Mike LePond’s Silent Assassins – Pawn and Prophecy

Avis :

A titre personnel, j’ai toujours eu du mal avec les groupes qui utilisent le nom de leur frontman comme nom de groupe. Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’ai souvent l’impression que cela fait étalage d’un égo surdimensionnée et que c’est mettre de côté les autres membres, tout aussi important que le chanteur, ou celui qui écrit les paroles. Un groupe, c’est plusieurs personnes et même si on a un musicien célèbre dans l’équipe, il doit être capable de s’effacer au profit des autres. Bref, cela n’entache pourtant en rien la musique, c’est juste que parfois, mettre son nom en avant alors que l’on est plusieurs, ça fait un peu grosse tête. Et Mike LePond n’a pas la grosse tête. Actif dans une pléthore de groupes, il se fait surtout remarquer pour son travail en tant que bassiste au sein de Symphony X. En parallèle, en 2014, il se crée un petit groupe dans lequel il va être multiinstrumentiste et qu’il nomme Mike LePond’s Silent Assassins. En studio, il y a lui et Alan Tecchio pour le chant, et sur scène, il recrute quelques potes pour bien faire passer la pilule. Après un premier album éponyme fortement remarqué, le groupe revient quatre ans plus tard avec Pawn and Proprecy et le moins que l’on puisse dire, c’est que la surprise est drôlement bonne.

Le skeud débute avec Masters of the Hall et un chœur qui donne immédiatement le ton de la chanson. Pêchu, vif et nerveux, le titre lorgne grandement vers le Power teinté de Speed et cela tient vachement la route. Alan Tecchio se lâche dans les pré-refrains pour partir dans des aigus parfaitement maîtrisés, quant aux refrains, ils rentrent immédiatement en tête et donnent une forte envie de chanter à tue-tête. A la fois technique, puissant et totalement accessible pour n’importe quel quidam, le morceau assure une entrée en matière fortiche et passionnante. Black Legend qui arrive juste derrière change carrément de registre. Bien plus proche d’un Hard FM des familles avec ce qu’il faut de riffs bien gras et d’une rythmique ultra rapide, on délaisse le côté épique pour quelque chose de plus frontal mais qui surjoue moins et livre une superbe prestation de la part des deux hommes. On sent une réelle envie d’en découdre et de mettre de l’énergie dans ce titre et cela fonctionne parfaitement. Quant à Antichrist, on est plus dans une démarche Power au rythme scandé et à l’ambiance un peu plus sombre. Si ça reste toujours maîtrisé, le titre est un peu plus classique dans son déroulement et manque peut-être de passages percutants. I am the Bull va souffrir un peu de la même chose, malgré une introduction à la basse, qui tapote bien le cervelet et démontre tout le talent de Mike LePond qui essaye de varier les plaisirs et les techniques pour mieux surprendre.

La seconde moitié de l’album va être très intéressante car elle démarre avec deux morceaux relativement courts mais d’une redoutable efficacité. Avengers of Eden a tous les atours d’un titre Power qui défonce tout sur son passage et à quelque part, c’est ce qu’il va se passer. Dès le départ, on a envie de se briser la nuque sur les riffs ultra rapides et catchy et dans son ensemble, le morceau ne souffre d’aucun temps mort. Il en va de même pour Hordes of Fire, lorgnant carrément vers du thrash dès les premières notes et qui va toucher au sublime lors d’un refrain qui monte vers les aigus, à la manière d’un bon vieux Heavy des années 80. Classique, mais fait avec le cœur et sans aucun moment mou, ce qui est très important. Mais les deux vraies surprises viennent par la suite. Tout d’abord avec The Mulberry Tree. Il s’agit de la ballade de l’album, mais quelle ballade ! Démarrant à la guitare pour donner un rythme lancinant, le titre va vite se déplacer vers des sonorités irlandaises pour fournir des éléments folks bienvenus. C’est non seulement beau et touchant, mais c’est aussi très entêtant et le refrain reste un long moment dans le crâne. Mais le vrai coup d’éclat réside dans le dernier morceau, Pawn and Prophecy, qui dépasse les 21 minutes d’écoute ! Avant de rentrer dans le morceau, on se dit qu’il y a une piste bonus cachée au bout de dix minutes de blanc, mais il n’en est rien. Le morceau dure bel et bien 21 minutes et il va passer par tous les styles. Démarrant avec un solo de basse, puis un solo de gratte, on va constamment naviguer dans divers genres, le métal, bien évidemment, mais aussi le blues, les consonances irlandaises ou bien le prog et le sympho. Bref, un titre complet, fantastique et qui n’ennuie pas une seule seconde ! Un chef-d’œuvre.

Au final, Pawn and Prophecy, le dernier album de Mike LePond’s Silent Assassins, est une superbe réussite qui comporte peu de mauvais éléments. A la fois puissant, riche, varié et très accessible, le bassiste de Symphony X nous gratine d’une galette superbement réalisée et qui donne envie de s’y replonger au plus vite. Comme quoi, il ne faut jamais s’arrêter au nom d’un groupe ou d’un musicos, l’essentiel réside bien dans ce qu’il produit et là, c’est une grosse surprise.

  • Masters of the Hall
  • Black Legend
  • Antichrist
  • I am the Bull
  • Avengers of Eden
  • Hordes of Fire
  • The Mulberry Tree
  • Pawn and Prophecy

Note : 18/20

Par AqME

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