait de la comédie, Jean-Patrick Benes a décidé de s’essayer à un genre qui est plutôt casse gueule, le film de science-fiction et d’anticipation et si, comme je le disais plus haut, le film a ses limites, il en demeure pas moins un moment de cinéma intéressant, voire même prenant et surtout un moment de cinéma qui essaie de se donner les moyens de ses ambitions.

Avec « Arès« , ce qui frappe en premier, c’est le travail assez fou que Jean-Patrick Benes a fait sur son univers. « Arès » est un film qui est bourré d’idées et qui veut offrir un cinéma qui serait spectaculaire et dans un sens, c’est ce qu’il est. Le travail sur la gueule d’un Paris futuriste et dévasté, rongé par le capitalisme et la lutte des classes est superbe. Jean-Patrick Benes nous entraîne dans un film crasseux, sombre et pollué. Un film qui sent la misère, un film où il y a une tension qui est palpable. Bref, un film qui décrit un futur assez terrifiant. Visuellement parlant, Jean-Patrick Benes a de très bonnes idées (les écrans géants partout dans la ville, les pubs, cette tour Eiffel entourée d’écrans…), mais son ambition pour ce futur presque apocalyptique se heurte au manque de moyen et si l’ensemble est très plaisant à suivre, il est vrai que « Arès » est un film qui bien souvent respire le fond vert à plein poumon. Et le tout se voit encore plus quand la mise en scène passe des extérieurs à des intérieurs. Toujours du côté de la réalisation, « Arès » dégage aussi un petit côté cheap quand ce dernier met en scène les combats. Si Jean-Patrick Benes veut un film violent et a pris soin à ce que l’on ressente vraiment les coups pendant les combats, il est dommage qu’il ait choisi une réalisation très clipée, ce qui amène un côté cliché et surtout un côté cheap à son film. Mais bon, comme je le disais, pour pallier à cela, le film a un univers, un fort caractère et au-delà de ça, son réalisateur arrive à nous embarquer dans cette histoire et dans son film.

Si on entre bien dans ce film, c’est aussi parce que Jean-Patrick Benes exploite plutôt bien son idée et il nous livre un scénario qui est intéressant. Un scénario qui a une certaine gueule, et qui sait exactement où il veut aller. Alors il est vrai que parfois, c’est un peu facile et prévisible, mais le tout reste très efficace. Jean-Patrick Benes a fait très court, son film dure à peine une heure et quart, mais le réalisateur a réussi à tout bien condenser et surtout, il offre des personnages qui sont intéressants et attachants. Des personnages qui sont tenus par un casting qui est bon, Ola Rapace et Micha Lescot en tête.

Puis derrière cela, derrière cette histoire bien troussée, on appréciera aussi tout le travail mis en scène pour offrir une critique de société. Si le côté lutte des classes peut être quelque peu caricaturale, on apprécie énormément tout ce qui est dit sur la publicité, sur le rapport aux valeurs, à l’argent, ou encore au libre-arbitre.

Tout n’est pas parfait donc, mais sur l’ensemble, cette première réalisation solo pour Jean-Patrick Benes est une belle surprise. Caractériel, qui a de l’ambition, sombre, violent, voire gore parfois, intéressant et arrivant même à être touchant, « Arès » étonne et malgré ses défauts et ses facilités, il arrive à nous faire passer un bon petit moment de cinéma et c’est tout ce que lui demandait au final.

Note : 13,5/20

Par Cinéted

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