Burning Vegas – Epic

Avis :

Les méandres de l’industrie musicale sont aussi sombres que celles de l’internet et quand les deux se croisent, on peut se poser deux questions. Tout d’abord, pourquoi un artiste marche plus qu’un autre quand celui qui est dans la lumière n’a pas vraiment de talent (suivez des yeux mon regard et vous trouverez Aya Nakamura et toutes ces petites choses préfabriquées) ? Et puis, comment des artistes talentueux peuvent-ils rester dans l’ombre et ne jamais en sortir ? Car c’est un peu le cas avec Burning Vegas, groupe américain originaire de l’Ohio et qui n’a sorti qu’un seul album entre 2016 et 2017, Epic (qui va nous occuper le temps de ces quelques lignes), et qui aujourd’hui ne fait plus rien, si ce n’est des podcasts sur les monstres mais dont le dernier épisode remonte à Juillet 2019. Un bien triste sort pour un groupe qui n’en méritait pas tant, bien au contraire. Pour définir Burning Vegas, c’est assez simple. On prend une pincée de Rise Against pour la voix et certains rythmes, un peu de Hoobastank première génération pour quelques morceaux pêchus, on secoue le tout et on obtient un petit groupe de rock sans prétention mais qui avait de la place pour percer un peu plus. Rendons donc justice à ce petit groupe maintenant disparu (ou en pause, en même temps, pour trouver des informations sur eux, c’est coton) et revenons sur ce premier (et peut-être dernier) effort.

Le skeud débute avec une petite introduction. Rien de bien folichon si ce n’est un piano assez sombre au départ et qui laisse entrevoir une volonté grandiloquente pour la suite. Sans prétention aucune, le groupe sort alors Black, un morceau plutôt nerveux, qui débute avec de bons riffs bien agressifs, mais plus en mode Hard Rock à la Rise Against. On retrouvera d’ailleurs une rythmique qui s’en rapproche, avec une pointe de Hoobastank pour la voix, période Crawling in the Dark. Le morceau est assez court, concis, mais il fait bien le taf, d’autant plus que le refrain est bien puissant et reste bien en tête. Alors oui, on peut reprocher la prod un peu hasardeuse, mais ça fonctionne et c’est tout ce que l’on demande. Miracle sera dans le même registre, en peut-être plus nerveux encore, lorgnant gentiment vers le punk moderne dans les riffs, avant de lâcher une voix un peu couverte dans le couplet pour mieux la lâcher dans le refrain. Le rythme est bon et on a vite envie de se casser la nuque lors des petits solos entre les couplets. Techniquement, ça tient la route et le groupe n’a rien à envier à d’autres qui ont percé. Sha       meless va prendre un détour plutôt intéressant dans cette première moitié. Le début est plus calme, les riffs sont plus posés et on aura droit à une montée crescendo qui peut faire penser au groupe Chevelle et c’est un gros gage de qualité. Quant à Closure, ce sera un morceau un peu transparent, même si les couplets tout calmes sont plutôt sympathiques et que dans sa globalité, le morceau est réussi. Cependant, il manque d’impact comparé aux autres titres.

Pour attaquer la seconde moitié du skeud, le groupe propose Those Summer Nights et c’est aussi un titre un peu passe-partout. Si la mélodie est intéressante et que l’ensemble passe très bien, cela reste un titre un peu transparent, un peu trop simpliste pour vraiment marquer l’auditeur. On préfèrera largement Calling to the Dark, un titre qui fait un peu musique pour adolescents, rock pour midinettes avec des paroles sur un amour perdu, mais qui ne perd pas de temps, arrive à faire glisser son refrain directement après le couplet et c’est vraiment très bien fichu. Le morceau reste en tête et on se surprendra à reprendre le refrain au bout de deux ou trois écoutes, ce qui démontre de l’efficacité du titre. As the World Burns démarre sur les chapeaux de roues et s’avère être l’un des morceaux les plus nerveux de l’album. Puissant et recherchant à chaque fois à percuter l’auditeur, le groupe offre un bon titre plus violent que la moyenne, même si le chanteur ne cherche pas à en faire des caisses, ce qui est clairement un bon point. Même si on aura droit à quelques cris, il y a une belle humilité qui se dégage de ce titre et c’est tant mieux. Fallin fait directement référence au Hard Rock des années 2000, évoquant même des groupes plus Grunge comme Puddle of Mudd, mais c’est très réussi, et personnellement, ça me ramène à mes années lycée, ce qui n’est pas pour me déplaire. Until Forever fera parler la double-pédale tout en restant très accessible, et même si le titre est imparfait, il demeure plutôt intéressant à l’écoute. Enfin, le groupe clôture son album avec Seldom, un long titre plutôt calme, doux, mais qui fait honneur au groupe qui prouve qu’il peut tout jouer.

Au final, Epic, le seul et unique album de Burning Vegas, est une belle réussite et on a du mal à comprendre pourquoi la formation n’a pas réussi à percer. S’il est vrai que tout ça nous ramène aux années 2000 et à un Hard Rock/Grunge très référencé, il y a une humilité qui se dégage de l’ensemble qui force le respect. Et si la prod n’est pas toujours au rendez-vous, la voix limpide du chanteur, les riffs imparables ou encore le batteur qui fait un excellent boulot, tout cela contribue à faire de Epic un album éminemment sympathique et qui ne mérite pas l’anonymat dans lequel il baigne.

  • Intro
  • Black
  • Miracle
  • Shameless
  • Closure
  • Those Summer Nights
  • Calling to the Dark
  • As the World Burns
  • Fallin
  • Until Forever
  • Seldom

Note : 15/20

Par AqME

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