A Bout de Souffle

Titre Original : Breathless

De : Jim McBride

Avec Richard Gere, Valérie Kaprisky, Art Metrano, William Teper

Année: 1983

Pays: Etats-Unis

Genre: Action, Drame, Romance

Résumé :

Jesse Lujack est un petit truand. Il vole une voiture et tue accidentellement un policier. Il part alors chercher sa petite amie et le jeune couple part en cavale.

Avis :

Jim McBride est un réalisateur américain qui est totalement oublié et méconnu aujourd’hui. Pourtant, le cinéaste a plus d’une trentaine d’années de carrière et seize films à son actif. Bon, il vrai que lorsque l’on regarde sa filmographie, on y trouve beaucoup de téléfilms et au-delà de ça, aucun titre, mis à part le film dont on va parler, ne résonne, ou même ne nous dit quelque chose, ce qui est assez étrange, je dois dire, avec autant de films à son actif.

« A bout de souffle » de Jean-Luc Godard est un monument du cinéma. C’est un film révolutionnaire qui porte presque à lui seul un mouvement de cinéma, la nouvelle vague. Alors l’idée d’en faire un remake, même s’il vient plus de vingt ans après la sortie du film de Godard, était un geste on ne peut plus couillu. Comment peut-on remaker « A bout de souffle » ? Le pari est impossible et quand je me suis lancé dans le film de Jim McBride, j’étais déjà convaincu, le film serait un affreux moment de cinéma, et à ma très grande surprise, il ne le fut pas. Non, si l’on est clairement très loin de la nouvelle vague, il y a un charme qui se dégage du film de McBride et l’on suit avec un certain plaisir les tribulations d’un tout jeune Richard Gere plein de folie et de vie.

Jesse Lujack est un petit truand qui un soir, après avoir volé une voiture pour se rendre à Los Angeles rejoindre la belle Monica, une étudiante française, va, par accident, tuer un policier. Laissant voiture et cadavre derrière lui, Jesse arrive à se rendre à Los Angeles et s’il charme Monica, très vite, les événements passés la veille le rattrapent. Commence alors une cavale pleine d’inconscience.

Il y a des films rien qu’à l’idée de leur existence, c’est tout un tas de pourquoi qui viennent instantanément. Mais parfois, il y a aussi une pointe de curiosité qui s’invite à la fête, tant il est improbable que ces films-là existent. « A Bout de souffle » Made In USA avec Richard Gere pour remplacer Jean-Paul Belmondo, même si j’étais certain de trouver une bouse infâme et difforme, il fallait que je voie ça de mes propres yeux et à ma très grande surprise, j’ai bien fait, car cette version américanisée de « A bout de souffle » a son petit charme et finalement, malgré les préjugés que j’avais, j’ai passé un bon moment devant.

Très différent du film de Jean-Luc Godard, très loin de l’idée de la nouvelle vague, Jim McBride n’a gardé de l’œuvre de Godard et Truffaut que les grandes lignes et beaucoup de ses dialogues et ce n’est pas plus mal ainsi. En fait, les deux films sont si différents qu’il est presque impossible de les comparer. Quand Godard livre une œuvre d’art en images, McBride lui, livre un divertissement à l’américaine. Quand Godard nous entraîne dans un film singulier où l’ambiance du Paris des années 60 est à la limite de la poésie, McBride, lui, nous entraîne dans un film plein d’énergie, de folie, empreint de l’ambiance unique des années 80.

« A bout de souffle« , c’est un film qui suit en très grande partie l’intrigue de Godard et Truffaut et si Jim McBride change quelques petites choses ici et là, notamment les lieux où certaines conversations se passent, le reste du film est sans grande surprise (enfin pour ceux qui connaissent déjà le film original). Malgré tout, l’intrigue revue par Jim McBride est plaisante à suivre, parce que son réalisateur a bien travaillé ses personnages. C’est même ce qui fait le très gros point fort du film, ses personnages, l’alchimie qu’il y a entre Richard Gere et Valérie Kaprisky (les deux acteurs sont d’ailleurs excellents, même si on notera que Gere en fait parfois un peu trop), ou encore leur envie de vivre et s’amuser. Jim McBride sait bien qu’il ne pourra jamais livrer un film qui se rapproche de l’œuvre de Godard, du coup, il tente une autre approche et cette dernière est plaisante et l’on se laisse volontiers embarquer.

Cette version américaine, c’est aussi un tout autre rythme et une toute autre ambiance. Plus rock’n’roll, plus fantaisiste, plus rythmé aussi, « A bout de souffle » se transforme ici en un pur objet de divertissement, et même si l’idée est discutable, force est de constater que ça fonctionne. La mise en scène de Jim McBride est pleine d’énergie, et le film est sans temps mort. Il y a aura bien quelques petites maladresses, notamment en début de film, avec l’idée d’accélérer les images, ce qui donne aux scènes un effet kitschouille, mais pour le reste, le film se tient et peut même se vanter d’être presque plus intéressant que celui de l’original.

À noter que le réalisateur place de manière superbe à plus d’une reprise le magnifique « Opening » de Philip Glass et rien que pour ça, entre autre, ce « A bout de souffle » mérite son petit coup d’œil.

J’étais certain de trouver une horreur, et finalement, je remercie ma curiosité. Si le film de Jim McBride n’a pas le charme du film de Jean-Luc Godard, il a un tout autre charme et finalement, comparer les deux films n’est pas la bonne solution, tant les deux films partent dans des directions opposées, tant l’un est typiquement français, quand l’autre est un pur produit américain et c’est très bien comme ça. Rythmé, cool, un poil rock, un autre poil sensuel, tenu par deux très bons acteurs, je ne regrette pas de mettre arrêté sur ce remake, qu’il fallait oser faire.

Note : 12/20

Par Cinéted

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