mars 7, 2021

Sous le Sable

De : François Ozon

Avec Alexandra Stewart, Charlotte Rampling, Bruno Cremer, Pierre Vernier

Année : 2001

Pays : France, Japon

Genre : Drame

Résumé :

Chaque été, Jean et Marie, un couple sans histoire, partent en vacances dans les Landes. Mais cette année, alors que Marie s’est assoupie sur la plage, Jean disparaît. S’est-il noyé, s’est-il enfui ?
Marie se retrouve seule face à l’énigme de la disparition de l’homme de sa vie. Un travail de deuil commence.

Avis :

Au début des années 2000, François Ozon fait partie des espoirs du cinéma français. Le jeune réalisateur armé d’une envie de cinéma sans faille, est déjà le bourreau de travail qu’on connaît. Commençant a réalisé à la toute fin des années 80, il va en dix ans réalisé presque une vingtaine de courts-métrages, avant de passer au long en 1998 avec le tripé « Sitcom« . Continuant sur sa lancée, voulant tester des styles, il passe ensuite au drame teinté de thriller avec « Les amants criminels« .

Après un retour à la comédie, François Ozon se lance dans un drame avec « Sous le sable« , film qui a redonné le goût du cinéma à Charlotte Rampling par ailleurs. Drame intimiste, avec ce film, François Ozon livre là l’un de ses films les plus sensibles. Empreint de mystère, François Ozon nous entraîne dans un film triste et lumineux à la fois, un film qui attend autant qu’il espère, au point que finalement, la frontière très mince entre espoir et une auto-persuasion qui relèverait presque du fantasme, apparaît de plus en plus mince. Si on reste déçu de ne pas en ressortir bouleversé comme on s’y attendait, il est clair néanmoins que le film demeure très touchant et au-delà de ça, alors qu’il vogue tranquillement sur ses vingt ans, il demeure un beau cru de la part de son réalisateur.

Comme chaque été, Jean et Marie vont dans leur maison de famille dans les Landes. Jean et Marie sont un couple sans histoire. Un matin, alors que Marie se repose sur la plage, Jean part se baigner et jamais il ne va revenir. S’est-il noyé ? A-t-il disparu ? A-t-il quitté sa vie sans se retourner, laissant sa femme derrière lui avec le mystère de sa disparition ? Marie se retrouve seule, dans le doute, elle a perdu l’homme de sa vie, mais elle ne sait comment composer avec le deuil, car aucun corps n’a été retrouvé. Comment dire au revoir ? Comment garder espoir ?

Beau, simple, intime, pudique, « Sous le sable« , c’est l’histoire d’une disparition, d’un mystère et surtout d’un espoir, celui d’un homme qui ne serait finalement que parti sur un coup de tête. Un homme peut-être dépressif, qui aurait décidé de rompre avec son passé et de tout recommencer.

« Sous le sable« , c’est un film qui tient son public avec ce mystère. Que s’est-il passé ? Très astucieux, aussi bien dans son écriture que dans sa mise en scène, François Ozon s’amuse avec son public, nous mettant à la place du personnage de Marie, nous laissant imaginer le pire et espérer le meilleur. Avec ce mystère, Ozon nous tient en alerte pendant tout son film et ne serait-ce que pour cela, « Sous le sable » est un bon cru.

Mais si le mystère que travaille le film est prenant, ce n’est pas ce qui est le plus touchant. Non, ici, le plus touchant, et ce qui est par conséquent le plus intéressant, c’est tout ce qui est fait autour de ce deuil impossible à faire. Comment faire un deuil quand il y a un doute sur la vie ou la mort ? Comment faire ce deuil quand finalement le doute s’impose de plus en plus et finit par même en devenir un fantasme de vie ? François Ozon parle magnifiquement de ce sujet et alors qu’il aurait été facile d’offrir un spectacle larmoyant, qui tirerait sur la corde du pathos, le cinéaste français a décidé d’aller autre part, d’aller vers un rapport ambigu, et surtout tout en retenue par rapport à cela. « Sous le sable » est un film très intime, qui tient sa douleur en apesanteur, n’en faisant jamais trop ni pas assez. Ozon a joué les équilibristes sur ce film et si on aurait aimé être bouleversé par cette histoire, chose qu’on ne sera pas, on ne peut nier qu’elle reste très, très touchante.

Cette histoire est d’autant plus touchante qu’elle est tenue par une Charlotte Rampling lumineuse. Une Charlotte Rampling qui elle aussi est sur une corde, avec ce rôle, qui est d’une extrême difficulté, car il est totalement partagé, entre douleur, tristesse, pudeur, espoir et un soupçon de folie. Charlotte Rampling fut d’ailleurs nommér pour le César de la meilleure actrice en 2002, ce qui était une évidence, au vu de cette prestation, qui méritait clairement le Prix.

« Sous le sable » est donc encore une fois un bon et beau film de la part de François Ozon. Aussi délicat et sensible qu’il est capable d’être noir et tendu, ce drame tenu par une Charlotte Rampling parfaite et un Bruno Crémer fabuleux mérite qu’on le redécouvre.

Note : 14/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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