Altered Carbon Saison 1

D’Après une Idée de : Laeta Kalogridis

Avec Joel Kinnaman, James Purefroy, Martha Higareda, Kristin Lehman

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 10

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Takeshi Kovacs est un ancien soldat et seul survivant d’un groupe de guerriers d’élite vaincus lors d’un soulèvement contre le nouvel ordre mondial. Son esprit est emprisonné « dans la glace » pendant des siècles, jusqu’à ce que Laurens Bancroft, un homme extrêmement riche et vivant depuis plusieurs siècles lui offre la chance de vivre à nouveau. En échange, Kovacs doit résoudre un meurtre … celui de Bancroft lui-même.

Avis :

Il y a un phénomène assez perturbant quand on va au rayon livres fantasy et science-fiction dans les magasins, c’est le bandeau Netflix que l’on retrouve sur de nombreuses œuvres. En effet, que ce soit dans le comics, le roman Young Adult ou tout simplement le roman de genre, on trouve de plus en plus comme argument marketing, le fait que l’histoire soit adaptée en série sur la plateforme de streaming. Est-ce vraiment un gage de qualité ? Il faut dire qu’entre V-Wars, Umbrella Academy, October Faction, Locke & Key, The Witcher et j’en passe, Netflix s’inspire beaucoup d’un univers « geek » pour satisfaire les attentes de sérivores toujours plus nombreux. Avec Altered Carbon, la plateforme pioche dans la catégorie SF en adaptant plus ou moins librement le premier roman de Richard K. Morgan et le résultat est assez surprenant, à défaut d’être totalement réussi.

Nous évoluons ici dans un univers Cyberpunk, qui n’est pas sans rappeler celui de Blade Runner de Philip K. Dick dans les écrits et de Ridley Scott sur grand écran. La société a grandement évolulé, à un tel point que la mort n’existe plus. Les âmes sont transférées dans des piles qui se logent dans les cervicales d’un hôte. Ainsi, si la pile n’est pas détruite, la personne vit toujours et doit attendre d’être transférée dans un nouveau réceptacle. Dans ce monde, il existe quatre sortes de personnes. Les Math, qui sont les plus vieux et les plus riches et qui peuvent construire des hôtes à leur image afin de sembler jeune éternellement. Ils ont même le droit à des sauvegardes permanentes au cas où leur pile serait détruite. Les Diplo sont une section armée dissidente qui peuvent faire office de mercenaire. Leur capacité au combat sont accrues mais il n’en existe plus, enfin, un seul, le héros, Takeshi Kovacs. Les intelligences artificielles prennent presque vie dans ce monde, pouvant tenir des hôtels ou des bordels. Enfin, il reste le commun des mortels, des gens qui tentent de survivre dans un monde où la décadence règne en maître. C’est dans cet univers plus ou moins ravagé que Takeshi va être réanimé pour mener une enquête pour le compte de Laurens Bancroft, un Math qui a été tué, mais dont les souvenirs sont absents.

Promettant un policier futuriste dans un univers dense et riche, doté d’un budget supérieur aux trois premières saisons de Game of Thrones réunies, Altered Carbon tenait en son sein de nombreuses promesses qui ne sont pas toutes tenues. Mais commençons d’abord par les points positifs de l’œuvre et ce qui tape en premier, l’ambiance, l’univers et la mise en scène. On sent que la série s’est donné les moyens et que le budget est conséquent. La série est visuellement superbe, rappelant de nombreuses œuvres du septième art comme Blade Runner, bien évidemment, mais aussi Ghost in the Shell ou encore Total Recall. Le monde futuriste est glauque, les humains perdent complètement la boule à force d’être immortels et on sent une volonté de noircir le tableau quant au futur de l’humanité. Ici, l’argent règne en maître, la décadence est possible avec peu de moyens et certains traumatismes sont bien prégnants, comme ce premier épisode où une jeune fille de sept ans se retrouve dans un réceptacle d’une femme d’au moins cinquante piges. La photographie est superbe, certains plans titillent agréablement la rétine et globalement, sur un plan purement visuel, Altered Carbon demeure une grande réussite pour Netflix.

Le casting est aussi un bon point pour la série. Joel Kinnaman joue assez bien avec son grand corps affûté et livre une prestation intéressante, notamment lorsqu’il faut être nonchalant dans des situations tendues. S’il manque de finesse quand il faut être plus dans les sentiments amoureux, il campe tout de même une prestation solide. James Purefroy sera plus froid et plus distant, jouant à merveille le Math qui se fout de tout et aime de temps à autre se taper une petite prostituée pour la buter durant l’amour. Il sera épaulé par la belle Kristin Lehman, froide et tout aussi décadente que son mari. Le couple fonctionne bien. On sera un peu plus en retrait par rapport à Martha Higareda. L’actrice est tout simplement sublime, mais elle force trop les traits de caractère de son personnage, bougon et toujours en colère, ne sachant comment réagir face à son nouvel équipier, dont elle était amoureuse mais qui a changé de mentalité. Quoi qu’il en soit, ce petit monde joue plutôt bien et on ressentira une certaine empathie pour les deux héros, qui prennent parfois des airs de Buddy Movie quand il faut collaborer sur une enquête.

Cependant, la série n’a pas que des points forts et elle possède même de grosses faiblesses, notamment dans son écriture et dans sa volonté de se croire plus intelligente que son spectateur. Altered Carbon est une série complexe de par les thèmes qu’elle aborde, comme l’immortalité, l’absence réelle de deuil ou encore les strates d’une société qui finalement n’a pas tant évolué que ça, puisque les riches sont toujours plus riches et les pauvres vivent en dessous, dans la crasse et l’insécurité. Cependant, ces thèmes sont à peine survolés puisque prévaut l’enquête de Kovacs et surtout son passif, avec des flashbacks récurrents un peu pénibles, et même un épisode entier consacré à la formation en Diplo. Le rythme en est donc un peu ralenti et cela n’est pas vraiment justifié. Il faut aussi s’accrocher au départ puisque la série va faire une succession de name dropping qui frôle l’indécence. Au départ, on ne sait plus qui est qui, les prénoms sont lâchés comme ça et on perd vite pied pour retrouver de qui parle le personnage. Ajoutons à cela le fait que les personnages peuvent changer de corps, que la fille de Laurens Bancroft prend aussi l’apparence de sa mère, que les nouvelles technologies sont parfois absurdes et qu’il y a tout un univers parallèle dans un une réalité virtuelle. C’est là le gros point faible de la série, c’est qu’elle est complexe et qu’elle ne prend pas forcément le temps de construire sereinement certains passages.

Au final, la première saison d’Altered Carbon est une surprise partagée. C’est-à-dire que visuellement, c’est à tomber par terre et on voit bien toutes les références dans lesquelles est venue piocher la showrunner. Mais l’œuvre manque de compréhension, se complexifie souvent pour rien et tente de perdre le spectateur dans un univers peut-être trop riche, trop dense, trop difficile à appréhender pour les non-initiés au bouquin. Bref, sans être une série immanquable et puissante, Altered Carbon reste un show assez divertissant, auquel il faut tout de même s’accrocher pour comprendre les tenants et les aboutissants d’un scénario compliqué pour pas grand-chose…

Note : 14/20

Par AqME

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