Altered Carbon Saison 2

D’Après une Idée de : Laeta Kalogridis

Avec Anthony Mackie, Renée Elise Goldsberry, Simone Missick, Chris Conner

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 8

Genre: Science-Fiction

Résumé:

Muni d’un nouveau corps, Takeshi Kovacs revient sur Harlan pour une mission, mais la planète est à feu et à sang, et son grand amour perdu erre dans l’ombre.

Avis:

C’est en 2018 que Netflix, dans son immense catalogue de séries, proposait une petite révolution dans le genre science-fiction, Altered Carbon. Tirée du premier tome des romans de Richard Morgan, la plateforme avait mis les petits plats dans les grands en réalisant une saison qui aura coûté aussi cher que les trois premières saisons réunies de Game of Thrones. Bien évidemment, avec un tel dévouement, il fallait s’attendre à du lourd, et sans être un bouleversement dans le genre, cette première saison tenait assez bien la route. Dotée d’un univers cyberpunk à la Blade Runner, bourrée de références à la culture SF, la série se laissait regarder malgré du name dropping à gogo et des passages pas si évidents à suivre, puisque chacun peut aller dans le corps de qui il a envie, s’il en a les moyens. Bref, pour faire court, c’est sympa Altered Carbon, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard. Et pourtant, cette deuxième saison semblait attendue, puisque depuis sa sortie, elle fait partie des tops Netflix, ce qui veut dire qu’elle est vue et qu’elle fonctionne. Est-ce pour autant mérité ? La série parvient-elle à maintenir son niveau de satisfaction ? Non.

Autant l’évacuer rapidement, ce n’est pas à cause du changement d’acteur principal que la série perd en qualité. Anthony Mackie est un excellent comédien, il essaye de faire ce qu’il peut dans ce marasme pour s’en sortir et donner du corps à une enveloppe terriblement vide. En effet, Takeshi Kovacs, homme si torturé après la perte de son amour et menant un combat contre des Maths toujours plus décadents, perd ici tout son charme en partant dans une quête moins forte et moins prégnante que dans la première saison. Il se fait embaucher par un Math qui se sent en danger, mais à son réveil, tout le monde est mort, il est le principal suspect et on va lui expliquer que Quellcrist Falconer, son amour perdu, est bien vivant sur cette nouvelle planète et il va donc se décider à la retrouver. Pas la peine de faire le pitch en entier, on devine rapidement la suite. Il la retrouve, elle cache un secret, il va tout faire pour l’aider, etc…

Et c’est bien là tout le problème de cette saison, l’écriture du personnage de Kovacs est complètement foiré. On ne ressent aucune empathie pour lui, il se perd dans une quête plutôt absurde et qui plus est, il s’entoure de personnages totalement insignifiants. L’IA de Poe, en perte de connaissances, ne sert à rien et essaye d’en faire un ami fidèle à la dérive, mais il en devient agaçant. Il se fait aider par Dig, une autre IA, mais elle n’a que très peu d’historique. Il en va de même pour sa partenaire féminine, supposément très forte avec ses bobines dans les cheveux, mais qui ne fait que tergiverser autour de son fils, sa compagne ou encore son frère disparu. Bref, ça ne court pas bien loin et on est loin des personnages torturés de la première saison. On ne parle même pas des antagonistes, un nouveau Jaeger qui commence à avoir une conscience et dont on balaie rapidement le côté sadique en l’espace de quelques minutes, ou encore une femme au pouvoir qui s’avère être une salope dès le premier épisode, enlevant tout doute sur sa ligne de conduite. C’est très faible.

L’autre point négatif provient clairement de l’ambiance que dégage la série. Si le côté cyberpunk était très travaillé dans la première saison, avec des références à Blade Runner de partout, ici, on navigue dans quelque chose de plus simple, de plus terre à terre où même les enveloppes charnelles n’ont que peu d’importance. C’est plus classique, plus lisse et les huit épisodes sont concentrés sur deux ou trois décors, misant plus sur le fantastique que sur la science-fiction. Mais là encore, un fantastique fainéant dont on tient rapidement les enjeux autour de personnages inhumains parce qu’immortels et très riches. Le seul petit point positif que l’on peut trouver dans l’ambiance revient à la réalité virtuelle, utilisée ici pour masquer la réalité et couvrir le monde d’un mensonge éhonté. Moins dark, plus poussive dans son envie de coller peut-être plus à un futur proche, Altered Carbon se fourvoie complètement en reniant presque la saison précédente. Tout comme les piles et les changements de corps ne sont plus qu’une façade et non pas un jeu de dupe. On s’en sert une fois pour une prise d’otage et on fait ça avec un outil particulier qui permet de prendre possession du corps d’un autre. Bref, à vouloir faire moins compliqué, la showrunner se plante sur toute la ligne.

Et elle se plante aussi dans ce qu’elle veut dire, dans les thématiques brassées. Ici, rien ne sort vraiment. On n’aborde pas le transhumanisme, la corruption politique est au centre de tout, mais c’est perclus de clichés, les relations entre les personnages sont plates au possible, même l’amour impossible entre Takeshi et Quellcrist. Altered Carbon manque de tout pour vraiment accrocher le spectateur et lui promettre quelques pistes de réflexion sur un avenir pas si éloigné que ça, notamment au niveau de la réalité virtuelle. En outre, même la mise en scène a baissé en qualité. Les scènes d’action sont bien plus rares (et je ne parle même pas des scènes de cul qui sont totalement absentes, enlevant aussi un aspect sulfureux) et elles sont filmés de façon random. On ne va pas se mentir, mais le premier épisode montre une faction armée s’échanger un pistolet au ralenti en le lançant à chaque membre qui font des galipettes au mur, ça ne claque absolument pas, et l’ensemble donne un côté cheap faussement assumé. Tout comme lorsque Takeshi va se battre avec Quellcrist dans une arène, et on aura droit à des ralentis tournoyants d’une laideur rarement atteinte, tout ça à cause d’effets numériques totalement dépassés. On est encore une fois très très très loin de la première saison.

Au final, la deuxième saison d’Altered Carbon est une amère déception. Si la première était assez sympathique et offrait un monde très riche et des personnages assez denses, là, c’est tout le contraire et on a l’impression de voir une vieille série de SF qui n’a pas les moyens de ses ambitions. Entre des personnages inintéressants, des situations grotesques qui n’exploitent jamais le potentiel des piles et des changements de corps et une ambiance quelconque, cette deuxième saison pourrait sonner le glas d’une série qui promettait beaucoup, peut-être trop.

Note : 07/20

Par AqME

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