Avatarium – The Fire I Long For

Avis :

Leif Edling. Ce nom ne vous dit peut-être rien et pourtant, ce suédois est à l’origine de deux des plus grands groupes de Doom Métal. En effet, en 1984, il va former le groupe Candlemass alors qu’il vient de quitter son précédent line-up et il va rester au sein de la formation jusqu’en 2012, le temps de faire onze albums et d’assoir une suprématie qui force le respect dans le monde du Doom. C’est en 2013 que le bassiste décide alors de former un deuxième groupe qui portera le nom d’Avatarium. Avec une chanteuse à la voix chaude, moins virulent qu’un Candlemass, Avatarium va tout de même avoir tous les stigmates du Doom, avec quelques assertions plus rock pour donner un ensemble costaud et percutant. Et il n’aura fallu que trois albums au groupe pour se faire remarquer et faire chavirer les cœurs de milliers de fans à travers le monde. Si le meilleur album à ce jour était Hurricanes and Halos sorti en 2017, le groupe ne comptait pas en rester là et il fallait continuer sur cette pente ascendante. C’est donc à bras ouverts que nous avons accueilli The Fire I Long For, qui annonce deux gros changements, celui du bassiste, mais aussi du batteur. Alors quel est le résultat ?

Le skeud débute avec Voices, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il met les petits plats dans les grands. Riffs ultra saturés, rythmique lente, ambiance pesante, batterie redondante et lourde, seul le chant aérien de Jennie-Ann Smith vient apporter quelques lueurs dans ce délire sombre et presque glauque. Il en résulte une pure réussite formelle qui met dans le bain d’entrée de jeu. Même les passages un peu maladifs à tendance prog tendent à faire passer ce titre pour une sorte de maladie mentale dégénérative. C’est à la puissant et technique, mais ça fout un peu le cafard tout ça. Fort heureusement, Rubicon va venir amener un peu de lumière dans tout ça, tout en gardant cet aspect Doom qui fait l’identité du groupe. Les riffs, plus rapides, demeurent lourds et puissants, mais le refrain sera plus doux et le morceau demeure plus accessible. Lay me Down marque la première ballade du groupe, où la guitare se pose un peu et la chanteuse pose alors sa sublime voix sur quelque chose de doucereux, mais qui reste tout de même assez sombre dans l’ambiance. Quant à Porcelain Skull, on revient vers un bon gros Doom bien sale, qui laisse le cul par terre par tant de maestria technique. Le plus fort dans tout ça, c’est que le groupe garde une sorte de poésie aérienne qui force le respect, tout en arpentant un chemin sinueux où la douleur semble toujours présente. Bref, on extrapole, mais il y a deux sentiments opposés qui se font entendre dans cette musique, à savoir une douceur dans la peine.

Le milieu de l’album marque un petit tournant au sein de l’album. Shake That Demon est un morceau assez court, mais c’est surtout un titre purement rock n’roll. C’est diablement efficace, ultra rapide et pêchu et ça donne immédiatement envie de secouer la tête dans tous les sens. Le solo est absolument parfait et on fait face à quelque chose de presque festif au sein d’un album qui ne l’est pas tellement. Cette rupture marque le passage vers l’autre moitié de l’album. Puisque derrière, le groupe lâche la petite bombe psychédélique Great Beyond. Long, puissant, grandiloquent, la formation lâche l’artillerie lourde et délivre ce qui les définit le mieux, un Doom à la fois sombre et aérien, qui prend le temps de poser une ambiance très particulière. The Fire I Long For, quant à lui, est la deuxième ballade (sur trois) de l’album, et c’est aussi une superbe réussite. C’est diablement beau, c’est même très touchant, tout en gardant un côté relativement épique dans l’orchestration. Bref, c’est juste superbe. Epitaph of Heroes retrouvera l’aspect Doom si cher au groupe et fournira l’un des meilleurs morceaux de l’album, à la fois long et complexe, mais envoûtant et additif. Enfin, avec Stars They Move, la formation s’ouvre au piano/voix et délivre une prestation sans faille, avec un refrain qui reste immédiatement en tête et qui donne une folle envie de prendre dans ses bras la première personne venue. A écouter les yeux fermés bien évidemment, pour plus d’impact et la chair de poule.

Au final, The Fire I Long For, le dernier album en date d’Avatarium, est une très belle réussite et le groupe réussit parfaitement son pari de rester sur une ascension presque fulgurante où chaque album est meilleur à chaque fois. A la fois beau et tendre, puissant et lourd, dépressif et lumineux, le groupe doit beaucoup à la voix de la chanteuse, mais aussi à des choix judicieux de la part des musiciens, qui arrivent à pondre des partitions pas si évidentes que cela, mais qui pourtant fonctionnent parfaitement et font éprouver de doux sentiments. Bref, un excellent album.

  • Voices
  • Rubicon
  • Lay me Down
  • Porcelain Skull
  • Shake That Demon
  • Great Beyond
  • The Fire I Long For
  • Epitaph of Heroes
  • Stars They Move

Note : 18/20

Par AqME

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